Archives

La Revue de l’Association européenne pour la recherche sur l’apprentissage et l’instruction (EARLI)

En tant que revue internationale, multidisciplinaire et à comité de lecture, Learning and Instruction fournit une plate-forme pour la publication des recherches scientifiques les plus avancées dans les domaines de l’apprentissage , du développement , de l’ instruction et de l’enseignement .. La revue accueille des enquêtes empiriques originales. Les articles peuvent représenter une variété de perspectives théoriques et différentes approches méthodologiques. Ils peuvent se référer à n’importe quel niveau d’âge, des nourrissons aux adultes et à une diversité de contextes d’apprentissage et d’enseignement, des expériences en laboratoire aux études sur le terrain. Les principaux critères d’examen et de sélection concernent l’importance de la contribution au domaine de l’apprentissage et de l’enseignement et la rigueur de l’étude.

Voici un article du Tome 82 :

https://mycore.core-cloud.net/index.php/s/mwqci9DLxhyjSEW?fbclid=IwAR3QWlq5acBaKC0xr4ilXpdEBEOI17-lYRoE4gcjCcrPWBAYRW0ylEftYRg#pdfviewer

 

Retrouvez la revue sur le site d’elsevier masson ICI

Association ATLAS: Les Webinaires

Retrouvez en vidéo les webinaires ATLAS (30 à 40 mn par sujet).

  • Urgences Ophtalmo-pédiatrique
  • Traumatologie ophtalmo-pédiatrique
  • Strabisme convergent aigu du nourrisson et de l’enfant
  • Mouvements oculaires anormaux chez le nourrisson
  • Classification et physiopathologie des strabismes convergents
  • Esotropies Accommodatives
  • Esotropies Précoces
  • Classification et physiopathologie des strabismes convergents
  • OCT pour l’enfant
  • OCT Maculaire chez l’enfant
  • OCT Papillaire chez l’enfant
  • Nystagmus : examens Cliniques
  • Nystagmus : examens Complémentaires
  • Nystagmus : traitement médical et chirurgical
  • Cataractes congénitales
  • Prise en charge de la myopie évolutive de l’enfant
  • Prévention de l’amblyopie
  • Le dépistage des troubles visuels à l’ère des photoscreeners
  • Urgences en Ophtalmopédiatrie
  • Amblyopie : de la prévention au traitement

[ASNAV]Du 13 au 22 octobre: Les journées de la Vision

Cette année encore, 4 000 opticiens et des orthoptistes, partenaires de l’AsnaV donnent rendez-vous aux Français pour vérifier gratuitement leur vue. Du jeudi 13 au samedi 22 octobre, l’ensemble de la population adulte, en particulier tous ceux qui déclarent n’avoir jamais bénéficié d’un contrôle visuel, pourront tester leur vue et s’assurer que leurs capacités visuelles leur permettent d’accomplir toutes les activités de la vie quotidienne.

Même s’il est possible d’accomplir cette démarche tout au long de l’année, l’objectif des Journées de la Vision est de faire tinter aux oreilles des Français une alarme pour leur rappeler que la prévention est essentielle à tout âge de la vie.

 

Retrouvez toutes les informations sur ces journées sur le site de l’ASNAV 

AsnaV Santé Visuelle (@santevisuelle) / Twitter

Fiches Pratiques de la SFERO

 Les Fiches Pratiques de la SFERO: Partages et Expertises

Votre abonnement à la SFERO vous permettra d’accéder au Bon Plan du Mois.

Dans cette rubrique, vous retrouverez les Fiches Pratiques de la SFERO.

Ces fiches, résolument pratiques, sont de véritables mines d’informations et d’idées pour cibler, adapter et varier la prise en soins de vos patients lors de leurs séances de rééducation et/ou de réadaptation.

Ces fiches sont conçues par des orthoptistes expertes dans divers domaines couvrant nos champs de compétences.

Ce mois-ci, pour cette 9ème fiche, Myriam PROST nous propose un outil ludique haut en couleurs !

Abonnez-vous dès à présent pour avoir accès à l’ensemble des fiches pratiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un rôle causal pour le colliculus supérieur de la souris dans la prise de décision perceptuelle visuelle

Résumé

Le colliculus supérieur (SC) est sans doute la structure visuelle la plus importante dans le cerveau de la souris et est bien connu pour son implication dans les réponses innées aux menaces visuelles et aux proies. Chez d’autres espèces, le SC joue un rôle central dans les fonctions visuelles volontaires et innées, y compris des contributions cruciales à l’attention sélective et à la prise de décision perceptive. Chez la souris, le rôle possible du SC dans les comportements de choix visuel volontaire n’a pas été établi. Ici, nous démontrons que la souris SC des deux sexes joue un rôle causal dans la prise de décision perceptive visuelle en inhibant de manière transitoire l’activité SC lors d’une tâche de détection de changement d’orientation. Tout d’abord, les déficits de détection spatialement spécifiques induits par l’inhibition unilatérale du SC. Les taux de réussite ont été réduits, et les temps de réaction ont augmenté pour les changements d’orientation dans le champ visuel controlatéral mais pas ipsilatéral. Deuxièmement, les déficits causés par l’inhibition du SC étaient spécifiques à une époque temporelle coïncidant avec les premières réponses visuelles en rafale dans le SC. L’inhibition de SC pendant cette période de 100 ms a provoqué un déficit de détection controlatéral, alors que l’inhibition immédiatement avant ou après ne l’a pas fait. Troisièmement, l’inhibition du SC a réduit la sensibilité de la détection visuelle. L’analyse psychométrique a révélé que l’inhibition de l’activité visuelle SC augmentait significativement les seuils de détection des changements d’orientation controlatérale. De plus, les effets sur les seuils de détection et les taux de déchéance causés par l’inhibition du SC étaient plus importants en présence d’un stimulus visuel concurrent, indiquant un rôle pour le SC de la souris dans la sélection visuelle de la cible. Ensemble,

DÉCLARATION D’IMPORTANCE Le colliculus supérieur (SC) de la souris est devenu un modèle populaire pour étudier l’organisation des circuits et le développement du système visuel. Bien que le SC soit un élément fondamental des voies visuelles chez la souris, son rôle dans la prise de décision perceptive visuelle n’est pas clair. En étudiant la façon dont l’inhibition SC précise dans le temps a influencé les performances comportementales lors d’une tâche de détection de changement d’orientation guidée visuellement, nous avons identifié une époque temporelle de 100 ms d’activité visuelle SC qui est cruciale pour la capacité des souris à détecter les changements visuels pertinents sur le plan comportemental. En outre, nous avons constaté que l’inhibition du SC provoquait également des déficits dans la sélection visuelle des cibles. Ainsi, nos résultats mettent en évidence l’importance du SC pour le comportement de choix perceptif visuel chez la souris.

