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Rêver les Nymphéas, l’œil copiste

Article et vidéo:

https://www.naimaunlimited.com/biblio/rever-les-nympheas-loeil-copiste/

 

Séance d’eyetracking sur Reflets verts de Claude Monet au Musée de l’Orangerie, Paris

L’eye tracking (ou suivi du regard) est une technique permettant d’enregistrer les mouvements oculaires avec des lunettes équipées de capteurs. Dans le film, chaque point de couleur correspond à un point de fixation des yeux, donnant l’illusion que l’œil vient déposer une par une, des touches de couleur sur la toile. Le regard projeté devient œuvre. Les couleurs des points sont tirées de la palette de Monet.

Unique Patterns of Eye Movements Characterizing Inattentive Reading in ADHD

https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/10870547231223728

Objectif:

Notre objectif était d’identifier des modèles uniques de mesures des mouvements oculaires reflétant une lecture inattentive chez les adultes avec et sans TDAH.

Méthode et résultats :

Nous avons enregistré les mouvements oculaires lors de la lecture ininterrompue de textes d’adultes typiquement développés (TD) et TDAH. Premièrement, nous avons constaté un temps de lecture significativement plus long pour le groupe TDAH que pour le groupe TD. De plus, nous avons détecté des cas dans lesquels les mots étaient relus plus de deux fois et avons constaté que de telles occasions étaient beaucoup plus fréquentes chez les participants atteints de TDAH que chez les participants TD. De plus, nous avons découvert que la première passe de lecture de ces mots était moins sensible à la longueur du mot que la première passe de mots lus une seule fois, indiquant une lecture moins significative.

Conclusion:

Nous proposons que le taux élevé de mots relus soit un corrélat à une lecture inattentive qui est plus prononcée chez les lecteurs atteints de TDAH. Les implications des résultats dans le contexte de la compréhension écrite sont discutées.

[Article BIOJ] The Effect of Illumination on Positive Fusional Vergence

source: https://bioj-online.com/articles/10.22599/bioj.296

 

Abstract

Background: Positive fusional vergence (PFV) is vital in maintaining fusion in critical and continuous near tasks such as reading or performing digital screen tasks. This study investigated how PFV changed under various lighting conditions.

Methods: This cross-sectional study recruited 34 participants aged between 21 and 25 years, with best corrected visual acuity (BCVA) 0.0 logMAR and insignificant refractive error. Three different illuminations—low illumination (50 lux), medium lighting (100 lux), and high illumination (150 lux)—were used to examine the ocular parameters PFV (blur, break, and recovery points), contrast sensitivity and pupil diameter.

Results: Pupil diameter changed significantly in different room illuminations (p = 0.00). There was no significant difference in contrast sensitivity across the three levels of room illumination (p = 0.368). Mean PFV (SD) (blur) was 14.5 (2.5) in 50 lux, 10.2 (2.2) in 100 lux, and 8.2 (2.1) in 150 lux. Under 50, 100 and 150 lux, respectively, the mean PFV (SD) (break) values were 16.7 (2.4), 13.4 (1.8), and 10.8 (2.2), and the mean PFV (SD) (recovery) values were 13.3 (2.1), 10.7 (2.1), and 7.5 (2.7). With increased illumination levels, PFV blur, break, and recovery values were significantly lower (p < 0.001).

Conclusions: PFV values were significantly higher in lower illumination. Clinicians should be aware that room illumination affected the PFV values measured.

Article Le Monde: Quand un patient voit tout ce qui l’entoure à l’envers

source:https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2024/01/10/quand-un-patient-voit-tout-ce-qui-lentoure-a-lenvers-2/

Quand un patient voit tout ce qui l’entoure à l’envers

Image d’une chambre d’hôpital inversée à 180 degrés. © pxfuel

C’est l’histoire d’un octogénaire qui se présente aux urgences. Il vient à nouveau de présenter une syncope, la troisième en trois mois. Tous ces épisodes sont survenus alors qu’il marchait : il se met à accélérer puis à chanceler, avant de perdre brutalement connaissance. La dernière syncope l’a fait chuter face contre terre, avec pour conséquence une rupture du globe oculaire.

À l’admission à l’hôpital, ce patient se plaint d’une douleur de l’œil droit et d’une perte de la vision du même côté. Il ne peut que percevoir la lumière. Sa tension artérielle est élevée : 160/76 mmHg.

Ce patient a récemment présenté des symptômes neurologiques pouvant être attribués à une sclérose latérale primitive, maladie due à une atteinte sélective de la voie commandant la motricité et qui se traduit chez cet homme par une spasticité (rigidité) des membres supérieurs. Une IRM cérébrale, réalisée trois mois plus tôt, a montré une atrophie du cerveau liée à l’âge et une maladie ischémique microvasculaire chronique (insuffisance d’apport en oxygène par les petits vaisseaux cérébraux).

Une image visuelle qui pivote à 180 degrés

Trois jours après son admission à l’hôpital, le patient voit soudainement les objets qui l’entourent de façon inversée à 180 degrés. Il remarque alors que l’horloge sur le mur est à l’envers, tout comme les personnes de l’équipe médicale. Ceci se produit pendant une durée inférieure à 30 secondes, alors qu’il est allongé sur son lit.

Ce cas clinique a été rapporté le 28 décembre 2023 dans la revue en ligne BMJ Case Reports par Cassandra Mullen et ses collègues de l’université de l’Oregon à Portland. Leur patient présente ce que l’on appelle une métamorphopsie avec inversion de l’image.

Ce terme, créé en 1998, désigne un trouble visuel rare qui s’accompagne temporairement d’une rotation à 180 degrés dans le plan frontal de l’image visuelle, de telle façon que la personne voit alors soudainement son environnement à l’envers pendant un instant. Ce symptôme a été décrit pour la première fois au XIXe siècle comme étant un symptôme de l’hystérie.

D’autres termes sont parfois utilisés pour désigner ce que l’on appelle en anglais la reversal-of-vision metamorphopsia (RVM) : room-tilt illusion (illusion de la pièce inclinée), upside-down vision (vision à l’envers), inverted vision (vision inversée).

La métamorphopsie désigne un trouble de la vision caractérisé par une déformation des images, dans leur forme, dans leur taille, leur emplacement, leur couleur.

Métamorphopsie avec inversion de l’image

Les causes les plus fréquentes de la métamorphopsie avec inversion de l’image sont un AVC (infarctus cérébral aigu) siégeant dans la circulation postérieure, une hémorragie intracrânienne, des troubles du système vestibulaire tels que la maladie de Ménière (caractérise par des crises de vertige), une tumeur du sac endolymphatique, une infection par le virus varicelle-zona (VZV) du nerf vestibulaire, une atteinte du nerf vestibulaire lors d’une intervention chirurgicale, un épisode aigu de maladie démyélinisante (sclérose en plaques), une toxicité due aux opioïdes, une épilepsie focale, une migraine, un traumatisme.

Publiée en 2022, une revue systématique de la littérature médicale et méta-analyse de tous les cas publiés n’a dénombré que 52 cas de métamorphopsie avec inversion de l’image (RVM) décrits dans 28 articles différents. Les informations sur ce trouble visuel sont donc très limitées. Le premier article sur ce thème a été publié en 1974.

Dans la plupart des cas, l’atteinte du système nerveux central concernait les régions postérieures, en particulier le tronc cérébral, le cervelet ou la partie périphérique des voies vestibulaires issues de l’oreille interne.

L’âge des patients était compris entre 12 et 85 ans. On compte plus d’hommes que de femmes (66 % vs. 34 %). Selon les cas, la durée de l’épisode d’inversion de l’image visuelle varie de quelques secondes à quelques minutes, parfois plusieurs heures. Lorsque l’on exclut les écarts trop importants, la durée moyenne d’un tel épisode est de 12 minutes.

Il existe une différence de durée statistiquement significative entre les épisodes ayant une cause ischémique, qui peuvent persister quatre heures, et ceux relevant d’une cause vestibulaire (qui ont une durée d’environ 30 minutes).

Lorsque survient un AVC aigu, des voies neurologiques fonctionnelles semblent capables de suppléer rapidement celles qui ne fonctionnement plus. Cette redondance neuronale permettrait de reconstruire des cadres de références spatiales et de rétablir l’orientation normale du champ visuel environnant. Ceci expliquerait donc que la métamorphopsie avec inversion de l’image soit généralement de courte durée. Dans tous les cas, elle disparaît spontanément, sans que le traitement prescrit au cas par cas n’ait démontré un quelconque bénéfice.

Les symptômes associés les plus fréquents sont vertiges, nausées et vomissements. Un mal de tête (céphalée) n’est présent que dans environ 15 % des cas. Une série de mouvements oscillatoires, involontaires et saccadés des globes oculaires (nystagmus) est observée dans environ un tiers des cas. Une ataxie, définie par un trouble de la coordination motrice avec atteinte du maintien postural et de l’équilibre, est observée dans environ un cas sur cinq. Elle peut se manifester par une démarche instable et titubante, comme dans le cas récemment rapporté.

On ne connaît pas précisément les mécanismes physiopathologiques à l’origine de cet étrange symptôme. On estime qu’il serait dû à une atteinte des réseaux sensoriels qui intègrent les stimuli visuels, vestibulaires et tactiles, avec pour conséquence une incapacité de traiter les images rétiniennes normalement inversées. Il faut en effet savoir que les images perçues par les yeux, lorsqu’elles frappent notre rétine, sont à l’envers. Par la suite, le cerveau interprète l’image pour la présenter à l’endroit, dans sa réalité verticale, et on la perçoit donc dans le bon sens.

Mais revenons au cas rapporté par des neurologues de la faculté de médecine de l’université de Portland dans BMJ Case Reports.

Le patient a passé une angiographie cérébrale numérisée. Cet examen, qui permet d’explorer les vaisseaux intracrâniens, révèle la présence de multiples rétrécissements et occlusions dans les circulations cérébrales antérieure et postérieure, notamment au niveau de l’artère vertébrale gauche (au niveau du cou) et de l’artère basilaire, vaisseau né de la réunion des artères vertébrales et situé à la base du crâne.

Compte tenu de ces multiples sténoses artérielles, les médecins ont considéré que ce patient n’était pas éligible à la pose d’un stent intracrânien pour dilater les artères. La rupture du globe a par ailleurs été réparée chirurgicalement. Malheureusement, cet octogénaire a par la suite perdu toute vision de l’œil droit.

Au cours de l’année suivante, bien que ce patient ait continué à présenter des syncopes ayant parfois entraîné des chutes, il n’a plus connu d’autres épisodes d’inversion de l’image du champ visuel. Deux ans plus tard, il a subi un accident vasculaire cérébral ischémique et le diagnostic de démence a été posé.

Il est probable qu’une perfusion inadéquate du cortex postérieur, du fait d’un ralentissement du flux sanguin causé par les sténoses de l’artère basilaire et de l’artère vertébrale, a entraîné chez ce patient une syncope et une métamorphopsie avec inversion de l’image. Le traitement antihypertenseur du patient a ensuite été allégé afin de maintenir une pression artérielle suffisante dans la circulation cérébrale.

Voir des gens marcher sur le plafond

Un autre cas de métamorphopsie avec inversion de l’image a été rapporté en décembre 2023 par un médecin australien dans le Journal of Neuro-Ophthalmology. Il concerne un homme de 77 ans qui était obligé de fermer les yeux car sa vision inversée provoquait des nausées et des vomissements. Il déclarait voir des personnes marcher au plafond, comme si c’était le plancher, et pour lui les objets du côté droit de son environnement étaient à l’envers et se situaient du côté gauche de son champ visuel, de telle façon qu’il ne parvenait jamais à toucher un objet lorsqu’il le voulait.

Champ visuel d’un patient en vision normale et lorsqu’il présente une métamorphopsie avec inversion de l’image. En haut : la scène en vision normale. En bas : image de la scène inversée à 180 degrés dans le plan frontal. Yap JA. J Neuroophthalmol. 2023 Dec 1;43(4):e207-e208.

L’IRM cérébrale a par la suite révélé un infarctus aigu de petite taille de la région postérieure du cervelet. Les symptômes ont complètement disparu après 72 heures.

Dans une étude, publiée dans la revue Archives of Neurology en 1998, et portant sur six cas de RVM, un des patients voyait les gens marcher sur la tête et avait noté que les fenêtres proches du plafond étaient à portée de main. Il avait en outre remarqué qu’une tasse de thé reposait à l’envers sur une étagère, mais que curieusement le thé ne tombait pas par terre. Les auteurs indiquaient par ailleurs que trois patients avaient ressenti une légère sensation d’inclinaison ou de lévitation du corps. Cependant, aucun n’avait éprouvé une inversion complète de son corps dans l’espace. En d’autres termes, aucun patient n’avait eu la sensation de marcher lui-même sur la tête. À ce propos, notons que seulement cinq patients décrits dans la littérature à l’époque avaient présenté des altérations spectaculaires de la perception corporelle (inclinaison du corps, inversion complète du corps, inclinaison de la tête).

Seulement trois cas associés à une perte de connaissance

On ne dénombre dans la littérature médicale que trois autres cas de métamorphopsie avec inversion de l’image (RVM) associée à une perte de connaissance transitoire. En 2003, des neurologues américains ont rapporté le cas d’un homme de 76 ans ayant présenté de multiples épisodes de RVM et qui avait été retrouvé au sol par sa femme. La cause du RVM avait été attribuée, sans certitude, à des crises épileptiques.

En 2006, une équipe turque a décrit le cas d’un adolescent de 16 ans qui a présenté deux épisodes de RVM avec altération de la conscience, lesquels furent, là encore, mis sur le compte d’une épilepsie, pas d’une syncope. Enfin, en 1993, des neurologues italiens ont rapporté la survenue d’une RVM chez une femme de 52 ans qui présentait une diminution du flux sanguin dans la circulation de la région postérieure du cerveau (insuffisance vertébro-basilaire).

Quoi qu’il en soit, avec ou sans perte de connaissance, les données montrent qu’il est difficile de différencier cliniquement les épisodes de vision inversée relevant d’une cause bénigne de celles qui témoignent de la présence d’une pathologie plus sérieuse. Il importe donc que les cliniciens n’hésitent pas à demander une imagerie de la tête et du cou, en particulier quand la RVM dure plusieurs heures.

Marc Gozlan (Suivez-moi sur BlueSkyXFacebookLinkedInMastodon, et sur mon autre blog ‘Le diabète dans tous ses états‘, consacré aux mille et une facettes du diabète – déjà 56 billets).

Pour en savoir plus :

Mullen C, Jacobs Z, Pettersson D, Hunter A. Turning the world upside down: reversal-of-vision metamorphopsia in a patient with syncope. BMJ Case Rep. 2023 Dec 28;16(12):e255453. doi: 10.1136/bcr-2023-255453

Yap JA. Reversal of Vision Metamorphopsia: A Case Report. J Neuroophthalmol. 2023 Dec 1;43(4):e207-e208. doi: 10.1097/WNO.0000000000001501

Katsuki K ,Tanaka S, Matsumoto T. Dizziness and reversal of vision metamorphopsia due to cerebellum infarction caused by a vertebral artery stenosis: a case report. JJAAM. 2023; 34: 92-6. doi: 10.1002/jja2.12788

Yap JA. Upside-down vision: a systematic review of the literature. BMJ Neurol Open. 2022 Sep 7;4(2):e000337. doi: 10.1136/bmjno-2022-000337

Okuyucu EE, Okuyucu S, Karazincir S, et al. Acute ‘upside-down’ visual inversion due to multiple sclerosis. Mult Scler. 2008 Mar;14(2):266-7. doi: 10.1177/1352458507082045

Unal A, Cila A, Saygi S. Reversal of vision metamorphopsia: a manifestation of focal seizure due to cortical dysplasia. Epilepsy Behav. 2006 Feb;8(1):308-11. doi: 10.1016/j.yebeh.2005.08.012

Gondim FA, Leira EC, Bertrand ME. Video electroencephalogram monitoring during paroxysmal upside down reversal of vision. J Neuroophthalmol. 2003 Jun;23(2):180. doi: 10.1097/00041327-200306000-00051

River Y, Ben Hur T, Steiner I. Reversal of vision metamorphopsia: clinical and anatomical characteristics. Arch Neurol. 1998 Oct;55(10):1362-8. doi: 10.1001/archneur.55.10.1362

Stracciari A, Guarino M, Ciucci G, Pazzaglia P. Acute upside down reversal of vision in vertebrobasilar ischaemia. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 1993 Apr;56(4):423. doi: 10.1136/jnnp.56.4.423

Benefits of Implementing Eye-Movement Training in the Rehabilitation of Patients with Age-Related Macular Degeneration: A Review

Abstract

Age-related macular degeneration (ARMD) is one of the most debilitating eye-related illnesses worldwide. Eye-movement training is evolving to be a non-invasive, rapid, and effective method that is positively impacting vision and QoL (quality of life) in patients suffering from ARMD. This review aims to highlight why a greater adoption of eye-movement training in the clinical and research setting is of importance. A PubMed and ResearchGate search was performed for articles published between 1982 and 2020. Patients with advanced ARMD tend to experience a diminished QoL. Studies regarding eye-movement training for patients with central vision loss revealed overall significant improvements in reading speeds, fixation, and saccade performance. They also experienced less fatigue. In select studies, eye-movement training revealed an improvement in binocular vision, fixation, reading speed, and diminished reading exhaustion. The process of eye-movement training used in some of the studies was rather empirical. The latter requires standardization so that a uniform and applicable methodology can be adopted overall.