 

Lire la suite

Sensibilité et spécificité des mesures du réflexe lumineux pupillaire pour les TSA à l’aide de la pupillométrie monoculaire

Résumé

Introduction

La pupillométrie manuelle automatisée démontre une précision de précision, promettant d’augmenter le dépistage des TSA.

Méthodes

La pupillométrie monoculaire a été examinée chez les enfants et les adolescents (36 ASD ; 24 TD). La régression logistique multiple et l’analyse des caractéristiques de fonctionnement du récepteur ont évalué les paramètres PLR et l’état de diagnostic.

Résultats

Temps de constriction (Ct 1 ) (ASD : M  = 0,69, SD  = 0,21 ; TD : M  = 0,82, SD  = 0,18 ; t (58 = 2,37 ; p  = 0,02) et retour à la ligne de base (RTB T75) (ASD : M  = 2,93, SD  = 1,21 ; TD : M  = 2,32, SD  = 1,08 ; t (58) = − 2,03 ; p  = 0,04) ASD prédit ( β  = − 1,31, OR  = 0,27 ; RTB T75, β  = 0,156, OR  = 1,162 ) Sensibilité = 74,8 %, lorsque RTB ≥ 1,83 s et 69,4 % lorsque Ct 1  = 0,785 s.

Conclusion

Les résultats suggèrent que la pupillométrie monoculaire capture les différences de détection des TSA.

Texte complet

Le méthylphénidate comme test causal des hypothèses de codage neuronal translationnel et de base

Résumé

La plupart des études en neurosciences systémiques appartiennent à l’une des deux catégories suivantes : les travaux scientifiques fondamentaux visant à comprendre la relation entre les neurones et le comportement, ou les travaux translationnels visant à développer des traitements pour les troubles neuropsychiatriques. Ici, nous utilisons ces deux approches pour nous informer et nous améliorer mutuellement. Notre étude teste à la fois des hypothèses sur les principes de codage neuronal de la science fondamentale et élucide les mécanismes neuronaux sous-jacents aux effets comportementaux cliniquement pertinents du méthylphénidate administré par voie systémique (Ritalin). Nous avons découvert que le méthylphénidate administré par voie orale, utilisé cliniquement pour traiter le trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH) et généralement pour améliorer la cognition, augmente l’attention visuelle sélective dans l’espace, améliorant les performances visuelles uniquement à l’endroit fréquenté. Plus loin, nous avons constaté que cette manipulation causale améliore la vision chez les macaques rhésus spécifiquement lorsqu’elle diminue la variabilité corrélée moyenne des neurones dans la zone visuelle V4. Nos résultats démontrent que le système visuel est une plate-forme pour comprendre les fondements neuronaux des processus cognitifs complexes (science fondamentale) et des troubles neuropsychiatriques (traduction). Abordant les hypothèses scientifiques de base, nos résultats sont cohérents avec un scénario dans lequel le méthylphénidate a des effets cognitifs spécifiques en agissant par le biais de mécanismes cognitifs naturellement sélectifs. Cliniquement, nos résultats suggèrent que les symptômes souvent incroyablement spécifiques des troubles neuropsychiatriques peuvent être causés et traités en exploitant les mécanismes généraux. Nos résultats démontrent que le système visuel est une plate-forme pour comprendre les fondements neuronaux des processus cognitifs complexes (science fondamentale) et des troubles neuropsychiatriques (traduction). Abordant les hypothèses scientifiques de base, nos résultats sont cohérents avec un scénario dans lequel le méthylphénidate a des effets cognitifs spécifiques en agissant par le biais de mécanismes cognitifs naturellement sélectifs. Cliniquement, nos résultats suggèrent que les symptômes souvent incroyablement spécifiques des troubles neuropsychiatriques peuvent être causés et traités en exploitant les mécanismes généraux. Nos résultats démontrent que le système visuel est une plate-forme pour comprendre les fondements neuronaux des processus cognitifs complexes (science fondamentale) et des troubles neuropsychiatriques (traduction). Abordant les hypothèses scientifiques de base, nos résultats sont cohérents avec un scénario dans lequel le méthylphénidate a des effets cognitifs spécifiques en agissant par le biais de mécanismes cognitifs naturellement sélectifs. Cliniquement, nos résultats suggèrent que les symptômes souvent incroyablement spécifiques des troubles neuropsychiatriques peuvent être causés et traités en exploitant les mécanismes généraux. nos résultats sont cohérents avec un scénario dans lequel le méthylphénidate a des effets cognitifs spécifiques en agissant par le biais de mécanismes cognitifs naturellement sélectifs. Cliniquement, nos résultats suggèrent que les symptômes souvent incroyablement spécifiques des troubles neuropsychiatriques peuvent être causés et traités en exploitant les mécanismes généraux. nos résultats sont cohérents avec un scénario dans lequel le méthylphénidate a des effets cognitifs spécifiques en agissant par le biais de mécanismes cognitifs naturellement sélectifs. Cliniquement, nos résultats suggèrent que les symptômes souvent incroyablement spécifiques des troubles neuropsychiatriques peuvent être causés et traités en exploitant les mécanismes généraux.

L’effet de la dégénérescence maculaire liée à l’âge sur les performances des tests cognitifs

Résumé

L’évaluation fiable du fonctionnement cognitif est essentielle à l’étude des relations cerveau-comportement. Pourtant, les conditions qui sont synchrones avec le vieillissement, y compris le déclin visuel, sont facilement négligées lors de l’interprétation des résultats des tests cognitifs. Le but de cette étude était de démontrer les conséquences négatives des déficiences visuelles sur la performance des tests cognitifs. Des niveaux modérés à sévères de dégénérescence maculaire liée à l’âge ont été simulés, avec un ensemble de lunettes, chez un échantillon de vingt-quatre participants normalement voyants alors qu’ils accomplissaient deux tâches cognitives : une tâche de temps de réaction dépendant de la vision et une fluence verbale indépendante de la vision. test. Les performances sur la tâche de temps de réaction ont considérablement diminué ( p < 0,001) dans la condition de dégénérescence maculaire liée à l’âge simulée, jusqu’à 25 rangs centiles. En revanche, les performances au test de fluidité verbale n’étaient pas statistiquement différentes entre les conditions de vision simulées et normales ( p  = 0,78). Les résultats soulignent l’importance de considérer le fonctionnement visuel lors de l’évaluation de la fonction cognitive. Lorsque la vision n’est pas prise en compte, de faibles résultats aux tests peuvent indiquer de manière inexacte une mauvaise cognition. Ces fausses attributions peuvent avoir des ramifications importantes pour le diagnostic et la recherche sur le fonctionnement cognitif.

POURSUIVRE LA LECTURE

Webinaire ATLAS CRANIOSTENOSES le lundi 5 septembre 2022

L’association ATLAS poursuit sa mission de formation en strabologie et ophtalmopédiatrie

Un nouveau Webinaire est programmé le lundi 5 Septembre de 19 à 20h avec la participation exceptionnelle du Dr BOETTO

Le sujet des craniostenoses nous intéresse particulièrement en ophtalmopediatrie pour leur retentissement potentiel sur l’oculomotricité, mais aussi la vision

Il nous fera une conférence sur les craniosténoses

Dr THOUVENIN fera ensuite un rappel des différentes conséquences visuelles et oculomotrices de ces pathologies malformatives

Le programme s’adresse aux ophtalmologistes, pédiatres, internes, orthoptistes, et médecins intéressés.

Cela se passera sur la plateforme Zoom. Une préinscription (gratuite) par mail est nécessaire (atlas.ophtalmo@gmail.com)et vous pouvez bien sur en faire la publicité autour de vous.

Réservez votre début de soirée dès maintenant

Modéliser le fonctionnement et la complexité du cerveau pour mieux l’étudier

MODÉLISER LE FONCTIONNEMENT ET LA COMPLEXITÉ DU CERVEAU POUR MIEUX L’ÉTUDIER
source: https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/modeliser-fonctionnement-complexite-cerveau-mieux-letudier/

Credit : Institut du Cerveau/Thibault Rolland

Dans un récent article, publié dans Reviews of Modern Physics, Charley Presigny et Fabrizio de Vico Fallani (Inria) de l’équipe ARAMIS à l’Institut du Cerveau présentent un nouveau modèle mathématique pour décrypter l’organisation du cerveau et son fonctionnement dans le temps et l’espace.

 

LE CERVEAU, UN SYSTÈME COMPLEXE MULTI-ÉCHELLES

Le fonctionnement cérébral se développe simultanément sur des axes ou dimensions différents, à l’intérieur desquels existent plusieurs échelles. Dans l’axe temporel, le vieillissement se présente à l’échelle d’une vie, l’apprentissage à l’échelle des semaines ou mois, et le comportement à des échelles plus courtes de l’ordre de la milliseconde. L’axe spatial considère le cerveau soit dans son ensemble, soit par régions, voire par neurone. La troisième dimension est représentée par les interactions entre les neurones ou une région cérébrale, à l’échelle individuelle, de groupe ou de réseaux (topologie).

 

« Une des problématiques qui limite la compréhension du cerveau est sa complexité, notamment due à cette composition multi-échelle. Il est intéressant d’un point de vue théorique et appliqué de proposer de nouvelles approches mathématiques pour étudier et caractériser le fonctionnement du cerveau » explique Fabrizio De Vico Fallani, chercheur Inria à l’Institut du Cerveau.

 

MODÉLISER LA COMPLEXITÉ DES RÉSEAUX

Les interactions entre les différentes unités d’un système peuvent être de nature différente. Si nous prenons un exemple de la vie de tous les jours, comme les interactions sociales, cette diversité d’interactions est plutôt évidente. Deux personnes peuvent être en contact par différents moyens comme Facebook, les emails ou le téléphone, et leurs interactions peuvent suivre des dynamiques très variées. On peut échanger régulièrement avec quelqu’un sur Facebook ou Instagram et ne jamais lui avoir envoyer un mail. C’est de façon simplifiée le principe fondamental de la théorie des réseaux complexes multicouches, dont les chercheurs suggèrent aujourd’hui le potentiel pour la compréhension du cerveau humain.

 

« L’objectif est de prendre en compte toutes ces interactions dans un système interconnecté », précise Charley Presigny, doctorant INRIA à l’Institut du Cerveau et premier auteur de l’article, « Il est possible de représenter les différents axes du système sous forme de couches. Dans chacune d’elles existe un réseau dont les interactions et les nœuds varient. A cela, il faut ajouter les échanges entre les différentes couches qui accroissent la complexité au système. »

 

RELIER STRUCTURE ET FONCTION DU CERVEAU

Une problématique clé en neuroscience est de comprendre comment l’organisation structurale et l’organisation fonctionnelle du cerveau sont reliées entre elles, et comment de ces associations naissent des capacités cérébrales complexes comme la perception, l’attention ou la cognition. Dans ce cadre, l’approche des réseaux multicouches représente un modèle intéressant pour améliorer notre compréhension du lien entre anatomie et fonction cérébrale.

 

L’IRM de diffusion permet de reconstruire les structures des réseaux de connectivité, tandis que l’IRM fonctionnelle fournit des informations sur l’activité cérébrale. Les résultats obtenus par plusieurs études révèlent de nouveaux motifs de connectivité entre la structure et l’activité cérébrale. Ainsi, lorsque deux régions sont anatomiquement connectées à une région commune, la probabilité qu’elles puissent communiquer entre elles au niveau fonctionnel augmente.