Keywords: VFI tools; age-related macular degeneration; central scotoma; eye; eye tracking quality of life; eye-movement training; macular degeneration; neuroplasticity.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35053780/

Hilal A, Bazarah M, Kapoula Z. Benefits of Implementing Eye-Movement Training in the Rehabilitation of Patients with Age-Related Macular Degeneration: A Review. Brain Sci. 2021 Dec 28;12(1):36. doi: 10.3390/brainsci12010036. PMID: 35053780; PMCID: PMC8774007.

L’étude de référence sur la déficience visuelle: Etude Homère

Le collectif a mené une étude de grande ampleur afin d’obtenir des données inédites sur la

population déficiente visuelle en France et de récolter un ensemble d’informations pertinentes sur le cadre de vie des personnes.

 Ce travail réalisé vise à mieux connaître les personnes déficientes visuelles et à saisir leurs difficultés au quotidien, pour aider à mieux cibler les aides en fonction de leurs différents profils.

Cette enquête s’est déroulée de février 2021 au 31 mai 2022 et le colloque de présentation des résultats a eu lieu en février 2023 au Conseil économique, social et environnemental

 

téléchargez le rapport de l’étude sur le site:

Source Bienvenue sur le site de l’étude Homère – Etude Homère (etude-homere.org)

 

Podcast Radio France: « Vision et sport, améliorer ses performances et se protéger »

À l’occasion du festival Demain le Sport, coorganisé avec « L’Équipe » et France Télévisions, franceinfo vous propose de revivre les différentes tables rondes qui ont eu lieu au studio 104 de la Maison de la Radio et de la Musique.

Retrouvez l’intégralité en podcast de la table ronde « Vision et sport, améliorer ses performances et se protéger », avec Charles Caudrelier, navigateur, skipper du Maxi Edmond de Rothschild, Benoît Jaubert, directeur général d’Optic 2000, et Florian Cazenave, ancien joueur de rugby professionnel et actuel directeur de la formation du club de l’USA Perpignan, qui a eu lieu le 19 septembre 2023 au festival « Demain le Sport », organisé par franceinfo, avec France Télévisions et L’Equipe, à la Maison de la Radio et de la Musique.

 

https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-conferences-franceinfo/demain-le-sport-vision-et-sport-ameliorer-ses-performances-et-se-proteger-8860898

Une nouvelle étude éclaircit le lien entre les symptômes de TDAH pendant l’enfance et plusieurs comorbidités médicales non psychiatriques

TDAH Le TDAH (ADHD en anglais) se manifeste par des niveaux élevés d’inattention et/ou d’agitation et d’impulsivité. © Adobe Stock

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) touche de nombreux enfants et s’accompagne souvent de comorbidités, dont des troubles métaboliques, de l’asthme ou encore des caries dentaires. Cependant, des incertitudes demeurent concernant la chronologie de l’apparition de ces troubles, notamment pour savoir à quelles comorbidités le TDAH est associé au cours du temps et inversement, quelles conditions médicales augmentent le risque de développer des symptômes de TDAH. Des scientifiques de l’Inserm et de l’université de Bordeaux au sein du Centre de recherche sur la santé des populations, en collaboration avec des équipes au Royaume-Uni, en Suède et au Canada, ont mené l’analyse la plus complète jusqu’ici en évaluant les liens temporels entre les symptômes du TDAH et un large éventail de conditions médicales. Leurs résultats, publiés dans la revue Lancet Child and adolescent health, soulignent l’importance d’une prise en charge multidisciplinaire des patients TDAH, fondée sur une collaboration renforcée entre professionnels de santé physique et mentale.

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement qui débute dans l’enfance et se caractérise par des niveaux élevés d’inattention, et/ou d’agitation et d’impulsivité. Au-delà des difficultés qu’il engendre à l’école ainsi que dans la vie professionnelle et sociale, des travaux ont mis en évidence que le TDAH est associé à plusieurs comorbidités médicales (troubles métaboliques, asthme, obésité, addictions…) et à un risque accru de blessures accidentelles.

Néanmoins, les études publiées jusqu’ici pour y voir plus clair entre ces associations présentaient des limites méthodologiques. Réalisées sur des petits échantillons de patients, sans suivi de leur état de santé sur le long terme, elles ne permettaient pas de déterminer la direction des associations observées et la temporalité selon laquelle elles se mettaient en place. En outre, des facteurs de confusion comme les inégalités sociales de santé ou la prise de traitements médicamenteux étaient souvent insuffisamment pris en compte.

Il était donc difficile pour les scientifiques de répondre à un certain nombre de questions : les comorbidités apparaissent-elles avant ou après le développement du TDAH ? Sont-elles directement liées à ce trouble ou bien causées par d’autres facteurs ? Le TDAH peut-il être favorisé par des conditions médicales antérieures ? Comprendre les séquences temporelles de ces différentes associations est pourtant essentiel pour élaborer des stratégies de prise en charge et de prévention appropriées pour les patients.

L’équipe de Cédric Galera, chercheur au Centre de recherche sur la santé des populations de Bordeaux (Inserm/Université de Bordeaux) et pédopsychiatre, en collaboration avec des équipes britanniques, suédoises et canadiennes, a donc décidé d’analyser les données de plus de 2 000 enfants participant à une grande cohorte, l’Étude longitudinale du développement de l’enfant du Québec, menée au Canada. Les enfants ont été suivis de l’âge de 5 mois à 17 ans. Ils ont été vus à de multiples reprises, dans leur petite enfance (entre 5 mois et 5 ans), dans l’enfance (entre 6 et 12 ans) et à l’adolescence (entre 13 et 17 ans).

 

TDAH et autres troubles

À ces occasions, les enfants ont été évalués sur la gravité des éventuels symptômes de TDAH qu’ils présentaient ainsi que sur leur état physique (état de santé général, maladies éventuelles…). Ces données étaient rapportées aux chercheurs par la personne connaissant le mieux l’enfant dans la petite enfance, par les enseignants au milieu de l’enfance et par l’enfant lui-même à l’’adolescence.

S’appuyant sur ces données et en tenant compte de multiples facteurs de confusion, les scientifiques ont réalisé des analyses statistiques pour mesurer les associations entre le fait de présenter des symptômes de TDAH et celui de développer certains troubles physiques ultérieurs, et à l’inverse, entre le fait de présenter des problèmes physiques pendant l’enfance et de développer ensuite des symptômes du TDAH ultérieurs.

« Il s’agit de l’analyse la plus complète évaluant les liens temporels entre les symptômes du TDAH et un large éventail de conditions médicales, y compris les problèmes dermatologiques, les infections, les traumatismes, les conditions de sommeil et d’autres maladies chroniques. Nous avons cherché à évaluer les associations longitudinales possibles entre les symptômes du TDAH et un large éventail de conditions physiques, en tenant compte de plusieurs facteurs de confusion », explique Cédric Galera, qui est aussi le premier auteur de l’étude.

Les scientifiques ont ainsi montré que le fait d’avoir des symptômes de TDAH pendant la petite enfance était associé à un IMC élevé au milieu de l’enfance et à l’adolescence ainsi qu’à des blessures non intentionnelles pendant l’adolescence. À l’inverse, le fait d’avoir présenté des blessures involontaires pendant la petite enfance était associé à l’apparition ultérieure de symptômes de TDAH au milieu de l’enfance et à l’adolescence. Enfin, le syndrome des jambes sans repos pendant la petite enfance augmentait aussi le risque de TDAH au milieu de l’enfance.

« En éclaircissant les liens entre le TDAH et différentes comorbidités, ainsi que l’échelle temporelle à laquelle elles se mettent en place, notre étude renforce l’idée que les problèmes de santé physique et mentale sont imbriqués, et souligne la nécessité pour les professionnels de santé de toutes les disciplines de mieux travailler ensemble. Il faudrait par exemple que les médecins puissent réorienter vers d’autres champs disciplinaires au besoin. Plus on intervient tôt, plus on prévient les risques évolutifs associés au TDAH », souligne Cédric Galera.

Pour aller plus loin, l’équipe va continuer à s’intéresser à ces associations en étudiant les données recueillies chez le jeune adulte, entre 20 et 25 ans. En outre, les scientifiques souhaiteraient aussi mener des travaux similaires à partir des données françaises, en s’appuyant sur les grandes cohortes mises en place sur le territoire, comme la cohorte Elfe (Étude longitudinale française depuis l’enfance)

 

source: Une nouvelle étude éclaircit le lien entre les symptômes de TDAH pendant l’enfance et plusieurs comorbidités médicales non psychiatriques – Salle de presse de l’Inserm

Lire sur papier, lire sur écran : en quoi est-ce différent ?

Lire sur papier, lire sur écran : en quoi est-ce différent ?

Forme, couverture du livre, odeur, nombre et épaisseur des pages aident notre cerveau à intégrer les informations qui lui parviennent. Shutterstock

Les écrans de téléphones mobiles, de tablettes et d’ordinateurs envahissent notre quotidien, et voilà dictionnaires, fiches de cours ou même classiques de la littérature à portée de clic. Faut-il inciter les élèves à profiter à 100% de ces facilités d’accès inédites au savoir, et renvoyer le papier au passé ? Rien n’est moins sûr si l’on se penche sur les derniers résultats de la recherche.

Depuis le début de ce siècle, plusieurs dizaines d’études ont été menées pour évaluer les effets du support de lecture sur les performances de compréhension de textes qui pouvaient être soit documentaires – manuels scolaires, ouvrages universitaires – soit narratifs – fictions, romans…

Les résultats de ces études ont été repris dans deux méta-analyses publiées en 2018 ; celle de Kong, Seo et Zhai, portant sur 17 études, publiée dans le journal Computers & Education, et celle de Delgado et de ses collègues, portant sur 54 études effectuées auprès d’un total d’environ 170 000 lecteurs, et publiée dans Educational Research Review. Il en ressort que la compréhension de textes est significativement meilleure lorsque la lecture s’effectue sur papier que sur écran.

Habitudes de lecture

Si Kong, Seo et Zhai (2018) n’ont pas pris en compte la nature des textes (documentaires ou narratifs) comme critère, Delgado et ses collègues ont en revanche constaté que la différence entre papier et écran se manifestait dans le cas des textes documentaires, des textes à la fois documentaires et narratifs, mais pas des textes uniquement narratifs. Les auteurs apportent deux éléments d’interprétation à ce résultat :

  • les textes documentaires font appel à des traitements cognitifs plus complexes impliquant par exemple l’utilisation d’un vocabulaire académique très spécifique
  • ils sont moins connectés aux connaissances que possèdent les lecteurs sur le monde réel, tout cela rendant la compréhension à la fois plus difficile pour ce type de textes et en même temps plus sensible à la nature du support de lecture.

Pour expliquer cette plus grande facilité de compréhension sur un support papier, le premier facteur que l’on pourrait invoquer serait celui de l’expérience. Les technologies numériques étant relativement nouvelles, les habitudes de lecture sur écran seraient moins ancrées que celles sur papier. Une façon de tester ce facteur serait de vérifier si, dans les publications les plus récentes, où les participants affichent donc une familiarité plus grande avec les écrans, les écarts de compréhension s’atténuent entre les supports.

Or, comme Delgado et ses collègues l’ont constaté, c’est exactement l’inverse qui se produit : la différence de performances de compréhension entre écran et papier s’accroît dans les études les plus récentes par rapport aux plus anciennes. Le manque relatif d’expérience par rapport à la technologie n’explique donc pas les avantages du papier en matière de lecture.

Expérience sensorielle

La matérialité du livre imprimé serait-elle alors le facteur décisif ? En effet, la lecture d’un livre implique non seulement l’analyse et le traitement de ce qui y est écrit mais aussi l’association entre un contenu et un objet riche d’un point de vue sensoriel. Forme, couverture du livre, odeur, nombre et épaisseur des pages aident notre cerveau à intégrer les informations qui lui parviennent et à mieux les retenir dans la durée.

En stockant des milliers d’ouvrages, tablettes et liseuses permettent certes d’alléger les cartables, mais, lus sur un même support, manuels scolaires et romans seront associés à une expérience sensorielle moins spécifique et seront par conséquent moins bien traités et mémorisés. Les résultats d’une étude qui vient d’être publiée par Mangen, Olivier et Velay (2019) vont dans ce sens.

Les auteurs ont demandé aux participants de l’étude de lire un long texte narratif en utilisant soit un livre soit une liseuse. Si les performances générales de compréhension mesurées étaient globalement les mêmes, quel que soit le support, la lecture sur papier permettait de mieux se rappeler où les phrases sont apparues précisément et dans quel ordre les événements se sont déroulés.

Les auteurs considèrent ainsi que la manipulation d’un vrai livre pendant la lecture apporte des informations sensorielles et motrices plus riches, ce qui permet de mieux traiter et de mieux mémoriser le texte et l’organisation temporelle des événements décrits. Ainsi, les données scientifiques actuelles nous amènent à continuer de privilégier la lecture de livres imprimés si l’on souhaite favoriser la compréhension et la mémorisation de ce qui est lu.

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Les 11 000+ publications de recherche EyeLink évaluées par des pairs jusqu’en 2022 (avec certaines au début de 2023) sont répertoriées ci-dessous par année. Vous pouvez effectuer des recherches dans la bibliothèque de publications à l’aide de mots-clés tels que Recherche visuelle, Poursuite fluide, Parkinson, etc. Vous pouvez également rechercher des noms d’auteurs individuels. Les études d’oculométrie regroupées par domaine de recherche sont disponibles sur les pages des solutions.

Lien vers le site

 

Les écrans et l’autisme : le rôle des prédispositions génétiques

Les écrans et l’autisme : le rôle des prédispositions génétiques

Depuis 2017, le Dr Anne-Lise Ducanda propage un discours catastrophiste sur l’exposition des enfants aux écrans, arguant du fait qu’une telle exposition pourrait rendre des enfants autistes. A l’appui de ses affirmations, les observations faites dans sa PMI : parmi les enfants qu’elle voit, certains ont des symptômes d’autisme ou d’autres troubles du développement, et ces enfants passent souvent aussi beaucoup de temps sur des écrans.

Mes collègues et moi-même avons vite pointé les failles béantes de ce raisonnement. D’une part, sans tenir des statistiques précises et exhaustives sur l’ensemble des enfants, avec ou sans troubles, plus ou moins exposés aux écrans, il est impossible d’affirmer quoi que ce soit sur une éventuelle association entre troubles et exposition aux écrans. Ni Mme Ducanda ni ses collaborateurs n’ont apporté la moindre statistique à l’appui de leurs affirmations. Les résultats de la Cohorte Elfe sont pourtant beaucoup plus nuancés.

D’autre part, quand bien même une association statistique est observée entre l’exposition aux écrans et le diagnostic de certains troubles, cela ne suffit pas à conclure que les écrans sont un facteur de risque du trouble. En effet, une corrélation n’est pas la preuve d’un lien de causalité, il existe d’autres possibilités (Figure 1).

Figure 1 : Trois mécanismes pouvant être à l’origine de la corrélation observée entre exposition aux écrans et capacités ou troubles cognitifs.

Parmi ces possibilités, nous avions évoqué celle que le fait d’avoir un trouble neurodéveloppemental tel que l’autisme pourrait augmenter l’exposition aux écrans (cas de la Figure 1a), par exemple parce que ces enfants recherchent moins les interactions sociales, parce que leur comportement difficile à gérer pour les parents peut faire apparaître les écrans comme une aide possible, ou encore parce qu’ils utilisent des appareils numériques comme outils de communication ou de médiation dans le cadre de leur prise en charge. Néanmoins, nous ne connaissions pas de données testant directement cette hypothèse. Une nouvelle étude vient de suggérer que cette hypothèse pourrait bien être correcte.