 

« Ce type de modélisation est une manière d’intégrer de façon mathématique les données anatomiques et fonctionnelles et de fournir une information impossible à obtenir en analysant les couches séparément » détaille Fabrizio De Vico Fallani,

 

APPRENTISSAGE, LES NEURONES ONT BESOIN D’ÉNERGIE

Afin de modéliser un mécanisme clé qu’est l’apprentissage, d’autres chercheurs ont développé un modèle réseau multicouche.

  • La première contenait des réseaux dynamiques de neurones – représentant la plasticité cérébrale, c’est-à-dire la capacité de notre cerveau à remodeler ses connexions en fonction de nos expériences et nos apprentissages.
  • La seconde était constituée de réseaux de cellules gliales, dont un des rôles est de fournir des ressources énergétiques aux neurones.
  • La troisième représentait la connectivité entre les deux premières couches, qui représentait le transfert d’énergie des cellules gliales vers les neurones. Les résultats obtenus à partir de ce modèle ont montré que la régulation des apports énergétiques par les cellules gliales permet de changer la dynamique des neurones, en période d’apprentissage.

 

LE DÉFI : MODÉLISER LA COMPLEXITÉ DU CERVEAU

La théorie des réseaux complexes multicouches représente une piste prometteuse pour décrypter l’organisation et la multiplicité des interactions à différentes échelles dans le cerveau.  Il ouvre en particulier de nouvelles perspectives pour mieux comprendre et identifier les dysfonctionnements et modifications topologiques au cours des pathologies cérébrales.

 

Source

Charley Presigny and Fabrizio De Vico Fallani.  Multiscale modeling of brain network organization

Rev. Mod. Phys. 94, 031002 – Published 2 August 2022

https://doi.org/10.1103/RevModPhys.94.031002

Comment le cerveau intègre différents types de repères visuels afin de s’orienter

brain navigationLa capacité à s’orienter et à se déplacer dans un environnement est sollicitée dans la majorité de nos activités quotidiennes : emprunter le chemin le plus rapide pour se rendre au travail ou rejoindre des amis dans un quartier peu familier.

Nous y parvenons grâce, notamment, au traitement des indices visuels présents dans l’environnement. Il existe une grande variabilité de ces indices visuo-spatiaux, comme par exemple, la forme générale d’une intersection (choisir la voie de gauche au carrefour) ou la présence de repères spécifiques (prendre à droite à la boulangerie). Peu d’études se sont intéressées aux différences comportementales et cérébrales liées à l’utilisation de ces différents indices.

Afin d’apporter des réponses à ces questions, des chercheuses et chercheurs de l’Institut de la Vision et de l’Hôpital des Quinze-Vingts à Paris ont développé un environnement virtuel en trois dimensions dans lequel 26 participants jeunes (25 ans en moyenne) devaient retrouver l’emplacement d’une cible alors qu’était enregistrée leur activité cérébrale par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Trois configurations de l’environnement ont été créées qui se distinguaient uniquement par le type d’indice visuel disponible pour s’orienter : des objets, des textures au mur ou des indices géométriques (angles et longueur des murs). La condition « objet » impliquait de se servir de la position de trois objets distincts en 3D (un cube, une sphère et une pyramide). La condition « texture » nécessitait l’utilisation de la couleur des murs. Enfin, dans la condition « géométrie » les participants devait se servir de la forme globale de l’environnement.

Les résultats ont montré qu’au niveau comportemental le type d’indice visuel n’influait pas sur les capacités d’orientation des participants. Pourtant, au niveau cérébral, des réseaux corticaux bien distincts étaient impliqués dans la navigation basée sur l’utilisation d’objets, de textures ou d’indices géométriques. Ce traitement différentiel a été mis en évidence dans des régions corticales essentielles à la navigation spatiale : l’hippocampe et le striatum. Il semblerait ainsi que l’hippocampe soit davantage sollicité lorsque la navigation requiert le traitement visuel d’objets que lorsqu’elle requiert le traitement de couleurs au mur. De tels résultats pourraient avoir des répercussions importantes sur l’aménagement de l’espace urbain auprès des personnes âgées qui présentent un déclin des capacités d’orientation pouvant réduire leur autonomie. En effet, l’hippocampe étant une région fortement altérée par le vieillissement sain et pathologique, l’utilisation de repères visuels davantage indépendants de son activité (ex. : les textures au mur) pourrait aider à maintenir et améliorer les facultés de navigation spatiale des personnes âgées.


Ramanoël S†, Durteste M†, Bizeul A, Ozier-Lafontaine A, Bécu M, Sahel, JA, Habas C, Arleo A. Selective neural coding of object, feature, and geometry spatial cues in humans. Human Brain Mapping. 2022 DOI: 10.1002/hbm.26002 ; † Co -1er-auteurs.

source : https://www.institut-vision.org/fr/news1/747-.html

Une illusion optique qui permet de mieux comprendre la vision

Un cercle ovale noir sur un fond blanc.

Le « trou en expansion » du Pr Akiyoshi Kitaoka de l’Université Ritsumeikan. Il est préférable de visualiser l’image en plein écran pour obtenir cet effet.  Photo : Université Ritsumeikan/Akiyoshi Kitaoka

Une nouvelle illusion optique mise au point par un neuropsychologue japonais donne l’impression de tomber dans un trou noir, mais permet aussi de mieux comprendre la vision humaine.

L’illustration surnommée le trou en expansion a été créée par le Pr Akiyoshi Kitaoka de l’Université Ritsumeikan, au Japon. Il s’agit d’une image complètement statique montrant une forme ovale noire diffuse sur un fond blanc au milieu de plus petites formes du même type.

La tache et le gradient d’ombre autour d’elle évoquent une impression de flux optique, comme si l’observateur se dirigeait vers un trou ou un tunnel.

Akiyoshi Kitaoka

 

La pupille trompée

Le Pr Kitaoka s’est associé avec des scientifiques norvégiens de l’Université d’Oslo pour étudier les effets de son illustration sur la vision de 50 participants âgés de 18 à 40 ans ayant une vue normale.

Premier constat : 86 % des participants qui regardent l’image ont l’impression que le cercle grossit et engloutit son environnement.

Les chercheurs ont aussi découvert que l’illusion affecte la pupille, le petit cercle noir au milieu de l’œil qui régule la quantité de lumière dirigée vers la rétine. Leurs expériences montrent que les pupilles se dilatent lorsque les yeux se concentrent sur l’image du trou noir.

L’image du trou en expansion donne aux yeux l’impression qu’il s’agrandit et que l’obscurité augmente aux alentours, notent les auteurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Frontiers in Human Neuroscience (en anglais). Cette fausse perception mène à la dilatation de la pupille, alors qu’aucun changement lié à la lumière ne s’est produit en réalité.

Selon le neuropsychologue Bruno Laeng, de l’Université d’Oslo, cette expérience tend à montrer que le réflexe pupillaire à la lumière n’est pas uniquement mécanique et qu’il n’est pas imperméable à d’autres informations que la quantité réelle de lumière stimulant les photorécepteurs. L’œil s’adapterait non seulement à l’énergie physique, mais aussi à la lumière perçue.

Dans son expérience, l’équipe a aussi varié la taille et la couleur de la tache.

Lorsque la tache est colorée (y compris le blanc), c’est-à-dire qu’elle émet de la lumière, son observation rétrécit les pupilles, mais l’expansion subjective est aussi moins intense que celle que l’on perçoit avec une tache noire.

Il existe de nombreuses images optiques qui suggèrent une idée de mouvement illusoire, bien qu’elles soient complètement statiques.

Ces faux mouvements sont, notamment, des changements de forme ou d’espace, comme la rotation, l’oscillation, l’ondulation, le flottement, la contraction ou, dans le cas présent, l’expansion.

Troubles du spectre de l’autisme : où en est la recherche ?

SOURCE:

https://presse-inserm-fr.cdn.ampproject.org/c/s/presse.inserm.fr/troubles-du-spectre-de-lautisme-ou-en-est-la-recherche/45446/amp/

image de cerveau

Ces dernières années, les progrès des neurosciences et l’identification de facteurs de risque génétiques ou environnementaux ont permis de mieux appréhender les TSA. © Adobe Stock

Les trouble du spectre de l’autisme (TSA) résultent de particularités du neuro-développement. Ils apparaissent au cours de la petite enfance et persistent à l’âge adulte. Environ 700 000 personnes en France seraient concernées. Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement ciblant de façon spécifique l’autisme, pour améliorer les troubles du comportement ainsi que les altérations des interactions sociales associées. Les personnes peuvent toutefois avoir recours à des traitements pour d’éventuelles comorbidités comme les troubles du sommeil ou l’épilepsie. Dans les laboratoires de recherche, les efforts se poursuivent, non seulement pour identifier de nouvelles options thérapeutiques mais aussi pour améliorer le repérage précoce des TSA et leur prise en charge psychosociale tout au long de la vie.

L’autisme « typique », décrit par le pédopsychiatre Leo Kanner en 1943, est aujourd’hui intégré dans un ensemble plus vaste, celui des « troubles du spectre de l’autisme (TSA) ». Ce terme permet de rendre mieux compte de la diversité des situations. Ces troubles se caractérisent par :

  • des altérations des interactions sociales ;
  • des problèmes de communication (langage et communication non verbale) ;
  • des troubles du comportement : un répertoire d’intérêts et d’activités restreint et répétitif (stéréotypies : tendance à répéter les mêmes gestes, paroles ou comportements) ;
  • des réactions sensorielles inhabituelles.

En conséquence, certaines personnes présentent également des difficultés d’apprentissage. Les TSA peuvent également être associés à des comorbidités : troubles anxieux, problèmes de sommeil, déficits de la fonction motrice, épilepsie…

Au sein de cette grande diversité clinique, il est important de relever les « atouts » ou « talents » qui peuvent découler de ce développement cérébral atypique. Le développement de thérapeutiques doit donc cibler ce qui correspond aux plaintes des personnes tout en préservant leurs particularités.

Pour plus de détails lire le dossier de l’Inserm « Autisme » et celui de l’Université de Tours « En savoir plus sur l’autisme »

Ces dernières années, les progrès des neurosciences et l’identification de facteurs de risque génétiques ou environnementaux ont permis de mieux appréhender les TSA, mais leurs causes demeurent encore assez mal comprises. Dans ce contexte, la recherche thérapeutique avance difficilement.

On peut citer l’exemple de plusieurs essais cliniques récemment abandonnés, en raison de résultats jugés peu concluants – alors que les molécules étudiées avaient au départ généré beaucoup d’espoirs.

 

  • La première étude, un essai de phase III contrôlé et randomisé visait à tester l’efficacité d’une molécule appelée balovaptan sur les capacités de socialisation et de communication d’adultes atteints de TSA. Les résultats, publiés dans The Lancet Psychiatry montrent que le traitement n’a pas eu d’effet probant sur ces deux aspects.

 

  • Dans le deuxième cas, des enfants et des adolescents avaient reçu de l’ocytocine par voie intranasale. Dans l’étude publiée dans le New England Journal of Medicine, les résultats suggèrent que ce traitement n’a pas d’impact significatif sur les interactions sociales et le fonctionnement cognitif dans le groupe traité, par rapport au groupe contrôle qui recevait un placebo.

 

Dès lors, comment faire avancer la science et identifier de nouvelles molécules qui pourraient avoir des effets bénéfiques sur les TSA ? D’autres pistes thérapeutiques sont-elles à l’étude ? Au-delà des essais cliniques, quels sont aujourd’hui les enjeux prioritaires de la recherche dans ce domaine ?

 

  1. Les ions bromures, des résultats prometteurs

Une nouvelle étude, menée par des chercheurs et chercheuses de l’Inserm, du CNRS, de Inrae et de l’université de Tours, publiée très récemment dans le journal Neuropsychopharmacology, apporte des résultats prometteurs sur un médicament qui a beaucoup été utilisé dans le traitement de l’épilepsie : les ions bromures. Avec l’arrivée sur le marché de nouveaux médicaments pour les patients épileptiques, son usage a diminué, mais il s’agit encore d’un outil thérapeutique intéressant, notamment en cas d’épilepsie résistante aux traitements classiques.