Il s’agit d’une étude portant sur 437 enfants âgés de 2 à 4 ans faisant partie d’une cohorte de naissance japonaise. Leur exposition aux écrans a été évaluée par questionnaires parentaux à 24, 32 et 40 mois. Cette exposition a été modélisée, donnant lieu à l’identification de 4 trajectoires (Figure2).

Figure 2 : 4 trajectoires d’exposition aux écrans de 24 à 40 mois. Trajectoire 1 : exposition faible (<1h/jour); 2 : exposition croissante ; 3 : exposition moyenne ; 4 : exposition élevée (>4h/jour). Axe vertical en unités arbitraires. Source : Takahashi et coll. (2023) Psychiatry Research.

Dans cette cohorte, des diagnostics de troubles neurodéveloppementaux ne sont pas disponibles (et seraient de toute façon trop nombreux pour faire des statistiques probantes, vu l’effectif). En revanche, l’ADN des enfants a été collecté et analysé, et a permis de calculer des scores polygéniques indexant les prédispositions génétiques pour l’autisme et pour le TDAH (trouble déficit d’attention et hyperactivité). Pour en savoir plus sur les scores polygéniques, vous pouvez regarder cette vidéo et/ou lire cet article.

Les résultats suggèrent que les prédispositions génétiques à l’autisme augmentent le risque d’avoir une exposition croissante aux écrans (trajectoire 2 : +34% par écart-type du score polygénique de l’autisme), ainsi que d’avoir une exposition élevée (trajectoire 4 ; +27%). De plus, les prédispositions génétiques au TDAH augmentent le risque d’avoir une exposition croissante (trajectoire 2 ; +19% par écart-type du score polygénique du TDAH) mais pas élevée (trajectoire 4 : -42%). Comme l’ADN est stable depuis la conception de l’enfant, on sait que s’il y a un lien de causalité, le sens est nécessairement des prédispositions génétiques vers l’exposition aux écrans, plutôt que le contraire.

Ces résultats sont indépendants du sexe de l’enfant et du nombre de frères et sœurs, facteurs qui ont par ailleurs un effet sur l’exposition aux écrans : les garçons ont plus souvent que les filles une exposition croissante ou élevée (effet déjà connu), et les enfants ayant plus de frères et sœurs ont une exposition plus faible (effet assez plausible).

Bien évidemment, c’est la première étude à rapporter un tel résultat, et elle n’est pas parfaite, il faut donc s’abstenir d’en tirer des conclusions définitives. D’autres études seront nécessaires pour savoir si ce résultat est répliqué, et si ce lien entre prédispositions génétiques et exposition aux écrans explique la totalité des corrélations observées. Néanmoins, à ce stade, j’ai envie d’en tirer les deux conclusions suivantes :

  1. L’association causale entre exposition aux écrans et troubles du développement est un sujet trop complexe et trop sérieux pour être débattu sur la base de simples observations faites dans des PMI, ou dans tout autre contexte clinique.
  2. Les analyses génétiques de prédisposition à des troubles ou à des capacités cognitives ont beaucoup à apporter aux études scientifiques en psychiatrie, en psychologie, et même en sciences sociales. Cette étude en est un excellent exemple. Nous en verrons d’autres prochainement.

Source :Les écrans et l’autisme : le rôle des prédispositions génétiques – Ramus Méninges (ramus-meninges.fr)

LA RÉTINE POURRAIT ÊTRE LE REFLET DES STRUCTURES CÉRÉBRALES

L’étude i-Share a permis à des chercheurs du Bordeaux Population Health Centre Inserm U1219 d’étudier pour la 1ère fois les similitudes entre la rétine et le cerveau chez de jeunes adultes.

DES SIMILITUDES ANATOMIQUES ET FONCTIONNELLES OBSERVÉES…

Il existe des similitudes anatomiques et fonctionnelles entre la rétine et le cerveau, et la rétine pourrait ainsi représenter une « fenêtre » pour observer les structures cérébrales. La rétine contient notamment des couches de cellules nerveuses permettant de transmettre le signal visuel au cerveau, et ces couches sont très facilement visualisées et mesurées par un examen ophtalmologique rapide et non invasif (examen en tomographie par cohérence optique).

Chez près de 900 étudiants de l’étude i-Share ayant participé à la fois aux examens ophtalmologiques et à l’IRM cérébrale à Bordeaux, l’équipe scientifique du Bordeaux Population Health a cherché à comprendre si les structures nerveuses de la rétine pouvaient les renseigner sur les structures nerveuses du cerveau, qui lui n’est pas directement et facilement observable.

Leurs résultats suggèrent que l’épaisseur des couches nerveuses rétiniennes est corrélée aux structures cérébrales, notamment dans des régions du cerveau contenant des voies visuelles, mais aussi au-delà.

…QUI CONFORTENT LA RECHERCHE ET OUVRENT DE NOUVELLES VOIES.

De façon plus précise, les scientifiques ont mesuré différentes couches nerveuses dans la rétine : à la fois des couches contenant les corps cellulaires des neurones rétiniens (appelés cellules ganglionnaires) mais aussi la couche des fibres nerveuses composée des axones de ces neurones rétiniens qui vont constituer le nerf optique cheminant ensuite jusqu’au cerveau.

Dans cette population jeune, les chercheurs ont trouvé des corrélations entre rétine et cerveau principalement avec des marqueurs cérébraux reflétant l’intégrité de la substance blanche (partie du cerveau constituée des faisceaux de fibres nerveuses). Quand ils analysaient le cerveau dans sa globalité, une épaisseur plus importante des différentes couches rétiniennes (plus de neurones rétiniens et plus de fibres nerveuses rétiniennes) était associée à une meilleure intégrité de la substance blanche.

Comme attendu, les scientifiques ont trouvé des associations avec plusieurs régions du cerveau impliquées dans la vision. Dans ces régions visuelles, une épaisseur plus importante des couches rétiniennes était corrélée non seulement à une meilleure intégrité de la substance blanche, mais aussi à un volume plus important de matière grise (correspondant aux corps cellulaires des neurones).

Mais leurs travaux ont aussi montré qu’il existait des associations au-delà des régions visuelles, principalement dans des régions contenant des faisceaux associatifs, c’est-à-dire des faisceaux de fibres nerveuses reliant différentes zones du cerveau entre-elles.

Les études antérieures sur les relations entre couches rétiniennes et cerveau s’étaient principalement intéressées à ces relations dans des populations âgées, comme reflet de pathologies ou de processus du vieillissement. Les résultats ici montrent qu’il existe des corrélations physiologiques entre rétine et cerveau chez les jeunes, en amont de tout processus pathologique.

La rétine pourrait ainsi représenter un accès pour mieux étudier ce qui se passe au niveau du cerveau.

A terme, cela pourrait permettre de mieux comprendre comment se développe et évolue le cerveau au cours de la vie.

Mais comme pour tout travail de recherche, cette étude étant la première ayant inclus de nombreux participants jeunes, les résultats doivent être confortés par d’autres travaux.

Publication scientifique : Sara Cristina Lima Rebouças, Fabrice Crivello, Ami Tsuchida, Christophe Tzourio, Cédric Schweitzer, Jean‐François Korobelnik, Cécile Delcourt, Catherine Helmer Association of retinal nerve layers thickness and brain imaging in healthy young subjects from the i-Share-Bordeaux study. Human Brain Mapping. 2023-07-04; : DOI: 10.1002/hbm.26412

De quelle manière la consommation d’alcool affecte notre vision?

source: De quelle manière la consommation d’alcool affecte notre vision? (icrcat.com)

De quelle manière la consommation d’alcool affecte notre vision?

On a tous entendu qu’abuser de l’alcool est mauvais pour la santé. Lorsqu’on boit trop, non seulement on sous-estime les risques de nos décisions, mais on expérimente aussi une relaxation musculaire qu’affecte également notre vision.

L’abus d’alcool a des effets immédiats et à court terme, comme une vision floue ou double, la sensibilité à la lumière ou la sécheresse lacrymale.  Ces effets disparaissent habituellement le lendemain, mais à long terme, l’abus réitéré d’alcool peut aussi entrainer des dommages irréversibles qu’il faudrait connaître.

Effets dans la vision à court terme

L’un des effets à court terme associé à la consommation excessive d’alcool est la vision double. Cette affection, connue aussi sous le nom de diplopie, fait que les images perçues l’œil gauche et l’œil droit ne s’assimilent pas de manière correcte dans le cerveau et forment une seule image spatiale.

Un autre effet est la détérioration du film lacrymal qui recouvre la surface de l’œil. Ceci est dû au fait que l’éthanol passe à la larme et favorise l’évaporation de sa partie aqueuse. Comme conséquence, la qualité de l’image perçue est affectée.

D’autre part, l’alcool a aussi des effets sur notre perception des couleurs (surtout le rouge) et sur notre capacité à nous adapter aux changements d’illumination, ainsi qu’à augmenter la perception des halos (cercles lumineux).

Les effets de l’alcool sur la vision doivent être pris en compte, en particulier lors de la conduction nocturne, car ils peuvent nous empêcher de voir un passage pour piétons, de distinguer un feu de circulation ou d’être éblouis par les phares d’un autre véhicule.

Effets de la vision à long terme

Bien que les effets à court terme peuvent être nocifs, la consommation de grandes quantités d’alcool ou l’abus continué pendant des années peut augmenter le risque de dommages chroniques à la vision, au nerf optique et au traitement de l’information visuelle par le cerveau.

Une consommation excessive d’alcool peut affecter le nerf optique et peut provoquer une dégénérescence maculaire, qui aggravera notre perception des couleurs et des formes, les rendant moins vibrantes et plus floues.. De cette façon, la personne atteinte peut même éprouver des difficultés à reconnaître les visages.

La consommation d’alcool entraîne également des changements qui réduisent la quantité de nutriments et la quantité d’oxygène reçue par le nerf optique et une diminution des niveaux de vitamines du groupe B, en particulier B1 (thiamine) et B12 (cyanocobalamine) qui gravement endommager la vision. La combinaison de l’effet toxique de l’alcool et de faibles niveaux de vitamines peut causer ce qu’on appelle une neuropathie optique nutritionnelle toxique, une maladie du nerf optique qui cause une diminution de la vision dans les deux yeux et qui, si elle n’est pas corrigée à temps, peut être irrécupérable.

D’autre part, certaines études ont également établi un lien entre une consommation excessive d’alcool et un risque plus élevé d’être atteint de cataracte que, si elle n’est pas traitée, peut causer la cécité de l’œil. La cataracte touche habituellement les personnes de plus de 55 ans, mais le risque de la développer à un âge plus précoce augmente avec la consommation d’alcool et la carence nutritionnelle associée.

Il est donc important de prendre en compte ces effets si vous êtes un consommateur régulier d’alcool et de consulter un spécialiste si vous croyez qu’une consommation excessive d’alcool peut affecter de manière permanente votre vision.

L’IAPB attire l’attention du monde entier sur la santé oculaire sur le lieu de travail à l’occasion de la Journée mondiale de la vue

L’IAPB attire l’attention du monde entier sur la santé oculaire sur le lieu de travail à l’occasion de la Journée mondiale de la vue

L'IAPB attire l'attention du monde entier sur la santé oculaire sur le lieu de travail à l'occasion de la Journée mondiale de la vue

Alors que le monde célèbre la Journée mondiale de la vue , nous sommes ravis d’attirer l’attention mondiale sur l’importance de donner la priorité à la santé oculaire sur le lieu de travail dans le cadre de la campagne Love Your Eyes de cette année.

Nous célébrons plus de 13 millions d’engagements d’individus et d’organisations à aimer leurs yeux, ce qui dépasse notre objectif de 10 millions et représente plus du double du nombre promis l’année dernière. Les engagements #LoveYourEyes conduisent à une plus grande sensibilisation du public à l’importance de prendre soin de sa santé oculaire.

En tant qu’alliance mondiale pour la santé oculaire, nous avons demandé à nos près de 200 organisations membres réparties dans 100 pays d’organiser des dépistages de la vue sur les lieux de travail, contribuant ainsi à sensibiliser les employeurs et leur personnel à l’importance de prendre soin de vos yeux au travail.

La journée a été célébrée dans le monde entier, avec des événements et des projections sur les lieux de travail organisés dans les bureaux, aux relais routiers et pour les agents de sécurité et les nettoyeurs de rues, du Népal à New York.

En plus de ces célébrations mondiales, Son Altesse Royale la duchesse d’Édimbourg, ambassadrice mondiale de l’IAPB, est actuellement en visite en Éthiopie pour célébrer le travail transformateur de l’organisation caritative internationale de soins oculaires Orbis et participer aux festivités nationales de la Journée mondiale de la vue le 12 octobre.

L’accent mis sur la santé oculaire sur le lieu de travail fait suite à la publication d’un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’IAPB qui souligne l’importance de protéger la vue des travailleurs. Selon Eye Health and the World of Work , la santé oculaire affecte considérablement les marchés du travail, les travailleurs ayant une déficience visuelle ayant 30 pour cent moins de chances d’être employés que ceux qui n’en ont pas.

La campagne Aimez vos yeux au travail de cette année et les célébrations de la Journée mondiale de la vue appellent les employeurs du monde entier à faire davantage pour protéger la santé oculaire des travailleurs à l’échelle mondiale.

« Nous savons que la santé oculaire a un impact profond sur le bien-être, la productivité et la sécurité des employés, et en cette Journée mondiale de la vue, nous nous engageons à renforcer l’importance de la santé oculaire sur le lieu de travail. La campagne Aimez vos yeux au travail et les célébrations de la Journée mondiale de la vue nous rappellent à temps le rôle essentiel que nos yeux peuvent jouer pour nous aider à atteindre notre plein potentiel au travail et au-delà », a déclaré Peter Holland, PDG de l’IAPB.

« Dans un monde où, pour beaucoup, l’accès équitable aux soins oculaires reste une réalité lointaine, s’engager à « Love Your Eyes » et organiser des examens de la vue sur le lieu de travail constituent une forme puissante de plaidoyer. Les plus de 13 millions de personnes qui ont adhéré à leur engagement et les dizaines d’organisations qui ont contrôlé les travailleurs dans le monde se font les champions de plus d’un milliard de personnes dans le monde qui n’ont pas un accès adéquat aux soins oculaires. Leur action est un appel retentissant au changement, amplifiant l’importance de faire des soins oculaires une priorité mondiale », a ajouté Holland.

Pour coïncider avec la Journée mondiale de la vue, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le lancement de « WHOeyes », une application de santé innovante qui guide les utilisateurs à travers une série de messages pour évaluer leur propre santé oculaire.

S’exprimant à propos de l’application, Stuart Keel, responsable technique du programme de soins de la vue et des yeux, a déclaré : « L’application WHOeyes est un complément parfait aux activités de la Journée mondiale de la vue qui se déroulent à l’échelle mondiale. L’application, tout comme la campagne Love Your Eyes, promeut des soins oculaires proactifs, ce qui constitue une étape essentielle pour répondre aux énormes besoins visuels non satisfaits à l’échelle mondiale.

_

Les particuliers sont invités à s’engager en faveur de #LoveYourEyes lors de la Journée mondiale de la vue et à ajouter leur nom aux millions de personnes qui donnent la priorité à leur santé oculaire.

WHOEyes est disponible en téléchargement sur l’ App Store et Google Play .

The Royal Society: Publication de recherche scientifique sur les lampes et lunettes pour les dyslexiques…

Le scintillement des mots améliore-t-il la lecture? Preuves négatives issues de quatre expériences utilisant des basses et des hautes fréquences

 • The Royal Society
Publication de recherche scientifique sur les lampes et lunettes pour les dyslexiques…
Auteurs de la recherche : Marie Lubineau, Cassandra Potier Watkins, Hervé Glasel et Stanislas Dehaene.

Résumé

Le scintillement des mots facilite-t-il la lecture? Malgré le manque de preuves scientifiques, des lunettes et des lampes scintillantes pour la dyslexie sont commercialisées dans divers pays. Nous avons mené quatre expériences pour évaluer leur efficacité. Deux expériences impliquaient une tâche de décision lexicale informatisée avec affichage constant ou scintillement à basse fréquence (10 ou 15 Hz). Parmi les 375 lecteurs adultes réguliers, le scintillement a sensiblement ralenti la reconnaissance des mots, tout en biaisant légèrement la décision vers les pseudo-mots. Aucun effet significatif n’a été observé chez 20 enfants dyslexiques. Chez 22 enfants dyslexiques, nous avons également évalué l’impact de la lampe Lexilight et des lunettes Lexilens, qui fonctionnent à des fréquences plus élevées, sur la fluidité de lecture, l’identification des lettres et le traitement des lettres miroir. Aucun impact détectable n’a été observé. Enfin, chez deux participants qui ont prétendu bénéficier de lunettes scintillantes, nous avons manipulé orthogonalement si les lunettes étaient réellement allumées et si le participant pensait qu’elles l’étaient. Seul un petit effet placebo a été noté chez un participant. Nos résultats contrastent fortement avec les affirmations marketing selon lesquelles ces outils peuvent aider 90% des dyslexiques et soulignent le rôle de la recherche scientifique rigoureuse pour permettre aux personnes dyslexiques de prendre des décisions éclairées

 

 

Semaine de l’équilibre et du vertige 2023 : Campagne de sensibilisation de la SFERO

A l’occasion de la semaine de l’équilibre et du vertige qui se tiendra du 17 au 23 septembre , la SFERO met à disposition des affiches à destination du grand public explicant le rôle de l’orthoptiste dans le cadre de troubles vertigineux.

Partout en France, retrouvez les actions menées autour de la prise en charge du patients vertigineux, semaine nationale initiée par le GDR Vertiges.

Affiches à télécharger pour l’affichage en cabinet 

Article Tobii: « Révolutionnez le dépistage et le traitement des maladies grâce au suivi oculaire »

Révolutionnez le dépistage et le traitement des maladies grâce au suivi oculaire

Le suivi oculaire ouvre une fenêtre sur le développement de la maladie en capturant les changements subtils dans les mouvements oculaires associés à divers troubles cérébraux et oculaires. Cette technique non invasive ouvre de nouvelles voies en matière de détection précoce, d’interventions sur mesure et de traitement personnalisé, marquant ainsi une avancée significative dans les pratiques de soins de santé. ….

 

Lire l’article complet

ESA-ISA 2024 : ESA-ISA 2024 / Joint Meeting of the European and International Strabismological Associations

Chers collègues et amis,

C’est un grand plaisir et un grand honneur pour notre équipe toulousaine de vous accueillir dans la belle ville de Toulouse pour ce congrès commun de l’ESA et de l’ISA.
Je suis personnellement très ému de la confiance qui m’est accordée par le bureau de l’ESA d’organiser ce congrès prestigieux dans ma ville.

Comme tous les congrès de l’ESA et de l’ISA, ce sera une réunion du plus haut niveau scientifique mais nous ferons tout pour que ce soit aussi une occasion conviviale à ne pas manquer.

Toulouse est avant tout connue comme une capitale mondiale de l’aéronautique et de l’aérospatiale. Mais la ville et sa région ont beaucoup plus à faire découvrir comme vous le verrez sur le site du congrès. La saison sera idéale, et la ville est particulièrement animée au mois de juin.

La langue officielle du congrès est l’anglais, mais nous proposerons une traduction simultanée des conférences de l’anglais au français pour encourager les ophtalmologistes et orthoptistes français à participer à cet événement scientifique exceptionnel.

A très bientôt à Toulouse,
Dr Thouvenin
Organisateur local du congrès ESA/ISA 2024

Toutes les informations utiles sur

https://www.esa-isa2024.org/

La semaine de l’Équilibre et du Vertige 2023 du 17 au 23 septembre

Faire du bruit partout en France 

La semaine de l’Équilibre et du Vertige 2023 se tiendra partout en France du 17 au 23 Septembre afin de se synchroniser avec les différents pays qui participent à l’évènement. Notre communauté dans sa pluralité va être invitée à « faire du bruit » sur tout le territoire Français, en écho à la « Balance Awareness Week » organisée au niveau mondial, la même semaine, par la Vestibular Disorders Association Américaine (VEDA)

 

Affiche de la semaine:

230427-Affiche-SEV-2023

Toutes les informations sur https://gdrvertige.com/semaine-de-lequilibre-du-vertige/

Des données référencées:

 

Fiche épidémiologique désordres vestibulaires (données colligées sur 10
ans ; GDR Vertige 2023)

• En France, les vertiges représentent le 3e motif de consultation chez le généraliste après les fièvres et
les maux de tête, avant les maux d’estomac et les douleurs lombaires » (Goslan. Medecine & Science
N°805 Mars 2014)

• Le vertige et les instabilités représentent # 4% des symptômes principaux dans le département des
urgences hospitalières. Les vertiges d’origine vestibulaire représentent annuellement à eux seuls 1% de
toutes les urgences hospitalières (Rising Annual Costs of Dizziness Presentations to U.S. Emergency
Departments. Ali S. Saber Tehrani, MD, Diarmuid Coughlan, MPharm, MSc, Yu Hsiang Hsieh, PhD, MS,
Georgios Mantokoudis, MD, Fredrick K. Korley, MD, Kevin A. Kerber, MD, MS, Kevin D. Frick, PhD, and
David E. Newman-Toker. ACADEMIC EMERGENCY MEDICINE 2013; 20:689–696)

• Le coût total annuel relatif aux patients arrivant avec une plainte pour vertiges dans les services
d’urgence aux USA est estimé à plus de 4 milliards de $ par an (environ 4 % du coût total de l’ensemble
des urgences). Les vertiges d’origine vestibulaire représentent donc 1 milliard de $ pour les services
d’urgence aux USA (Tehrani AS, Coughlan D, Hsieh YH, Mantokoudis G, Korley FK, Kerber KA, Frick KD,
Newman-Toker DE. Rising annual costs of dizziness presentations to U.S. emergency departments. Acad
Emerg Med. 2013 Jul;20(7):689-96. doi: 10.1111/acem.12168. PMID: 23859582.)

• À partir de l’âge de 60 ans, environ 30 % de la population aura présenté les symptômes des désordres
vestibulaires à un moment de la vie (Brosel S, Strupp M. The Vestibular System and Ageing. Subcell
Biochem. 2019; 91:195-225. doi: 10.1007/978-981-13-3681-2_8.) Annuellement les désordres
vestibulaires représente 5% de toutes les prescriptions médicales des plus de 50 ans (Hulse et al. 2018:
Peripheral Vestibular Disorders: An Epidemiologic Survey in 70 Million Individuals. Hülse R, Biesdorf A,
Hörmann K, Stuck B, Erhart M, Hülse M, Wenzel A. Otol Neurotol. 2019 Jan;40(1):88-95. doi:
10.1097/MAO.0000000000002013.)

• En soins primaires, jusqu’à 10 % de tous les adultes consultent un médecin en raison de vertiges
(Corrales CE, Bhattacharyya N (2016) Dizziness and death: an imbalance in mortality. The Laryngoscope
126:2134–2136 https://doi.org/10.1002/lary.25902 ; Rieger A, Mansmann U, Maier W et al (2014)
Management of patients with the cardinal symptom dizziness or vertigo. Gesundheitswesen 76:e32–
e38. https://doi.org/10.1055/s-0033-1357145.)

af
• L’hypofonction vestibulaire uni- ou bilatérale altère l’équilibre et la mobilité et peut conduire à des
blessures ou à une invalidité dues à des chutes. L’ampleur de ce problème dans la population générale
est encore inconnue et très probablement sous-estimée. L’hypofonction vestibulaire pourrait affecter
entre 53 et 95 millions d’adultes en Europe et aux États-Unis. Bien que toutes les personnes affectées
ne ressentent pas l’ensemble des symptômes et leurs conséquences, des mesures diagnostiques et
thérapeutiques adéquates devraient devenir la norme de soins pour réduire le poids social de la maladie.
(Grill E, Heuberger M2,4, Strobl R1,2, Saglam M2
, Holle R5
, Linkohr B6
, Ladwig KH6,7, Peters A6
, Schneider
E8
, Jahn K2
, Lehnen N2,7. Front Neurol. 2018 Dec 7;9:1076. doi: 10.3389/fneur.2018.01076. eCollection
2018.)
• Des coûts annuels estimés entre 10 à 20 milliards de dollars sont associés aux blessures liées aux chutes
qui constituent la 6e cause de décès chez les personnes âgées, avec un taux de mortalité de 20 %. Avec
une augmentation estimée à 115 % de la population gériatrique de plus de 65 ans d’ici 2050, le nombre
de patients souffrant de troubles de l’équilibre et d’un système vestibulaire déficitaire atteindra
certainement des proportions quasi épidémiques. (Zalewski, C. 2015. Aging of the Human Vestibular
System. Seminars in Hearing, 36(03), 175–196.doi:10.1055/s-0035-1555120.)

 

Caractéristiques anormales des mouvements oculaires chez les patients souffrant de dépression : résultats préliminaires basés sur la technologie de suivi oculaire

Abstrait

Contexte : Les mouvements oculaires saccadés (SEM) ont été considérés ces dernières années comme un biomarqueur potentiel non invasif pour le diagnostic de la dépression, mais son application n’est pas encore mature. Dans cette étude, nous avons utilisé la technologie de suivi oculaire pour identifier les mouvements oculaires des patients souffrant de dépression afin de développer une nouvelle méthode permettant d’identifier objectivement la dépression.

ARTICLE COMPLET

L’exercice intensif améliore les symptômes moteurs et cognitifs dans la maladie de Parkinson expérimentale en rétablissant la plasticité synaptique striatale

Abstrait

Une activité physique intensive améliore les fonctions motrices chez les patients atteints de la maladie de Parkinson (MP) à un stade précoce. Cependant, les mécanismes sous-jacents aux effets bénéfiques de l’exercice sur les altérations neuronales associées à la MP n’ont pas encore été entièrement élucidés. Ici, nous avons testé l’hypothèse selon laquelle un programme d’entraînement intensif sur tapis roulant permet de sauver des altérations de la plasticité striatale et des déficits moteurs et cognitifs précoces chez des rats recevant une injection intrastriatale de fibrilles préformées d’alpha-synucléine (α-syn). L’amélioration du contrôle moteur et de l’apprentissage visuospatial chez les animaux actifs a été associée à une récupération des altérations de la densité de la colonne dendritique et à un sauvetage durable d’une potentialisation physiologique corticostriatale à long terme (LTP). Les analyses pharmacologiques de la LTP montrent que les modulations du N -méthyl- d-les récepteurs de l’aspartate portant les sous-unités GluN2B et le récepteur de la tropomyosine kinase B, le principal récepteur du facteur neurotrophique dérivé du cerveau, sont impliqués dans ces effets bénéfiques. Nous démontrons qu’un entraînement physique intensif a des effets sur les altérations plastiques précoces induites par les agrégats α-syn et réduit la propagation des espèces α-syn toxiques à d’autres zones cérébrales vulnérables.

Perte de mémoire spatiale chez les personnes âgées : Et si l’atteinte ne concernait qu’une partie du champ visuel ?

 

CP Marion Durteste slider.

 

Des chercheurs de l’Institut de la Vision ont récemment réalisé une étude visant à mieux comprendre les mécanismes de la perte de mémoire spatiale chez les personnes âgées. Leurs résultats, publiés dans Nature Communications Psychology, ont révélé que la capacité de mémorisation des objets est influencée par leur position dans le champ visuel, avec des déficits significatifs observés dans le champ visuel supérieur chez les individus âgés.

La mémoire spatiale est essentielle pour maintenir la qualité de vie des personnes âgées, car elle leur permet d’interagir efficacement avec leur environnement. Les tâches quotidiennes telles que retrouver l’emplacement des clés, choisir le bon produit dans un magasin ou s’orienter en se basant sur des repères visuels sont autant de situations qui sollicitent notre mémoire des objets et de leur position dans l’espace. Par conséquent, une altération de cette mémoire spatiale liée au vieillissement peut avoir des répercussions négatives sur le comportement des individus.

Jusqu’à présent, la perte de mémoire liée à l’âge a surtout était attribuée à des déficits dits « de haut niveau tels que des difficultés à associer un objet à son contexte ou à prioriser certaines informations dans des environnements complexes. Cependant, de récents travaux de recherche ont mis en évidence le rôle du vieillissement des systèmes sensoriels, en particulier la vision, dans la manière dont les objets sont perçus et encodés. Ainsi, les changements liés à l’âge dans le traitement des propriétés visuelles telles que la couleur, la texture, la taille et la position pourraient jouer un rôle déterminant dans les capacités de mémorisation des objets.

L’équipe de chercheurs de l’Institut de la Vision a entrepris d’explorer l’hypothèse selon laquelle la position des objets dans le champ visuel pourrait être une propriété essentielle des capacités de mémoire spatiale chez les personnes âgées. Pour cela, ils ont mené une expérience impliquant un échantillon de 25 jeunes adultes et 20 personnes âgées.

 

Schema CP Marion DurtesteParticipant assis devant l’écran d’un ordinateur sur lequel sont projetés, un à un, des objets dans son champ visuel supérieur ou inférieur (ici, une carafe est présentée dans le champ visuel inférieur) © Marion Durteste – Institut de la Vision

 

Les participants ont été installés devant un écran d’ordinateur, avec leur tête maintenue par une mentonnière, et équipés d’un oculomètre permettant d’enregistrer les mouvements de leurs yeux. Au cours de l’expérience, des objets ont été présentés un par un dans le champ visuel supérieur ou inférieur des participants, pendant qu’ils fixaient une croix située au centre de l’écran. Par la suite, une nouvelle série d’objets, comprenant certains objets précédemment montrés et d’autres nouveaux, leur a été présentée au centre de l’écran. Les participants ont été testés sur leur capacité à reconnaître les objets eux-mêmes et à se souvenir de leur position par rapport à la croix.

Les résultats de l’étude ont révélé que les personnes âgées présentaient d’importants déficits en mémoire spatiale lorsque les objets étaient présentés dans le champ visuel supérieur. En revanche, leurs capacités de mémorisation étaient préservées lorsque les objets étaient présentés dans le champ visuel inférieur. Cette découverte inédite démontre que la position des informations visuelles dans l’espace a un impact significatif sur les capacités de mémorisation au cours du vieillissement.

Ces résultats confirment l’importance du système visuel dans les changements cognitifs liés à l’âge et ouvrent la voie à une réflexion approfondie sur l’adaptation des espaces urbains aux besoins des personnes âgées afin de favoriser leur autonomie.

Publication : Durteste, M., Van Poucke, L., Combariza, S. et al. The vertical position of visual information conditions spatial memory performance in healthy aging. Commun Psychol 1, 2 (2023). https://doi.org/10.1038/s44271-023-00002-3

 

La Myopie Évolutive chez l’Enfant :  Facteurs de risque, complications potentielles et méthodes de traitement

La Myopie Évolutive chez l’Enfant :

Facteurs de risque, complications potentielles et méthodes de traitement

                                                                                                                                                           Par Hélène Panis

                  Orthoptiste et étudiante du Master en Optométrie Clinique et Thérapie Visuelle

Résumé

 

La myopie évolutive est un défaut courant chez les enfants et les adolescents. Elle est caractérisée par une vision floue à distance et une incapacité à voir clairement les objets éloignés. C’est une affection qui peut progresser au fil du temps et augmenter le risque de développer des problèmes de santé oculaire à l’âge adulte, tels que le décollement de la rétine, le glaucome et la cataracte.

 

Dans cette revue bibliographique, nous allons explorer les différentes causes de la myopie évolutive chez les enfants et les adolescents, ses facteurs de risques, ses complications potentielles et les méthodes de traitement.

 

Mots clés : Myopie, enfant, évolutive, pandémie, OMS, biométrie

 

Abréviations : δ (dioptrie), OMS ou WHO (Organisation Mondiale de la Sante ou World Health Organization), VP (vision de près), VL (vision de loin), mm (millimètre), ∆ (valeur moyenne), % (pourcentage)

 

Introduction

La myopie est un problème de santé publique. Les chiffres sont inquiétants, d’après le Brien Holden Vision Institut (2016), 52% de la population mondiale sera myope d’ici 2050.

 

La myopie est reconnue depuis 2016 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme un problème de santé publique. La prévalence de la myopie a presque doublé dans les vingt dernières années dans les sociétés orientales et occidentales. La prévalence parmi les jeunes adultes est supérieure à 80% dans de nombreuses régions asiatiques, et supérieure à 50% aux Etats-Unis et dans certaines régions d’Europe.

 

Épidémie en France

Selon les estimations de la Haute Autorité de Santé fondées sur une étude épidémiologique de référence sur la progression de la myopie, en 2022, 510 000 enfants entre 6 et 15 ans présentent une myopie évolutive, c’est-à-dire une progression myopique supérieure à 0,50δ par an. La prévalence est de 23,7% pour ces enfants entre 6 et 15 ans. Les filles sont plus touchées que les garçons (26,7% contre 20,9%).

 

Physiologie oculaire

À la naissance, le système visuel est immature. S’il n’est pas stimulé, il ne se développe pas. Les études de Clergeau (2007a) ont établi que l’acuité visuelle du nouveau-né est environ de 1/20ème.