L’épilepsie est une comorbidité fréquemment retrouvée chez les personnes atteintes de TSA : il est probable que certains facteurs de risque et processus physiopathologiques soient communs. Les scientifiques ont donc estimé qu’il pouvait être intéressant d’étudier plus particulièrement l’efficacité de ce traitement dans le contexte des TSA.

 

Inhibition et excitation des neurones

 Dans le cerveau, le maintien d’un équilibre entre les phénomènes d’excitation et d’inhibition dans les circuits neuronaux est essentiel à son bon fonctionnement tout au long de la vie. On sait aujourd’hui que les déséquilibres entre excitation et inhibition des neurones sont à l’origine de nombreux troubles, en particulier de l’épilepsie. De même, certaines formes de TSA ont été associées à un dysfonctionnement des connexions neuronales inhibitrices.

Dans le cas de l’épilepsie, les ions bromures contribuent à corriger ce déséquilibre en favorisant l’inhibition, ce qui permet d’éviter les crises. L’hypothèse des scientifiques était donc qu’un effet similaire pouvait être attendu dans les cas de TSA, avec un impact clinique visible sur les comportements sociaux et stéréotypés.

 

Trois modèles de souris

L’équipe a donc testé ce traitement dans trois modèles précliniques de TSA. À chaque fois, les ions bromures ont eu un effet bénéfique sur le phénotype autistique, restaurant le comportement social et diminuant les comportements stéréotypés des animaux. Les ions bromures ont également permis de réduire leur anxiété.

Les résultats sont d’autant plus prometteurs que les tests ont été menés sur trois modèles de souris qui présentaient différentes mutations génétiques responsables du phénotype autistique.

« Le fait que des effets bénéfiques soient observés dans trois modèles différents permet d’être un peu plus confiant quant à la capacité du traitement à être généralisable à plusieurs sous-groupes d’individus autistes lors de futurs essais cliniques », soulignent Jérôme Becker, chercheur Inserm et Julie Le Merrer, chercheuse CNRS, derniers auteurs de l’étude.

 

Essai clinique à venir ?

Le projet a reçu un soutien important d’Inserm Transfert et de la cellule de Valorisation c-VALO[1]. Cela a abouti au dépôt de deux brevets, le premier sur la base des effets des ions bromures dans les trois modèles murins étudiés par les chercheurs, complété par un deuxième portant sur l’intérêt de combiner ce traitement avec une molécule facilitatrice de l’activité d’un récepteur à la surface des neurones (le récepteur au glutamate mGlu4), pour obtenir une synergie d’effets.

Toujours sur la base de ces résultats prometteurs, la prochaine étape sera de mettre sur pied un essai clinique sur un petit effectif de patients adultes.

 

2. D’autres enjeux prioritaires pour la recherche

Néanmoins, la recherche thérapeutique n’est pas le seul défi à relever pour améliorer le quotidien et la qualité de vie des personnes atteintes de TSA.

 

Identification précoce et interventions individualisées

Une priorité est de continuer à raccourcir les délais entre l’apparition des premiers signes évocateurs d’une trajectoire atypique et la mise en place d’interventions ciblées.

On sait désormais que plus ces signes sont identifiés tôt, dès les premières années de la vie, mieux on est capable d’accompagner et de prendre en charge les enfants et leurs familles. Identifier ces enfants de manière ultra-précoce, en s’intéressant par exemple à leur motricité dès le plus jeune âge ou à leur histoire pré- et périnatale, est à l’heure actuelle un axe de recherche intéressant.

Par ailleurs, continuer à proposer des prises en charge individualisées, reposant sur des équipes multidisciplinaires et sur des interventions dites « comportementales et développementales » comme le programme Denver ou la Thérapie d’échange et de développement (TED) a également un intérêt majeur pour accompagner de manière bénéfique le développement des enfants.

Lire le Grand angle du magazine de l’Inserm n° 45 : Autisme, un trouble aux multiples facettes

 

 

Accompagner le vieillissement

 Autre défi de taille : la prise en charge des adultes autistes, dans un contexte plus général de vieillissement de la population.

Il existe aujourd’hui une absence de continuum de prise en charge tout au long de la vie. Cependant, depuis plusieurs années, de nombreux programmes de recherche se mettent en place un peu partout dans le monde pour comprendre comment les personnes autistes vieillissent, si elles sont plus à risque de troubles neurodégénératifs et quelles interventions contribuent à augmenter leur qualité de vie et à lutter contre leur isolement social.

On peut également citer l’importance des programmes de réhabilitation psychosociale dédiés aux adultes avec TSA et qui visent notamment à travailler leurs compétences cognitives et à accompagner leur insertion professionnelle et sociale.

L’accès à ces programmes et, de manière plus générale, à la prise en charge, demeure toutefois inégalitaire sur le territoire. Selon les chercheurs, cet enjeu devra être pris en compte aussi bien par les équipes de recherche que par les décideurs publics afin d’offrir les mêmes opportunités et le meilleur accompagnement à toutes les personnes atteintes de TSA, à tous les âges de la vie.

[1] C-VaLo est une expérimentation complémentaire aux SATT régionales qui existe depuis 2019. Il s’agit d’un nouveau dispositif d’investissement public pour accélérer et simplifier le transfert des résultats de la recherche académique. Les membres de C-VaLo sont l’université d’Orléans, l’INSA Centre Val de Loire, le CNRS, l’Inserm, l’INRAE, le BRGM, le CHU de Tours, le Conseil Régional Centre-Val de Loire et l’université de Tours.

 

Le toucher, pilier du développement du cerveau

Le toucher, pilier du développement du cerveau

Une équipe de chercheurs français explore une nouvelle piste dans la compréhension des troubles cognitifs : l’altération du sens du toucher chez les bébés, en particulier les bébés nés prématurément.

Le toucher est la forme la plus primitive de lien au monde extérieur. C’est le premier sens à apparaître chez le fœtus, le premier à susciter des réflexes et à alimenter le cerveau en informations. Au point que certains chercheurs pensent qu’il modèle nos mécanismes mentaux, et conditionne la façon dont nous appréhenderons notre environnement en grandissant.