Fledelius et Christensen (1996) donnent des valeurs normales de 17,02 millimètres à la naissance, 20,19 mm à 1 an, 21,31 mm à 2 ans, 22,07 mm à 3 ans, avec un maximum de 23 mm à 10 ans.

 

Larsen (1971) grâce à ses études 1, II, III et IV retrouve des données similaires avec des longueurs axiales qui sont de 16,78 mm à la naissance, de 18,21 mm à 6 mois, de 20,61 mm à 1 an, de 20,79 mm à 2 ans, de 21,27 mm à 3 ans, de 21,85 mm à 5 ans, de 22,50 mm à 10 ans, de 23,15 mm à 13 ans, ce qui coïncide avec le terme de la croissance de l’œil.

 

Nous retenons les valeurs suivantes : 17 mm à la naissance, 18,5 mm à 6 mois, 20 mm à 1 an, 21 mm à 2 ans, 21,5 mm à 3 ans, 22 mm à 5 ans, 22,5 mm à 10 ans, 23 mm à 13 ans.

 

La majorité du développement du globe oculaire se fait durant les 3 premières années de vie, ensuite l’évolution est de 0,05mm à 0,1 mm par an.

Cette croissance rapide du globe est principalement due à la croissance de la sclère et du vitré, la surface de la cornée variant proportionnellement peu entre la naissance et 2 ans.

 

 

 1. Phénomène d’emmétropisation

 

Il s’agit du phénomène qui conduit l’œil au statut d’emmétrope.

L’emmétropisation est le résultat d’un processus à la fois passif et actif :

 

  • – Le processus passif: Cette croissance du globe entraîne une réduction du système dioptrique de l’œil proportionnelle à l’augmentation de la longueur axiale. Le pouvoir dioptrique de la cornée est diminué par augmentation de son rayon de courbure. La puissance du cristallin est diminuée pour la même raison et son action amoindrie par une augmentation de la profondeur de la chambre antérieure. Lorsque ces changements ne sont pas proportionnels, une amétropie en résulte.
  • – Le processus d’emmétropisation actif implique une information de feedback de la rétine concernant la qualité de focalisation de l’image avec adaptation conséquente de la longueur axiale. Il peut être considéré comme un ajustement fin complétant le processus passif.

L’emmétropisation active se déroule pendant la tendre enfance, mais l’œil reste malléable aux conditions environnementales jusqu’à l’âge de jeune adulte.

 

L’hérédité conditionne l’emmétropisation passive en déterminant la tendance du globe à atteindre certaines proportions, et l’environnement semble jouer un rôle en influençant l’action des mécanismes d’emmétropisation active.

 

 

2. Principe de la défocalisation hypermétropique

 

A – Chez l’emmétrope : 

En rétine centrale, les rayons lumineux convergent et se focalisent parfaitement sur la macula, permettant la vision nette au loin. En rétine périphérique, les rayons lumineux convergent et se focalisent en arrière de la rétine, entraînant un flou en rétine périphérique. C’est la défocalisation hypermétropique.

 

B – Chez le myope portant des verres unifocaux : 

En rétine centrale, les rayons lumineux convergent et se focalisent maintenant parfaitement sur la macula, permettant la vision nette au loin. En rétine périphérique, la correction unifocale ne corrige pas la défocalisation hypermétropique qui existe toujours en rétine périphérique. Cette défocalisation hypermétropique est un stimulus à l’augmentation de la longueur axiale de l’œil, et donc à l’évolution myopique.

 

C – Principe de la défocalisation myopique en contrôle de la myopie

Pour contrôler la myopie, les solutions adaptées à défocalisation myopique permettent :

  • – En rétine centrale : de corriger la focalisation pour donner une vision nette au loin.

– En rétine périphérique : de réduire la défocalisation hypermétropique.
Les rayons convergent alors en avant de la rétine.

 

  1. 3. Myopie évolutive

C’est l’état réfractif de l’œil supérieur à -0,50δ chez l’enfant, avec une combinaison de facteurs de risque quantifiables (réfraction actuelle, âge, etc.) qui entrainent une probabilité suffisante d’évolution de myopie. La myopie évolutive est une combinaison entre une myopie réfractive et une myopie axile. Le but de la prise en charge de la myopie évolutive est d’essayer de freiner la progression de la myopie.

 

Il existe de nombreux facteurs qui peuvent accélérer l’évolution myopique : l’âge d’apparition de la myopie, l’historique familial, l’ethnicité, le temps passé à l’extérieur et le temps passé en vision de près.

 

A – Âge d’apparition de la myopie

Plus la myopie apparaît tôt, plus elle évoluera rapidement, et plus la valeur finale de la myopie sera importante.

D’après l’étude de Donavan et al. (2015a), la myopie semble apparaître de plus en plus tôt, elle apparait en moyenne entre 8 et 10 ans le plus souvent. Si l’enfant a moins de 8 ans et qu’il commence à être myope, c’est un facteur de risque élevé d’évolution myopique. Cette étude est corrélée par celle de Tricard et al. (2021).

 

B – Historique familial

Les études de Kurtz et al. (2007) et de Loh et al. (2015) permettent d’établir que la myopie d’un ou des deux parents augmente le facteur de risque myopique de l’enfant.

La génétique de la myopie, c’est au moins 20 paires de chromosomes concernées, et plus de 50 gènes impliqués. Ce patrimoine génétique a pour conséquence le remodelage scléral et l’allongement du globe oculaire.

 

C – Ethnicité

La prévalence de la myopie est proportionnellement plus importante dans la population asiatique que dans la population européenne.

L’étude de Donavan et al. (2012b) et celle d’Hyman et al. (2005) montre que la myopie chez les enfants d’ethnicité asiatique progresse plus rapidement que chez les enfants d’ethnicité non-asiatique.

 

D – Temps passé à l’extérieur

L’exposition à la lumière du jour à un Impact sur la freination de l’évolution myopique.

L’étude à Taiwan de Wu et al. (2013) sur 700 enfants montre qu’une augmentation du temps de récréation (+ 40 minutes/jour) entraine chez les myopes une diminution de la myopie de 30%.

Il est recommandé de passer au moins 2 heures par jour à l’extérieur. Peu d’études ont été réalisées entre la quantité d’évolution myopique et temps passé à l’extérieur.

 

E – Temps passé en vision de près :

Selon les recherches de Bao et al. (2015), les paramètres facteurs d’évolution myopique sont :

  • – Une distance de travail trop proche, inférieur à 25 cm
  • – Un temps passé en lecture maintenu trop important, supérieur à 45 minutes (sans pauses)
  • – Manque de luminosité lors des activités VP

 

F – Autres facteurs :

Il existe d’autres facteurs, qui jouent un rôle estimé comme étant moins important : déprivation visuelle, accommodation, lumière bleue et violette, myopie nocturne, alimentation, mois de naissance, niveau d’étude, anthropométrie, intelligence, sexe et réfraction périphérique.

 

G – Complications associées à la myopie évolutive.

En cas de myopie évolutive, les risques de développer une pathologie oculaire augmentent.

Holden et al. (2016) montrent qu’environ 1% de la population mondiale est atteint d’une pathologie liée à sa myopie et estiment une augmentation à 10% de cette population en 2050. L’allongement de la longueur de l’œil entraîne un risque significatif de complications pathologiques pour l’œil et la vision.

 

D’après World Health Organization (2015), les conséquences de la myopie sont =

 

La dégénérescence maculaire myopique : c’est la première complication pathologique de la myopie. Cela engendre des altérations au niveau de la rétine : rupture de la membrane de Bruch, néovascularisation choroïdienne (CNV = néovascularisation choroïdienne), atrophie rétinienne.

La déchirure et le décollement rétinien : Une élongation axiale provoque un affinement de l’épaisseur rétinienne ce qui engendre un risque de déchirure.

 

Les corps flottants.

– Le glaucome à angle ouvert : 10% des patients atteints de myopie forte développent un glaucome (contre 2% sans myopie forte).

– La cataracte : Elle est plus précoce en moyenne de 10 ans plus tôt chez le sujet myope.

 

Tableau 1. Complications liées à la quantité de myopie d’après Pauné (2018).

 

Quantité de myopie 

Cataracte

 

Glaucome

Déchirure rétinienneMaculopathie myopique
-1δ à -3δ2x4x3x2x
-3δ à -6δ3x4x9x10x
>-6,00δ5x14x22x41x

 

D’après Bullimore et al. (2019), plus la myopie augmente, plus le risque de maladies oculaires est élevé.

 

H – Tests différentiels à effectuer pour la mise en évidence de la myopie évolutive : il existe deux indicateurs à l’évolution de la myopie :

  • – La mesure de l’évolution de la réfraction VL qui doit être réalisée sous cycloplégie.
  • – La mesure de l’évolution de la longueur axiale de l’œil, effectuée grâce à un biomètre.

 

Pour contrôler l’évolution de la myopie, il faut mettre en place un traitement de freination ou de contrôle de la myopie, avec deux objectifs de corriger le défaut réfractif de la myopie et de freiner l’évolution de la myopie.

 

 

Tableau 2. Vitesses de progression du défaut réfractif en moyenne par an d’après l’étude de Mutti et al. (2007).

 

Vitesses de Progression
LenteMoins de -0,25δ/an
MoyenneEntre -0,25δ et -0,75δ/an
RapidePlus de -0,75δ/an

 

La comparaison des mesures obtenues aux valeurs de longueurs axiales précédentes permet d’évaluer l’évolution de la longueur axiale.

 

On peut ensuite comparer l’évolution moyenne chez cet enfant à la progression moyenne de la longueur axiale chez un enfant myope corrigé. Après 10 ans, la vitesse de progression axiale normale est de 0,1 mm/an. On parle d’évolution rapide quand elle est supérieure à cette valeur.

 

L’évolution de la longueur axiale du globe est le meilleur indicateur d’évolution myopique, en recherche, et aussi en clinique. Cette mesure est jusqu’à 10 fois plus pertinente et sensible pour détecter et suivre la progression myopique, par rapport à la réfraction. Maintenir la myopie en dessous de -3.00δ et la longueur axiale en dessous de 26 mm permettra de diminuer à long-terme le risque de déficience visuelle et de pathologie oculaire. Une myopie faible ne signifie pas forcément une longueur axiale normale ou faible.

 

D’après l’étude de Hou et al. (2018), la croissance de la longueur axiale est terminée autour de l’adolescence (vers l’âge de 16 ans). Elle est environ de 23 mm chez la fille et de 23,5 mm chez le garçon (emmétrope).

 

Chez le myope, la croissance de la longueur de l’œil commence à s’accélérer avant l’apparition de la myopie et continue ensuite.

 

Tableau 3. Évolutions de la longueur axiale chez les enfants selon Clergeau (2007b).

 

 Évolutions de la longueur axiale chez les enfants qui restent emmétropesEvolutions de la longueur axiale chez les enfants qui deviennent myopes
Avant 10 ans0,1 à 0,2 mm/an+/-0,30 mm/an
Après 10 ans< 0,1 mm/an+/-0,20 mm/an

 

 

Généralement, le fort myope présente une longueur axiale plus importante.

La règle théorique est qu’une évolution axiale de 1 mm engendre une myopisation de 2,60δ.

En réalité, selon plusieurs études, cette évolution axiale engendrerait :

 

  • – 1 mm = 2,40δ (étude Chamberlain et al. MiSight (2019))
  • – 1 mm = 1,63δ (étude Walline et al. BLINK (2020))

 

Matériel et méthode

Type d’étude 

La littérature scientifique existante en 2023, a permis une recherche bibliographique et documentaire pour ce travail. Des informations qualitatives ont été utilisées afin de démontrer les conséquences d’une évolution myopique sur les capacités visuelles de l’enfant. Cette étude permettra de voir les facteurs de risques, les complications potentielles et les méthodes de traitement à disposition en France en 2023.

 

Population source 

Cette étude concentre ses recherches sur une cible d’enfants myopes de moins de 16 ans.

 

 

Matériels et Stratégie de collecte des données 

Les documents utilisés sont issus de PubMed ou des fabricants directement concernés par le produit cité. La collecte des données et articles a été réalisée selon les directives du système PRISMA à l’aide de critères d’inclusion et d’exclusion.

 

Les recherches sur PubMed ont été faites par mots clés comme : myopie chez l’enfant, élongation axile, D.I.M.S myopia, aspherical lenslets, classifying myopia, myopia progression and axial elongation, myopic children, atropine.

 

Les articles sélectionnés pour cette étude sont tous publiés après 1996 et traitent tous des risques et conséquences de la myopisation de l’enfant, ainsi que des différents traitements proposés.

 

Le but est de montrer qu’une prise en charge spécifique et précoce est essentielle afin de préserver le développement oculaire et les capacités visuelles de l’enfant afin de ne pas l’exposer aux pathologies qui pourraient survenir en cas d’évolution forte.

 

Les résumés, conclusions des articles sont lus. Les articles gardés, assemblés seront analysés pour en tirer les informations intéressantes à l’étude. 48 articles sont inclus dans cette étude.

Les articles et documents en littérature française, anglaise ont été sélectionné avec utilisation de l’outil Google traduction.

 

Critère d’inclusion

Ce sont les articles et les documents qui apportent une information pertinente au sujet étudié et donc en rapport avec la myopie et l’enfant.

 

Critère d’exclusion

Ce sont les articles et les documents qui ne sont pas en rapport avec le sujet, et dont l’information n’est pas crédible. Ainsi que ceux qui traitent du myope adulte.

 

Figure 1. Outil Prisma Flow Diagram utilisé pour ce mémoire

Résultat

Il existe de nombreuses solutions de prise en charge de la myopie évolutive, en lunettes, en lentilles, chirurgicalement et avec collyres pour freiner l’évolution d’une myopie.

 

Tableau 4. Propositions de prise en charge de la myopie évolutive en 2023 d’après Brennan et al. (2021) et WSPOS (2023).

 

LunettesLentillesAutres
Technologie DIMSSouple à double focusAtropine à dosage 0,05%
Technologie HALTSouple à profondeur de focus étendueAtropine à dosage 0,025%
Defocus périphériqueSouple multifocale à VL centraleAtropine à dosage 0,01%
Double-foyersOrthokératologieConseils de prévention
Double-foyers périphériques Rééducation orthoptique
Verres progressifs Renforcement scléral

 

Les études utilisées, pour ces résultats, comparent deux mesures afin de juger l’efficacité d’une méthode de freination :

 

  • – Avec la valeur moyenne ∆ du ralentissement myopique par an, par rapport à un groupe contrôle qui ne portait pas de système à freination myopique
  • – Avec le pourcentage moyen % du ralentissement myopique par an, par rapport à un groupe contrôle qui ne portait pas de système à freination myopique

Pour évaluer l’évolution de la réfraction dans le temps, il est nécessaire de comparer la valeur trouvée lors de la mesure aux corrections précédentes. On peut alors évaluer, la vitesse de progression du défaut réfractif.

The vertical position of visual information conditions spatial memory performance in healthy aging

https://www.nature.com/articles/s44271-023-00002-3.pdf?pdf=button%20sticky

 

The vertical position of visual information conditions spatial memory performance in healthy aging

 

Abstract

Memory for objects and their location is a cornerstone of adequate cognitive functioning across the lifespan. Considering that human visual perception depends on the position of stimuli within the visual field, we posit that the position of objects in the environment may be a determinant aspect of mnemonic performance. In this study, a population of 25 young and 20 older adults completed a source-monitoring task with objects presented in the upper or lower visual field. Using standard Pr and multinomial processing tree analyses, we revealed that although familiarity-based item memory remained intact in older age, spatial memory was impaired for objects presented in the upper visual field. Spatial memory in aging is conditioned by the vertical position of information. These findings raise questions about the view that age-related spatial mnemonic deficits are attributable to associative dysfunctions and suggest that they could also originate from the altered encoding of object attributes.

Un outil du gouvernement pour le repérage des TDN

https://www.tndtest.com/

Repérer un développement inhabituel chez les enfants

REPÉRER POUR INTERVENIR PRÉCOCEMENT

Le repérage des troubles du neuro-développement (TND) est une priorité d’action pour les pouvoirs publics car des interventions adaptées, mises en oeuvre le plus précocement possible, permettent de modifier favorablement la trajectoire développementale des enfants.

Vous recevez en consultation un enfant de 0 à 7 ans. Sa famille exprime des inquiétudes quant à son développement, ou vous identifiez des difficultés qui vous préoccupent. Pour vous aider dans l’évaluation de la situation, vous disposez désormais dans les pages suivantes d’une grille de repérage de ces écarts inhabituels de développement.

Tout médecin, notamment les médecins généralistes, pédiatres, médecins des services de protection maternelle et infantile, médecins scolaires, recevant l’enfant en première intention, peut utiliser cet outil dans le cadre de la consultation où les difficultés sont abordées ou repérées. Les médecins généralistes et pédiatres peuvent également l’utiliser dans le cadre d’une consultation dédiée, suivant la tarification des consultations complexes désormais proposée par l’Assurance maladie.

Cette grille s’insère dans un dispositif complet qui permet d’engager – sans attendre la stabilisation d’un diagnostic – l’intervention coordonnée de professionnels. Une plateforme de coordination et d’orientation est créée dans chaque territoire pour assurer l’intervention rapide de professionnels dans le respect des recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé. Ces interventions doivent permettre soit de lever le doute, soit d’établir un diagnostic.

La grille de repérage consiste à porter l’attention sur des points clés du développement global de l’enfant. Elle est composée de plusieurs pages : deux pages avec des indicateurs quel que soit l’âge de l’enfant, six pages de signes d’alerte en fonction de l’âge et un formulaire d’adressage vers la plateforme. Assez rapide à renseigner, la grille doit cependant être utilisée dans un dialogue avec la famille, notamment pour les éléments qui ne peuvent être observés lors de la consultation et que seule la famille connaît.

L’orientation vers la plateforme doit être proposée lorsque plusieurs signes d’alerte sont repérés. Elle doit être l’occasion de proposer aux familles un parcours de soins sécurisé et fluide, tout en leur garantissant sa prise en charge financière.

Une fois renseigné par le médecin, ce document est à transmettre à la plateforme ainsi qu’à la famille. Rendez-vous sur www.handicap.gouv.fr/plateformes-tnd pour trouver l’adresse de la plateforme dans votre département.

Catégorisation des signes d’alerte

Ils sont regroupés selon l’âge en 4 ou 5 domaines de développement :

  • Motricité globale, contrôle postural et locomotion ;
  • Motricité fine ;
  • Langage ;
  • Socialisation ;
  • Cognition (à partir de 4 ans).

et 2 dimensions pertinentes quel que soit l’âge :

  • Facteurs de haut risque de TND ;
  • Comportements instinctuels, sensoriels et émotionnels particuliers.

Ces deux dimensions sont essentielles à renseigner pour éclairer les plateformes sur le fonctionnement de l’enfant.

Toute inquiétude des parents concernant le développement de leur enfant, notamment en matière de communication sociale et de langage, est à prendre en considération.

Critères d’orientation vers la plateforme

Pour la tranche 0 à 3 ans :

  • 2 signes dans au moins 2 des 4 domaines de développement ;

Pour la tranche 4 à 6 ans :

  • 3 signes dans au moins 2 des 5 domaines de développement ;

Le médecin doit renseigner les quatre parties de ce document : facteurs de haut risque, comportements particuliers, signes d’alerte en fonction de l’âge et formulaire d’adressage.

Pour la tranche 3 à 6 ans, il est important de bien prendre en compte les signes repérés par l’enseignant et signalés aux parents. En cas de difficulté à renseigner certains items, prendre contact avec la médecine scolaire, en accord avec les parents.

Le repérage d’un signe uniquement dans l’une des deux dimensions (haut risque ou comportements particuliers) ne constitue pas un motif d’orientation vers la plateforme, quel que soit l’âge.

PRÉCAUTIONS

  • Pour l’ensemble de ces quatre ou cinq domaines, quel que soit l’âge, une régression doit être considérée comme un signe d’alerte majeur et justifie d’orienter vers une plateforme.
  • Pour l’enfant né prématuré, prendre en compte l’âge corrigé avant deux ans (mais ne pas considérer a priori la prématurité comme seule explication au décalage de développement).
  • Les comportements instinctuels, sensoriels et émotionnels particuliers ne sont pas rattachés à un âge donné et ont été regroupés comme des marqueurs associés aux TND, dont la sévérité ou le caractère durable attirent l’attention des parents et des professionnels. Aucun de ces signes pris de façon isolée n’a de valeur prédictive.
  • Les examens obligatoires du 4e mois et 9e mois, figurant dans le carnet de santé, restent très utiles mais certains items cités ne sont pas discriminants à ces âges et nécessitent une certaine prudence. En cas de doute à ces âges, prévoir une consultation dédiée à 6 et/ou 12 mois. Lors de la consultation du 9e mois, il convient de renseigner le carnet de santé et de vérifier que l’enfant a acquis l’ensemble des items prévus dans la grille des signes d’alerte de 6 mois.
  • Les âges retenus pour la description d’une compétence sont ceux auxquels l’absence de cette compétence est inhabituelle, c’est-à-dire normalement acquise par au moins 90 % des enfants (>90e centile).
  • Il faut comprendre que « à 6 mois » veut dire à la fin du 6e mois et donc à l’anniversaire des 6 mois et que « à 4 ans » correspond à la fin de la 4e année de vie, donc à l’anniversaire des 4 ans, et ainsi pour toutes les autres indications d’âge.
  • Si l’un des items de l’âge concerné n’est pas coché, merci de préciser, en commentaire libre, s’il n’a pas été évalué (pour des raisons techniques) ou s’il était non évaluable du fait du comportement de l’enfant.
  • Il faut être particulièrement attentif aux facteurs de haut risque de TND et aux comportements particuliers (instinctuels, sensoriels et émotionnels) afin de permettre aux professionnels de la plateforme de proposer la meilleure organisation du parcours de bilan et d’intervention précoce. Il convient de recourir à l’outil M-Chat en cas de suspicion clinique de trouble du spectre de l’autisme.

TOUT SUR LA DYSPRAXIE VISUO-SPATIALE

TOUT SUR LA DYSPRAXIE VISUO-SPATIALE

dyspraxie visuo spatialePour rappel, la dyspraxie est une pathologie de la planification, de la conception, de l’organisation et de l’exécution de gestes, d’où son appellation « la maladresse pathologique ». L’enfant qui en souffre présente une déficience au niveau de l’automatisation gestuelle si bien que chaque action précise comme écrire, se brosser les dents ou s’habiller, demeure une succession de mouvements que l’on exécute progressivement, donc très lentement et encore, maladroitement.

La dyspraxie est souvent développementale, c’est-à-dire qu’elle ne remet en cause :

  • Ni l’état mental de l’enfant (aucun problème psychologique ou psychiatrique) ;
  • Ni son intelligence (aucune déficience intellectuelle) ;
  • Ni sa santé physique (aucun handicap moteur au niveau des membres supérieurs).

On distingue, par ailleurs, plusieurs formes de dyspraxie :

  • La dyspraxie visuo-spatiale ;
  • La dyspraxie visuo-constructive ;
  • La dyspraxie idéomotrice ;
  • La dyspraxie idéatoire ;
  • La dyspraxie orofaciale ;
  • La dyspraxie de l’habillage.

Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir tout ce qu’il y a à savoir sur la dyspraxie visuo-spatiale !

Qu’est-ce que la dyspraxie visuo-spatiale ?

La dyspraxie visuo-spatiale est la forme la plus fréquente de trouble dyspraxique. Comme son nom l’indique, en plus de la déficience gestuelle pathologique, elle est associée à :

  • Un trouble au niveau visuel, se caractérisant par un défaut de coordination visuo-motrice ;
  • Un trouble spatial, se caractérisant par des difficultés à comprendre et à analyser la notion d’espace.

Dyspraxie et pathologie du regard

La stratégie du regard devient normalement automatique, au fur et à mesure de l’apprentissage de la lecture en classe préscolaire. On parle de dyspraxie visuelle lorsque l’automatisme n’est jamais acquis, et ce, à cause d’une mauvaise organisation du mouvement des globes oculaires, un dysfonctionnement de l’exploration visuelle et du calibrage des saccades.

Ce qui a pour conséquence, une incapacité à :

  • Fixer un objet précis ;
  • Suivre un objet précis du regard ;
  • Explorer une scène visuelle et repérer un objet précis ;
  • Sélectionner et saisir une information précise dans un océan d’informations.

Dyspraxie et trouble de l’orientation dans l’espace

La notion d’espace s’acquiert à partir des données visuelles concernant l’environnement qui entoure l’enfant. Une défaillance au niveau du regard entraîne donc forcément des difficultés à s’orienter dans l’espace. On remarque ainsi chez les enfants souffrants de dyspraxie visuo-spatiale de grandes difficultés à :

  • Situer un objet par rapport à sa position ;
  • Situer un objet par rapport aux autres objets.

Si votre enfant est dyspraxique, il se peut donc qu’il ne sache pas la différence entre la gauche et la droite, ne comprenne pas les obliques, etc.

Comment reconnaître une dyspraxie visuo-spatiale ?

Les dyspraxiques sont généralement des enfants vifs qui raisonnent de manière très logique et font même parfois preuve d’une intelligence rare par rapport aux autres. Ils sont très à l’aise à l’oral et semblent même très prometteurs, ce qui rend la pratique entre la théorie et la pratique encore plus déroutante.

Les symptômes de la dyspraxie visuo-spatiale à la maison

dyspraxie verbale développementaleBien qu’il ne semble pas avoir de problèmes en particulier, contrairement aux autres enfants, le dyspraxique ne s’intéresse pas à toute activité qui implique des gestes précis. Alors qu’il est en âge d’explorer, de tâter, d’expérimenter et d’assouvir sa curiosité pour tout et n’importe quoi, lui ne semble pas beaucoup s’ouvrir à d’autres horizons :

  • Il refuse de jouer avec les cubes que vous lui avez offerts, il ne les touche même pas ;
  • Il ne joue pas aux puzzles que vous lui avez achetés et qui correspondent pourtant à son âge ;
  • Il n’est pas doué avec les jeux d’assemblages, les briques, les légos… et bien moins avec le ballon ou le vélo ;
  • Il mange très mal, il met des miettes partout, ne sait pas se servir de la fourchette, n’arrive pas à couper sa viande…
  • Il ne sait pas s’habiller tout seul, n’arrive pas à lacer ses chaussures, est incapable de boutonner sa chemise, etc.

Les symptômes de la dyspraxie visuo-spatiale en classe

La dyspraxie visuo-spatiale se remarque dès les premières années scolaires, car ses conséquences passent rarement inaperçues dans certaines matières : l’écriture, l’orthographe, les calculs, etc.

L’écriture

L’écriture manque de fluidité et la production écrite est souvent illisible, malhabile et maladroite. Les lettres ne sont jamais correctement écrites et les copies suivent rarement les lignes. La présentation du cahier est ainsi catastrophique : les mots n’ont pas la même taille, les textes sont mal organisés, les schémas ne veulent strictement rien dire, il y a des ratures partout…

La calligraphie prend, par ailleurs, beaucoup de temps si bien que les autres parties de l’apprentissage, telles que l’écoute et la compréhension, sont souvent négligées.

La lecture

Tous les enfants dyspraxiques ne rencontrent pas forcément de troubles de la lecture. Seuls ceux souffrant d’une dyspraxie visuo-spatiale en rencontre étant donné leur incapacité à développer et à adopter une bonne stratégie du regard.

Dans quel cas, la lecture est souvent hachée, l’enfant peut sauter des lettres, des mots, des phrases voire des lignes en entier.

Le calcul

L’absence de notion de représentation spatiale rend très difficile l’alignement des chiffres d’où les difficultés sévères en calcul, en géométrie, en réalisation de graphique, mais aussi en lecture de carte, de tableau et de plan.

Il se caractérise par ailleurs par une très mauvaise organisation de son cartable et de ses affaires.

Comment prendre en charge la dyspraxie visuo-spatiale ?

Dès lors que les mesures de remédiation prises ne donnent aucun résultat, il est indispensable de se tourner vers le psychologue scolaire pour poser un diagnostic. À noter que la dyspraxie peut être repérée très tôt, dès la maternelle. Prévoyez également un rendez-vous avec le neuropsychologique pour un bilan complet.

Une fois que le diagnostic est confirmé, il faut songer à la rééducation orthoptique pour commencer, et faire appel à un spécialiste en psychomotricité ou à un ergothérapeute pour une prise en charge plus globale.

Les adaptations nécessaires

En plus des rééducations proposées par les divers spécialistes, pour une prise en charge complète et efficace, il est indispensable de mettre en place des aménagements ainsi que des mesures d’adaptation afin d’alléger les symptômes de la DVS ou de les contourner. Ces adaptations sont à faire aussi bien à la maison qu’à l’école et concernent :

  • Les devoirs ;
  • La présentation des copies ;
  • L’adoption de stratégies valorisant les compétences de l’enfant ;
  • La répartition et le découpage séquentiel des activités.

Ce qu’il faut faire pour aider l’enfant dyspraxique en classe

aménagements dyspraxieQu’il s’agisse de leçons ou de devoirs, pour améliorer le rendement de l’enfant souffrant de dyspraxie visuo-spatiale, il est recommandé :

  • D’utiliser des cahiers aux lignes larges ;
  • De privilégier la verbalisation à la place des illustrations ;
  • De privilégier les activités orales par rapport aux activités écrites : à la place de la dictée, demandez-lui plutôt d’épeler ;
  • De respecter son besoin de parler en travaillant : au lieu de lui demander de se taire, encouragez-le à chuchoter afin de ne pas déranger son entourage.

Ce qu’il ne faut pas faire

Pour aider l’enfant dyspraxique, voici ce que vous ne devez pas faire :

  • Ignorer le trouble, ne surtout pas penser qu’il disparaîtra au fil du temps ;
  • Rappeler constamment à l’enfant sa différence, ses fautes et ses imperfections ;
  • Lui rappeler constamment ses échecs répétés ;
  • L’obliger à faire quelque chose qu’il est sans doute incapable de faire.

Source dyspositif

Alcoolisation fœtale : un impact sur la rétine qui pourrait faciliter le diagnostic précoce

Le dépistage des troubles causés par une exposition in utero à l’alcool reposera-t-il un jour sur un simple examen du fond d’œil des nouveau-nés ? À Rouen, une équipe Inserm vient en effet de montrer, chez la souris, que les anomalies neurovasculaires et neuronales provoquées par l’alcoolisation fœtale se retrouvent au niveau de la rétine.

La consommation d’alcool pendant la grossesse altère le développement cérébral du fœtus. Des anomalies sont observées au niveau des neurones et des vaisseaux sanguins du cerveau. Dans les cas les plus sévères, les enfants naissent avec un syndrome d’alcoolisation fœtale caractérisé par une malformation du crâne et du visage, un handicap mental ou encore des atteintes de différents organes. Dans cette situation, le diagnostic est relativement aisé à poser. En revanche, les cas modérés sont difficiles à repérer. Les enfants présentent le plus souvent des troubles cognitifs et comportementaux qui se manifestent par des difficultés d’apprentissage, de concentration, de mémorisation ou encore par une grande agitation. Mais ces signes ne sont généralement repérés qu’à l’entrée en primaire. Dès lors, le lien avec l’exposition in utero à l’alcool ne peut être que difficilement (voire pas du tout) établi.

Pourtant, diagnostiquer précocement des troubles d’alcoolisation fœtale permettrait de mettre plus précocement en place un accompagnement adapté pour en modérer les manifestations. Dans ce but, le projet porté par Carole Brasse-Lagnel au sein de l’équipe de Bruno Gonzalez, directeur de recherche Inserm, dans l’unité de recherche Génomique du cancer et du cerveau à Rouen, est destiné à identifier des marqueurs biologiques associés à ces troubles. Les chercheurs se sont en particulier demandé si les altérations vasculaires qui surviennent dans le cerveau pouvaient être retrouvées au niveau de la rétine. Cette piste est particulièrement intéressante compte tenu du fait que les vaisseaux rétiniens peuvent être observés de façon non invasive dès la naissance, par un simple examen du fond d’œil.

Perturbation du réseau microvasculaire 

Pour étudier l’impact de l’exposition à l’alcool sur le développement vasculaire de la rétine, l’équipe a travaillé chez la souris. Des femelles en gestation ont reçu plusieurs jours de suite une dose d’alcool suffisante pour les plonger en état d’ivresse, puis les rétines de leurs souriceaux ont été étudiées ex vivo à différents moments, entre 0 et 15 jours après leur naissance. En effet, « Contrairement à la rétine humaine, celle des souris se développe après la naissance, de sorte que dans notre modèle ce processus n’est pas concomitant à l’exposition à l’alcool. Mais c’est aussi souvent ce qui se passe chez l’humain : les femmes boivent de l’alcool tant qu’elles ne se savent pas enceintes et arrêtent ensuite, alors que la rétine de l’embryon n’est pas encore formée », explique Carole Brasse-Lagnel.