Dans l’unité de recherche mixte COMETE, rattachée à l’Université de Caen Normandie et à l’INSERM, des chercheurs étudient la précocité du traitement des informations tactiles par les nouveau-nés, et explorent les liens possibles entre capacités de traitement de ces stimuli et qualité du développement cognitif des enfants. Leur hypothèse : un développement anormal du toucher pourrait contribuer aux pathologies neurodéveloppementales, tels les troubles de l’attention et ceux du spectre de l’autisme. Si le lien est établi, l’évaluation des perceptions tactiles des bébés pourrait devenir un instrument de dépistage très précoce de ces troubles, et constituer le point de départ de thérapies tactiles d’un nouveau genre pour les prévenir ou mieux les soigner.

Nadège Roche-Labarbe, Maître de conférences en Psychologie à l’Université de Caen Normandie, dirige ces travaux pionniers sur les compétences sensorielles des nouveau-nés et leurs possibles liens avec les troubles du neurodéveloppement au sein du laboratoire COMETE. Entretien.

 

Quelle place tient le toucher dans le développement du fœtus ?

Le toucher est le premier sens qui va apparaître dans la vie fœtale. On peut déjà observer des réponses automatiques au toucher vers 7 à 8 semaines de gestation. Ce ne sont pas encore des perceptions au niveau du cerveau, mais des réflexes. Puis les capteurs du toucher qui étaient présents seulement dans certaines parties du corps, notamment sur le visage, apparaissent progressivement sur tout son corps avant la moitié de la grossesse environ. C’est aussi le moment où les neurones du cortex cérébral vont recevoir les informations, les traiter et les apprendre. Le toucher constitue avec l’olfaction et le goût le sens le plus primitif. Ce n’est que dans la deuxième partie de la grossesse que se développent l’audition et la vue.

 

Quelles sont les implications en termes de neurodéveloppement ?

Au début de la vie fœtale le cerveau commence à se développer sur la base d’informations proprioceptives (liées à la perception de la position des différentes parties du corps, ndlr) et tactiles, avant d’enrichir sa compréhension du monde avec l’audition et la vision. Le toucher permet au cerveau de faire des inférences sur la manière dont l’environnement proche fonctionne, de le comprendre et de l’organiser, en établissant des liens de cause à effet par exemple. Ce sont des capacités très précoces qui seront ensuite étendues aux autres sens puis utilisées dans tous les aspects de notre vie.

Dans nos recherches, nous partons du postulat que le toucher serait la première base des apprentissages et que les mécanismes de traitement des informations mis en place via cette entrée tactile vont conditionner la façon dont le fœtus puis le nouveau-né vont ensuite comprendre les stimuli produits par les autres types de sensorialité.

 

Comment étudie-t-on la façon dont les bébés traitent l’information tactile ?

Nous utilisons une matrice tactile composée de vibreurs placés sur la main ou le bras de l’enfant, en proposant des séquences de stimuli à intervalles plus ou moins réguliers. Ce faisant, nous analysons l’activité du cerveau avec deux dispositifs qui ont l’avantage d’être portables, silencieux et non-invasifs. L’EEG (électroencéphalogramme) consiste à placer un filet d’électrodes sur la tête du bébé pour enregistrer l’activité électrique des neurones quand ils perçoivent ou anticipent l’information tactile. La NIRS (spectroscopie dans le proche infrarouge) consiste à envoyer de la lumière infrarouge de basse intensité à travers le crâne pour mesurer la concentration en oxygène du sang qui augmente en réponse à l’activité neuronale.

Quels sont les premiers résultats de vos recherches ?

Une étude en cours de publication démontre que les nouveau-nés âgés de 33 semaines de gestation (4 semaines avant l’âge équivalent au terme d’une grossesse normale) sont déjà capables de former des prédictions temporelles : après plusieurs répétitions de la vibration, ils s’attendent à celle-ci. Nous leur avons présenté deux types de séquences de stimuli : soit les vibrations survenaient à intervalle identique, soit à un rythme irrégulier. Dans le premier cas, leur cerveau cesse de réagir à la stimulation parce qu’elle est très prévisible, et ni douloureuse ni plaisante : le cerveau va l’ignorer et garder ses ressources pour autre chose.

Dans le second cas, l’activité du cerveau augmente dans l’intervalle de temps où l’événement tactile est susceptible de se produire, l’attention restant portée sur cette stimulation probable mais pas complètement prévisible. Ces travaux montrent que les nouveau-nés prématurés ne subissent pas passivement leur environnement mais vont apprendre de leurs expériences et réguler leur activité cérébrale en fonction.

Vos travaux font l’hypothèse d’un lien entre développement anormal des capacités tactiles et futurs troubles cognitifs. Qu’est-ce qui permet de le supposer ?

Les atypies sensorielles et les troubles cognitifs sont présents chez les mêmes enfants. Ceux qui présentent un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité présentent aussi souvent des troubles du développement sensoriel, notamment tactile. On retrouve également cette relation chez les enfants avec un trouble du spectre de l’autisme ou des troubles des apprentissages. Par ailleurs, ces atypies sensorielles précèdent les symptômes qui serviront à poser un diagnostic de trouble du neurodéveloppement.

Dans les populations à risque comme les nouveau-nés prématurés, chez qui ces troubles sont quatre à cinq fois plus fréquents, les parents peuvent constater ces atypies avant deux ans. Elles se manifestent par exemple quand un enfant ne supporte pas de marcher pieds nus ou refuse les chaussettes et les chaussures, les manches longues, ou la texture de certains aliments. Ces réactions témoignent d’une vulnérabilité et doivent suggérer aux parents et aux soignants de prêter une attention particulière au développement de l’enfant.

Ces troubles du toucher sont-ils la cause des troubles cognitifs ?