L’observation des rétines des souriceaux a montré une altération des plus petits vaisseaux. « En cas d’exposition fœtale à l’alcool, le réseau microvasculaire est y moins dense et désorganisé », précise la chercheuse. En outre, l’équipe a constaté un déficit en neurones à calrétinine, des cellules qui participent à la transmission du signal visuel vers le cortex. « Ce déficit pourrait s’expliquer par les anomalies vasculaires car nous montrons que ces neurones migrent le long des vaisseaux. Il pourrait aussi contribuer aux troubles de la vision fréquemment retrouvés chez les enfants exposés in utero à l’alcool », estime Carole Brasse-Lagnel.

L’objectif de l’équipe est maintenant d’évaluer si l’observation des anomalies du réseau microvasculaire in vivo, par fond d’œil à la naissance, permet d’établir une corrélation fonctionnelle avec l’apparition des troubles de l’alcoolisation fœtale. Pour cela l’équipe s’est dotée d’un appareil qui permet d’effectuer cet examen chez les souriceaux et a établi une collaboration avec l’équipe de Serge Picaud, directeur de recherche Inserm à l’Institut de la Vision. « Nous espérons identifier une caractéristique du réseau microvasculaire observable par ce simple examen et associée à l’exposition à l’alcool in utero. Si nous y parvenons et que les résultats sont transférables chez l’Homme, il sera possible d’effectuer un dépistage précoce des enfants à risque de troubles neurodéveloppementaux afin de mettre en place un suivi précoce », espère-t-elle.


Carole Brasse-Lagnel est chercheuse dans l’équipe Epigenetics and Pathophysiology of Neurodevelopmental Disorders, dans l’unité Cancer and Brain Genomics (Unité 1245 Inserm/Université de Rouen-Normandie), à Rouen.

Ces travaux s’inscrivent dans le Groupement d’intérêt scientifique Autisme et troubles du neurodéveloppement dont l’équipe fait partie.


Source : M. Dumanoir et coll. In Utero Alcohol Exposure Impairs Retinal Angiogenesis and the Microvessel-Associated Positioning of Calretinin Interneurons. eNeuro, édition en ligne du 26 avril 2023 ; doi : 10.1523/ENEURO.0295–22.2022

Luciole, une nouvelle police pour les malvoyants

Luciole, une nouvelle police pour les malvoyants

La basse vision ffecte la capacité de lire et peut constituer un obstacle majeur à la réussite scolaire et à l’insertion en milieu du travail.Nous avons conçu une nouvelle police (Luciole) pour améliorer la lisibilité et le confort des personnes malvoyantes. Dans cette étude, nous analysons l’effet du type de police sur la lisibilité. Luciole a été comparée à cinq autres polices (Arial, OpenDyslexic, Verdana, Eido et Frutiger) auprès de 145 lecteurs français (73 malvoyants et 72 voyants normaux), âgés de 6 à 35 ans et répartis en quatre groupes d’expertise en lecture. Les participants ont effectué deux tâches, lisant d’abord des textes sur papier, puis lisant de faux mots à l’écran en utilisant le suivi oculaire. Environ la moitié des participants malvoyants avaient une préférence subjective pour Luciole lors de la lecture sur papier et sur écran ; une préférence plus faible est notée pour les participants ayant une vision normale. D’autres critères de lisibilité montrent un léger avantage de la police Luciole sur certaines polices (par exemple, Eido et OpenDyslexic) dans les deux groupes.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0001691823001026

Révolutionner les tests optométriques avec l’eye tracking

Révolutionner les tests optométriques avec l’eye tracking

L’Université de Saragosse en Espagne abrite un groupe de recherche pionnier dirigé par le Dr Ana Sanchez-Cano et le Dr Elvira Orduna-Hospital, spécialisé dans la vision binoculaire, la thérapie visuelle et la réadaptation. Ces scientifiques fusionnent des concepts de physique avec des approches optiques et optométriques tout en appliquant leurs découvertes pratiquement en milieu clinique. Leurs dernières recherches portent sur les applications de suivi oculaire dans le domaine de l’optométrie et de l’ophtalmologie. À l’aide de Tobii Pro Fusion, l’équipe a validé deux tests optométriques basés sur le suivi oculaire.

Au cours des 50 dernières années, des tests optométriques ont été effectués par des examinateurs humains, donnant souvent des résultats peu fiables en raison d’erreurs et d’une qualité d’interaction variable entre l’examinateur et le patient. Le groupe de recherche dirigé par le Dr Ana Sanchez-Cano et le Dr Orduna-Hospital a défié les méthodes d’optométrie traditionnelles en introduisant le suivi oculaire comme moyen objectif d’effectuer des tests optométriques. Leur objectif est de normaliser les mesures des tests optométriques et d’augmenter la reproductibilité des données lorsqu’elles sont effectuées par différents examinateurs.

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JT de l’ophtalmologie :TROUBLES NEUROVISUELS: Une journée pour y voir plus clair!

TROUBLES NEUROVISUELS:
Une journée pour y voir plus clair!

L’association « Les yeux dans la tête » s’est donné pour mission d’améliorer l’information et la formation des professionnels de santé concernant les troubles neurovisuels.
Comme le souligne Sylvie Chokron (Neuropsychologue – Directrice de Recherches au CNRS – Centre national de la recherche scientifique), les troubles de la cognition visuelle touchent environ 30% des personnes ayant fait un AVC et une grande partie des enfants nés dans un contexte de vulnérabilité (prématurité, détresse respiratoire, AVC néo-natal…).
Pour en savoir plus, participez à la première journée nationale sur les troubles neurovisuels, organisée le 16 juin à Paris, par l’Association Les Yeux dans la Tête

Également au sommaire de ce JT :

Constance Zinutti, Présidente de la Fédération Française des Etudiants en Orthoptie – FFEO, détaille au micro de Martin Durousseaud, les facteurs qui boostent l’attractivité du métier d’orthoptiste. Elle souligne l’importance de la primo-prescription et les nouvelles opportunités offertes par la technologie.

Trucs et astuces en ophtalmologie
Dans ce numéro, Philippe Gardon consacre sa rubrique au cylindre croisé par retournement

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Les chutes liées aux troubles de la vision chez les personnes âgées

Les chutes liées aux troubles de la vision chez les personnes âgées

Comme l’indique l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS), les chutes représentent la deuxième cause de décès accidentel chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Ces dernières comptabilisent plus de 2 millions de chutes chaque année dans le monde. Saviez-vous que bon nombre de ces incidents s’expliquent notamment par une altération de la vue ? Voici de plus amples informations sur les chutes liées aux troubles de la vision chez les personnes âgées et sur les différents moyens de les prévenir.

malvoyant

La déficience visuelle, à l’origine d’un risque de chute augmenté

Pour se déplacer en toute sécurité, notre organisme a recours a plusieurs fonctions visuelles indispensables : la vision binoculaire et périphérique, l’adaptation à l’obscurité ou à la lumière forte, la sensibilité au contraste, ou encore, la perception de la profondeur.

Lorsque nous vieillissons, ces différentes fonctions visuelles ont tendance à s’altérer. Ceci se traduit par une diminution de l’acuité visuelle, une réduction du champ visuel, des éblouissements fréquents, des difficultés pour visualiser les nuances de couleurs, pour s’adapter à un environnement sombre… Avec de telles altérations, le risque de chute augmente considérablement. Les personnes âgées qui présentent un déficit visuel sont effectivement 1,5 à 2 fois plus à risque de tomber, comparativement aux seniors dotés d’une bonne vue.

Certaines pathologies oculaires liées à l’âge sont connues pour accroître le risque de chute :

– la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ;

– la rétinopathie diabétique ;

– le glaucome ;

– ainsi que la cataracte.

Ces maladies oculaires peuvent toucher les éléments suivants et donc accroître le risque de chutes : équilibre, perception motrice, temps de réaction, attention visuelle.

Parce qu’elles redoutent les chutes, certaines personnes âgées présentant des troubles de la vision préfèrent réduire leurs déplacements et ne plus pratiquer d’activité physique. En réagissant ainsi, elles se privent des bienfaits du mouvement et risquent de s’isoler. Il est pourtant possible d’éviter ces écueils en appliquant quelques mesures préventives.

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Prévenir les chutes liées aux troubles de la vision chez les personnes âgées

Nous vous recommandons tout d’abord de faire contrôler votre vue par un professionnel une fois par an. Une fois détectés, de nombreux troubles de la vision peuvent être corrigés ! Diverses solutions existent : ne vous persuadez pas que le problème que vous rencontrez est inéluctable. Si vous portez des lunettes, pensez aussi à consulter régulièrement afin de vérifier que vos verres correspondent à votre vue. N’hésitez pas à demander à votre ophtalmologue si des séances d’orthoptie pourraient s’avérer utiles.

Nous vous conseillons également de faire le point sur la sécurité de votre logement. Est-ce qu’il dispose d’un bon éclairage à l’intérieur et à l’extérieur ? Est-il agencé de manière à faciliter vos déplacements ? Avez-vous pensé à ranger correctement vos affaires pour éviter de trébucher ?

Enfin, il est important de rester actif afin de préserver vos capacités motrices (équilibre, force musculaire et marche).

Les chutes qui surviennent chez les personnes âgées atteintes de troubles de la vision résultent souvent d’une combinaison de facteurs : une maladie chronique, une fonte musculaire, des troubles de l’équilibre, un traitement médicamenteux qui induit des effets secondaires… Pour prévenir efficacement les chutes, il vous faudra évaluer votre situation de manière globale, à l’aide des professionnels de santé qui vous entourent.

N’hésitez pas à consulter un opticien Un Dixième+. Expert en basse vision, ils seront vous conseiller sur les solutions les plus adaptées à votre trouble visuel.

Les personnes âgées s’orientent aussi bien que les jeunes

 

Publication Angelo eLife WEB AdobeStock

Une équipe de recherche de l’Institut de la Vision dirigée par Angelo Arleo, directeur de recherche CNRS, en collaboration avec la société Streetlab, a mis en évidence que les personnes âgées sont tout à fait capables de s’orienter dans l’espace et de résoudre des tâches de navigation complexes, pourvu qu’elles puissent avoir accès à des informations visuelles les renseignant sur la géométrie de l’environnement. Publiés dans la revue eLife le 13 mars 2023, ces résultats pourraient permettre de repenser le design urbain et architectural afin de favoriser la mobilité des personnes âgées et le maintien de leur autonomie.

Cognition spatiale : un lien entre vieillissement visuel et autonomie
La cognition spatiale constitue une fonction fondamentale de notre vie quotidienne et la difficulté à s’orienter dans l’espace est une cause majeure de perte d’autonomie chez la personne âgée. La fréquence des déplacements se réduit inévitablement et l’espace de mobilité a tendance à se rétrécir. En résulte l’amorce d’un processus d’isolement social et de dépendance. La capacité à s’orienter et à naviguer dans l’espace implique une multiplicité de processus sensoriels et cognitifs, tous affectés par le vieillissement. Ceci commence par la capacité d’extraire et de traiter les informations visuelles concernant les repères de l’environnement, jusqu’à la mémorisation de cartes mentales et leur utilisation lors de la mise en place de stratégies de navigation.

Les études sur le vieillissement de la cognition spatiale chez l’homme ont toujours montré que l’avancée en âge est synonyme d’incapacité à résoudre des tâches de navigation complexes. Selon l’hypothèse la plus répondue, la « navigation allocentrique », basée sur la mémorisation des relations spatiales entre les repères de l’environnement (c.-à.d., d’une carte mentale de l’espace), laisserait progressivement place à la « navigation égocentrique », reposant sur la mémorisation d’actions centrées sur soi-même (je tourne à ma gauche, puis à ma droite etc.). Fortement dépendante du point de départ, la navigation égocentrique présente de grandes limites, par exemple en cas de bouleversement de l’itinéraire (route bloquée).

La géométrie de l’espace est essentielle pour la cognition spatiale des personnes âgées
Pour la première fois, les données obtenues par l’équipe Vieillissement Visuel et Action de l’Institut de la Vision remettent en cause l’hypothèse selon laquelle les personnes âgées perdraient la capacité de navigation allocentrique. L’étude révèle notamment qu’en présence d’informations géométriques pertinentes, telles qu’une asymétrie dans la forme de l’environnement, des personnes âgées réussissent aussi bien que des jeunes adultes à se réorienter et à naviguer vers un but dans une tâche de navigation complexe. Pendant une phase d’apprentissage, les participants ont pu mémoriser la trajectoire vers un but à partir toujours de la même position de départ. Ensuite, pendant une phase de test, la position de départ a été changée à l’insu des participants. Les navigateurs âgés ont utilisé efficacement la géométrie de l’espace afin de s’orienter (indépendamment de la position de départ) et de planifier une nouvelle trajectoire vers l’emplacement but, révélant donc l’utilisation d’une stratégie allocentrique.

Schema publi Angelo

Importance des paradigmes écologiques pour l’étude de la cognition spatiale
Ces résultats ont été obtenus à l’aide d’un paradigme « écologique », c’est-à-dire reproduisant des conditions proches de la réalité. Cette méthodologie s’oppose à la quasi-totalité des études précédentes, qui utilisaient des protocoles devant écran d’ordinateur, ne rendant pas possible l’intégration de toutes les informations multisensorielles et motrices à l’œuvre lors d’un déplacement en conditions réelles. La mise en place d’un paradigme écologique a été rendue possible par l’utilisation de la plateforme Streetlab, dans laquelle un labyrinthe grandeur nature a pu être construit. Cet environnement a permis d’analyser le comportement naturel ainsi que les mouvements oculaires des participants à l’étude, grâce à des capteurs de mouvement et à un oculomètre. L’analyse de ces données biométriques a permis d’objectiver comment le vieillissement sain façonne la dynamique du focus d’attention visuelle, de la posture et de la locomotion des participants pendant les phases d’apprentissage et de navigation dans le labyrinthe.

Vers une aide à la mobilité des personnes âgées
Au-delà de leur portée scientifique, les résultats de cette étude peuvent fournir un modus operandi pour optimiser le design urbain et les conceptions architecturales, notamment en mettant en évidence les informations concernant la disposition géométrique de l’environnement, afin de faciliter les déplacements des personnes âgées. Dans le but de valider ces résultats dans des conditions réelles, l’équipe d’Angelo Arleo vient de commencer une collaboration avec SNCF Innovation & Recherche centrée sur l’optimisation des supports d’information et des services de mobilité pour rendre les espaces publics (tels qu’une gare) plus « lisibles » et donc plus accessibles, facilitant l’orientation spatiale et le maintien de l’autonomie des usagers âgés.

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Référence :

Landmark-based spatial navigation across the human lifespan

Marcia Bécu, Denis Sheynikhovich, Stephen Ramanoël, Guillaume Tatur, Anthony Ozier-Lafontaine, Colas N Authié, José-Alain Sahel, Angelo Arleo. eLife, 12:e81318. DOI: 10.7554/eLife.81318

 

 

PSYCHOLOGIE SCIENTIFIQUE: Les QI hétérogènes sont-ils un facteur de risque de psychopathologie ?

source : https://ramus-meninges.fr/2023/04/17/qi_heterogenes/?fbclid=IwAR1YY90SJ3n2d0ftI2sGgYKSA5GeDOdrIp_AqGGUaUjTOAyN1wjsVSDN-AE

Dans une précédente étude basée sur la cohorte Eden (Peyre et al., 2016), nous avions montré que les enfants à haut QI de 5 ans et demi n’avaient pas plus de troubles psychologiques que les autres.

Les enfants ont grandi, et nous leur avons fait passer de nouveaux tests et questionnaires à l’âge de 11 ans et demi. Grâce à ces nouvelles données, nous avons conduit une nouvelle étude prolongeant la première dans plusieurs directions (Shevchenko et al., 2023):

  • Nous analysons les liens entre indices de QI et troubles psychologiques à 11 ans et demi, avec des échelles de psychopathologie plus complètes (non seulement le SDQ déjà utilisé à 5 ans et demi mais aussi le CBCL et le MIA).
  • Nous analysons les liens entre les écarts entre QI verbal et non-verbal et troubles psychologiques, afin de tester l’hypothèse plus spécifique selon laquelle les profils de QI hétérogènes (manifestant des écarts entre composantes verbales et non-verbales) seraient un facteur de risque pour les troubles psychologiques.
  • Plutôt que de nous focaliser sur les hauts QI, nous examinons ces relations sur l’ensemble de la distribution des scores de QI.

Revue systématique de littérature

Dans le tableau 1 p. 3-4 nous passons en revue toutes les études antérieures qui ont comparé les symptômes et troubles psychologiques entre individus à haut QI et ceux à QI normal. Ce que montre ce tableau, c’est que les études qui ont rapporté que les HQI avaient plus de symptômes psychologiques que les autres sont généralement des études basées sur des échantillons petits et biaisés (élèves HQI dans une école ou une classe spécialisée, HQI qui consultent, membres de Mensa). A l’inverse, les études qui ont identifié les HQI au sein d’une grande population ont généralement trouvé qu’ils avaient moins ou autant de symptômes. Ce constat permet de mieux comprendre les contradictions apparentes entre les études publiées.

Quels liens entre QI et troubles psychologiques ?

Comme dans nos précédentes études (Peyre et al., 2016; Williams et al., 2023), nous avons trouvé que lorsque le QI augmente, les symptômes psychologiques diminuent ou restent constants. Ils n’augmentent dans aucune de nos nombreuses analyses, que l’on considère le QI total, verbal, ou de performance, les instruments SDQ, CBCL ou MIA, et les échelles de troubles internalisés, troubles des conduites, difficultés sociales, ou TDAH.

Figure 1. Scores dans 4 échelles de symptômes de la Child Behavior Check-List (CBCL), en fonction des quintiles de scores de QI total, QI verbal, et QI de performance. N=430 enfants de 11 ans et demi, Cohorte Eden. Source : Shevchenko et al. (2023).

Dans les suppléments de l’article on peut explorer toutes les figures montrant les relations entre toutes les combinaisons d’indices de QI et d’échelles de symptômes, à 5 ans et 11 ans et demi.

Quels liens entre QI hétérogènes et troubles psychologiques ?

Nous avons analysé l’hétérogénéité des indices de QI de deux manières :

  • La différence absolue entre les indices verbaux et de performance |VIQ-PIQ|, pour tester l’hypothèse qu’un écart important, dans un sens ou dans un autre, est associé avec des symptômes psychologiques.
  • La différence relative entre les indices verbaux et de performance VIQ-PIQ, pour tester l’hypothèse qu’un écart important dans un sens donné est associé avec des symptômes psychologiques. L’hypothèse qu’on entend le plus souvent est que c’est lorsque que l’intelligence verbale est très supérieure au reste que les problèmes surviennent.

Comme le montre la figure ci-dessous, il y a une relation parfaitement plate entre les écarts d’indices de QI et les symptômes psychologiques. Même lorsqu’un indice est de 40 points supérieur à l’autreles symptômes psychologiques ne sont pas plus élevés.

Figure 2. Scores dans 4 échelles de symptômes du Strength and Difficulties Questionnaire (SDQ), en fonction des écarts absolus |VIQ-PIQ| ou relatifs (VIQ-PIQ) entre indices verbaux et non-verbaux. Deux représentations des mêmes données sont présentées. A : Scores moyens par quintiles des écarts d’indices. B et C : Diagrammes de dispersion, chaque point représentant un enfant. N=1032 enfants de 5 ans et demi, Cohorte Eden. Source : Shevchenko et al. (2023).

Conclusions

Nous avons confirmé les résultats de nos précédentes études chez des enfants français de 11 ans et demi : lorsque le QI augmente, les symptômes psychologiques n’augmentent pas. Par ailleurs, nous avons montré que l’hétérogénéité des indices de QI n’était pas non plus un facteur de risque de troubles psychologiques.

Ce dernier résultat surprendra sans doute nombre de psychologues, tant ils observent souvent des QI hétérogènes chez les enfants qui ont des troubles psychologiques ou cognitifs. Il n’y a pourtant pas de contradiction : il est vrai que les déficits cognitifs et les troubles psychologiques peuvent entrainer des baisses de performance dans certains subtests, et peuvent donc faire baisser certains indices mais pas d’autres, induisant des écarts parfois importants. Simplement, les écarts entre subtests et indices sont fréquents aussi dans la population tout-venant (Labouret, 2022; Labouret & Grégoire, 2018), sans doute plus que la plupart des psychologues ne le réalisent (ils voient beaucoup moins cette population). Par exemple, dans le WISC-V français, seuls 34,8% des sujets n’ont aucun écart significatif entre leurs indices. Il n’y a donc aucune conclusion clinique à tirer du seul fait d’observer des écarts entre indices. Une mise en lien avec les difficultés rapportées par ailleurs et d’autres outils d’évaluation restent nécessaires pour établir des symptômes cliniques et permettre de formuler des diagnostics.

Cette observation illustre le biais d’échantillonnage dont doivent se méfier les cliniciens : en ne voyant que des personnes qui ont de bonnes raisons de les consulter, ils ne voient qu’un échantillon biaisé de la population, et risquent d’en tirer une vision biaisée des relations entre performance cognitive et troubles psychologiques. Notre revue systématique de littérature a confirmé l’omniprésence de ce biais, en montrant que les études qui se basent sur un recrutement pré-sélectionné des personnes à haut QI ne donnent pas les mêmes résultats que celles qui se basent sur une population entière.

Références

Labouret, G. (2022). Tests de QI: Les écarts entre scores [Blog]. https://www.labouret.net/tests-qi/ecarts-scores/

Labouret, G., & Grégoire, J. (2018). La dispersion intra-individuelle et le profil des scores dans les QI élevés. ANAE – Approche Neuropsychologique Des Apprentissages Chez l’Enfant30, 271–279. 

Peyre, H., Ramus, F., Melchior, M., Forhan, A., Heude, B., & Gauvrit, N. (2016). Emotional, behavioral and social difficulties among high-IQ children during the preschool period: Results of the EDEN mother-child cohort. Personality and Individual Differences94, 366–371. 

Shevchenko, V., Labouret, G., Guez, A., Côté, S., Heude, B., Peyre, H., & Ramus, F. (2023). Relations between intelligence index score discrepancies and psychopathology symptoms in the EDEN mother-child birth cohort. Intelligence98, 101753. https://doi.org/10.1016/j.intell.2023.101753 

Williams, C. M., Peyre, H., Labouret, G., Fassaya, J., Guzmán García, A., Gauvrit, N., & Ramus, F. (2023). High intelligence is not associated with a greater propensity for mental health disorders. European Psychiatry66(1), e3. https://doi.org/10.1192/j.eurpsy.2022.2343 

1ère journée nationale sur les troubles neurovisuels chez l’enfant

Dans l’actualité de l’accompagnement des enfants présentant des troubles du neuro-développement, le dépistage et le suivi précoce des enfants est une priorité.

L’association Les Yeux dans la tête , portée par Sylvie Chokron, a pour principaux objectifs de faire connaître les troubles neurovisuels, les outils de dépistage de ces troubles (outils étalonnés de 3 mois à 12 ans) et de former les professionnels qui interviennent auprès des enfants.

L’association a le plaisir de vous convier à participer à la 1ère journée nationale sur les troubles neurovisuels chez l’enfant qui se tiendra le 16 juin 2023 à la Mairie du 16ème arrondissement à Paris sous le haut patronage de Claire Compagnon déléguée interministérielle à l’autisme et aux troubles du neuro-développement.

Le nombre de places étant limité, les premières personnes inscrites pourront participer à la formation en présentiel.

 

La participation à la journée de formation est également possible en distanciel : un lien vous sera envoyé pour y participer en direct.

Le tarif de la journée :

  • 70 € pour les professionnels
  • 50€ pour les étudiants (sur présentation d’un justificatif. Après réception du justificatif, vous recevrez le lien pour le règlement).

programme de la journée:

1ère journée nationale sur les troubles neurovisuels programme definitif

Ci-dessous le lien vers le formulaire d’inscription :

Webinaire Atlas basse vision et multi handicap Lundi 15 mai 19h

Chers collègues, chers ami-e-s

 

Nous poursuivons la série de webinaires du Lundi soir de 19 à 20h.

 

Le prochain Webinaire aura lieu le lundi 15 Mai 2023 à 19h, toujours sur la plateforme Zoom. 

 

Nous aborderons le sujet de la basse vision dans le cadre d’un multi handicap chez l’enfant, notamment la surdi-cécité. Nous aurons le plaisir et la chance d’accueillir de Dr Cécile Lesage de l’IJA de Toulouse qui nous parlera de la prise en charge du handicap visuel dans ces situations complexes. Dr Lequeux nous parlera des pathologies retiniennes possiblement associées à la surdité de perception, et Dr Bonifas abordera les malformations du segment antérieur associées à une atteinte de l’audition de transmission.

 

Le programme s’adresse aux ophtalmologistes, pédiatres, orthoptistes, et médecins intéressés. Je vous rappelle qu’une préinscription (gratuite) par mail est nécessaire (atlas.ophtalmo@gmail.com) et vous pouvez bien sûr en faire la publicité autour de vous.

 

Réservez votre début de soirée dès maintenant

 

Dr Dominique Thouvenin

 

D’ici là, vous pouvez aussi revisiter les webinaires passés sur notre site (http://www.asso-atlas.fr/), après inscription (gratuite ou de soutien) à notre association (toujours par mail)

Par ailleurs, vos retours (par mail à l’association) nous permettent d’évoluer, notamment sur le format des réunions, et aussi sur les sujets que vous aimeriez voir traiter.

 

Le webinaire du 17 Avril de notre association ATLAS a été un succès. Nous avons eu une mise au point très complète sur la NF1 à la lumière du PNDS publié en 2021, avec la participation du Pr Yves Chaix, et les communications des Dr Lequeux et Bonifas, qui avaient participé l’an dernier à une table ronde sur le sujet à la SFO. Nous avons autant appris sur le modèle de troubles d’apprentissage et donc de troubles neuro visuels que représente cette pathologie, que sur les éléments importants de dépistage et de suivi des complications ophtalmologiques liés aux possibles Gliomes des Voies Optiques. Pour ceux qui n’ont pu y assister, le Webinaire sera en ligne prochainement sur notre site, toujours sur inscription gratuite.

 

 

Je vous annonce par ailleurs que notre équipe a été sélectionnée pour organiser le prochain congrès commun de l’European et de l’International Strabismological Association (ESA et ISA), à Toulouse du 12 au 15 Juin 2024. Il s’agit sans aucun doute de la plus grande réunion de strabologie au niveau mondial, qui réunit 4 à 600 strabologues et orthoptistes experts du monde entier. C’est un grand honneur pour nous de les recevoir et un grand plaisir de pouvoir offrir une réunion d’une telle qualité à Toulouse. Nous allons faire en sorte d’obtenir la traduction simultanée anglais/français durant le congrès pour que tous les ophtalmologistes et orthoptistes francophones qui le souhaitent puissent assister à cet évènement exceptionnel.

 

 

Amicalement

 

Dr D Thouvenin

Les troubles neurovisuels, trop souvent méconnus

Les troubles neurovisuels, trop souvent méconnus

Sylvie Chokron est neuropsychologue, directrice de recherche au CNRS et responsable d’un service à l’hôpital Fondation Adolphe Rothschild à Paris : elle répond à nos questions sur les troubles neurovisuels.

LMDM – Ces troubles de la fonction visuelle – dit « troubles neurovisuels » – sont encore peu connus du grand public. De quoi s’agit-il ?

Sylvie Chokron : Tout le monde croit qu’on voit avec nos yeux, mais nos yeux ne voient pas : ils captent l’information. Ce qui permet de voir comme on voit -d’analyser, reconnaître, mémoriser- c’est notre cerveau. On peut être incapable de faire tout ça en ayant des yeux qui marchent très bien mais un cerveau ne tire pas partie de ce que les yeux ont pris en photo, à cause de lésions dans la zone concernée du cerveau. On peut donc être aveugle avec des yeux parfaits ! Les yeux vont donner des troubles de l’acuité visuelle, là où les atteintes cérébrales de ces régions qui gèrent la vision vont donner des troubles qu’on appelle neurovisuels. Il y a à peine 20 ans, quand j’ai connu Flora, le terme n’existait même pas ! Maintenant au moins on a un terme, et on sait, on a le recul. On peut traiter ces troubles, on peut apprendre à voir à des enfants ou adultes qui ont des troubles neurovisuels. On peut « restaurer » un chemin dans le cerveau qui va prendre en compte les informations visuelles, les traiter, les reconnaître et permettre à l’enfant d’interagir avec son environnement.

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Quel est le lien entre ces troubles de la vision et des signes autistiques chez un enfant ?

Il faut comprendre que dans le diagnostic d’autisme, l’élément qui pèse le plus lourd c’est l’absence de contact visuel. On a pris pour habitude de dire qu’un enfant qui ne regarde pas dans les yeux un adulte est un enfant qui fuit le contact, qu’il a un trouble de l’interaction. Mais on oublie que regarder quelqu’un dans les yeux est avant tout un processus visuel. Si vous ne pouvez pas contrôler vos yeux, si vous ne pouvez pas fixer, que vous ne reconnaissez pas les visages ni les émotions, il n’y a aucune raison que vous alliez regarder les yeux de quelqu’un. Donc avant de poser un diagnostic d’autisme sur un enfant qui a un trouble du contact visuel, il faut se poser la question d’un trouble neurovisuel, de manière systématique. Ce que préfère regarder le bébé, c’est un visage. S’il ne regarde pas ce visage, ce n’est pas qu’il ne veut pas. Jusqu’à 3, 4 mois, les bébés n’ont pas le contrôle de leur mouvement oculaire. Il ne peut pas le faire. Avant d’aller poser des diagnostics de troubles graves dans l’interaction comme l’autisme, ou des troubles graves du développement, il faut aller vérifier que le bébé peut utiliser son regard, c’est crucial !

Est-ce que la prise en charge des troubles neurovisuels peut faire disparaître des traits autistiques chez un enfant ou même chez un adolescent ?

Oui, et ce qui est magique avec cette prise en charge, c’est qu’il n’y a pas de limite d’âge. On a reçu des enfants grands, des ados, même des adultes qui avaient des comportements autistiques à qui on a appris à voir, et qui se sont mis à regarder les gens, à comprendre les émotions, on leur a appris à traiter les visages, interagir avec eux. Le problème de ces gens c’est qu’ils ont été diagnostiqués autistes, ils ont grandi comme des autistes mais ne l’étaient pas. Du moment où va leur réapprendre à voir, on va rétablir l’interaction. C’est une révolution pour les parents. Il faut comprendre que la vision est le socle des apprentissages et des interactions. Quand vous ne comprenez pas ce que vous voyez, que vous ne pouvez pas utiliser votre vision, que vous avez un sens que vous n’utilisez pas car vous ne comprenez pas à quoi il sert, vous ne pouvez pas apprendre à lire, écrire,  compter, faire des gestes etc. Un enfant qui a des troubles neurovisuels est susceptible d’être diagnostiqué soit autiste, soit dys ou multidys.

Est-ce que tous les troubles dys peuvent être guéris grâce à votre prise en charge ?

J’ai l’habitude d’expliquer aux parents que c’est comme les joueurs de loto. Tous les gens qui gagnent ont joué, mais tous ceux qui jouent ne gagneront pas. Pour les troubles autistiques et dys, c’est la même chose. Tous ceux qui ont des troubles autistiques ou de dys, peuvent avoir des troubles neurovisuels mais ce n’est pas le cas de tous les enfants. Par contre, même quand les autistes ou dys n’ont pas véritablement de troubles neurovisuels ils ont souvent des particularités -les autistes sont très attirés par la lumière, les objets qui tournent. Donc je pense que cela vaut le coup, de manière systématique, quand un enfant ne se développe pas comme il devrait, que ce soit des troubles des apprentissages ou de l’interaction, il faut en premier lieu vérifier non pas uniquement l’acuité visuelle mais ce qu’on appelle la fonction visuelle, la façon dont il utilise sa vision, en amont du diagnostic.

La rédaction de La Maison des Maternelles

Thérapie visuelle des dysfonctionnements de la vision binoculaire : Quels outils ?à notre disposition ?

Thérapie visuelle des dysfonctionnements de la vision binoculaire :

Quels outils à notre disposition ?

Isabelle GUICHARD

Diplôme d’expert en thérapie visuelle

SAERA

Date de remise : 27/02/2023

[L’auteur de cet article déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.]

Résumé

Rééducation orthoptique, thérapie visuelle, entraînement visio-moteur, des termes différents
pour une même finalité, améliorer la fonction visuelle que cela soit une dysfonction
monoculaire, d’organisation des 2 yeux ou encore dans la mise en œuvre de la vision dans
l’activité. Cet article traite des méthodes et outils utilisables dans la prise en charge des
troubles non tropique de la vision binoculaire. Les exemples cités n’ont pas vocation à être
une liste exhaustive.

Mots clés : Vision binoculaire, Amplitude de fusion, Déséquilibre binoculaire,
Accommodation, Orientation du regard, Rééducation orthoptique, Thérapie visuelle,
Entraînement visuo-moteur, Matériels.

 

I GUICHARD THERAPIE VIS