On ignore encore si les atypies sensorielles en sont à l’origine. On est sur quelque chose de très précoce qui va induire une fragilité au tout début de la vie. Les enfants auront plus de mal à interpréter leur environnement et à s’y adapter car ils subiront davantage les stimulations sensorielles. Mais on ne peut pas aller jusqu’à dire que cette fragilité est la cause les troubles neurodéveloppementaux. D’autres facteurs entrent en considération, comme la génétique et le tempérament, mais aussi l’environnement physique et familial. Plus un enfant grandit dans un milieu sain (sans pollution par exemple) et un environnement sécurisant (sans précarité ni violence), mieux il pourra compenser ses difficultés d’adaptation.

 

Quelles sont les prochaines étapes pour explorer ce lien ?

Nous menons actuellement une étude, baptisée NEOPRENE, pour comparer la performance en prédiction sensorielle de nouveau-nés prématurés, avec la qualité de leur développement à l’âge scolaire.

Tous les bébés étudiés ont eu un EEG et une NIRS au cours de la séquence de stimulation tactile avant la sortie de l’hôpital. Ceux qui sont nés avant 32 semaines de gestation, qui représentent la population la plus à risque de troubles neurodéveloppementaux, vont aussi passer une IRM pour calculer le volume de leur cortex somatosensoriel, la partie du cerveau qui reçoit les informations tactiles, et évaluer sa connectivité avec le cortex frontal. Nous reverrons les enfants à deux ans pour évaluer si les mesures réalisées à la naissance sont prédictives de la qualité de leur développement à long terme. Si on constate un lien entre les deux, nous envisageons un projet évaluant l’effet d’une intervention sensorielle précoce pour ces enfants.

 

À quoi ces thérapies pourraient-elles ressembler ?

Les interventions ciblées sur les modalités tactiles chez les nouveau-nés sont peu nombreuses, et leur efficacité n’a pas été testée expérimentalement. Des ateliers de massage pour bébés ont été mis en place dans certaines maternités, qui invitent les parents à revenir après leur sortie de l’établissement. Ils proposent des temps pour apprendre aux parents à bien masser et porter leur bébé. Ce sont aussi des moments d’échange pour évaluer la qualité de l’interaction entre l’enfant et ses parents.

Ce genre d’ateliers avec une composante tactile pourrait constituer un point de départ pour une intervention précoce destinée spécifiquement aux nouveau-nés prématurés. Mais il faut déjà montrer le lien entre traitement de l’information sensorielle et développement cognitif, et préciser les aspects essentiels de ce traitement de l’information tactile chez les tout-petits.

 

source:

https://www-nationalgeographic-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.nationalgeographic.fr/sciences/le-toucher-pilier-du-developpement-du-cerveau/amp

GIS Autisme & TND : Un site à parcourir, des évènements à découvrir

Soutenu par la stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro-Développement, le Groupement d’Intérêt Scientifique Autisme et Troubles du Neuro-Développement (GIS Autisme et TND) s’inscrit dans la volonté de placer la science au cœur des pratiques, par le renforcement et la structuration de la recherche. Le GIS Autisme et TND constitue un réseau de recherche, tous champs disciplinaires confondus, fédérant plus de 100 équipes labellisées sur l’ensemble du territoire national. Ce réseau qui intègre les acteurs de terrain, les personnes concernées et les familles, est largement connecté au niveau international

Vous trouverez sur leur site leur missions, les actualités et les évènements à venir

https://autisme-neurodev.org/le-gis/

[Supports Média] Vidéos DE TROUBLES NEURO-OPHTALMOLOGIQUES ET NEUROVISUELS

 

Vidéos, notes cliniques et présentations connexes concernant les troubles neuro-ophtalmologiques et neurovisuels recueillies pendant le travail du Dr Wray en tant que directeur des troubles neuro-visuels au Massachusetts General Hospital. Shirley H. Wray, MD, Ph.D., FRCP, Professeur de neurologie Harvard Medical School, Directrice, Unité des troubles neurovisuels, Massachusetts General Hospital ROMAN : novel.utah.edu

https://collections.lib.utah.edu/search?q=fisher&facet_setname_s=ehsl_novel_shw&fbclid=IwAR3uhbznCWK60kWMyRnJ8UC75KlZuDLTwlmUdY57DkijnWAFJ9mT1LTOEtE

A voir ou revoir: L’œil et la vision: Focus sur les avancées scientifiques

L’œil et la vision: Focus sur les avancées scientifiques

Alors que nos yeux fatiguent toujours plus vite, zoom sur les nouvelles techniques permettant de lutter contre les maladies et les déficiences visuelles.

Quelle incroyable machine que l’œil, qui autorise les hommes à penser qu’il leur montre le réel tel qu’il est ! Disposant de vingt diaphragmes différents pour mieux s’adapter à la lumière tel un appareil photo, il est aussi doté d’une fonction zoom pour agrandir la vision et d’un filtre pour distinguer l’essentiel du superflu. Ses capteurs auront pris près de 830 millions de clichés grâce aux clignements des paupières au bout de quatre-vingts ans. Pourtant, aussi perfectionnés soient-ils, l’évolution n’a pas préparé nos yeux à un bon fonctionnement au-delà de cet âge. Le travail sur écran, l’utilisation des smartphones et le manque de sources de lumière naturelle constituent autant de défis nouveaux et de risques de vieillissement prématuré. En conséquence, avec l’augmentation de l’espérance de vie, les maladies oculaires deviennent plus nombreuses et plus longues.

Pour y voir plus clair 
Alors que l’OMS recense 2,6 milliards de personnes souffrant de troubles de la vue dans le monde, ce documentaire s’attache à faire le point sur les approches thérapeutiques innovantes que détaillent professeurs en instituts d’ophtalmologie, développeurs de programmes ou experts en contactologie. Des essais cliniques en luminothérapie à l’implant de prothèses bioniques en passant par les nouvelles générations de lentilles de contact, les lunettes connectées ou encore les applications pour malvoyants, les progrès, exponentiels, ouvrent des voies porteuses d’espoir.

Réalisation :

  • Ralph Loop

Webinar Médical LUZ: « Basse Vision et Rééducation chez l’Adulte : Les atteintes rétiniennes »

event luz

WEBINAR MÉDICAL

JEUDI 29 SEPTEMBRE 2022 

20H30

« Basse Vision et Rééducation chez l’Adulte : Les atteintes rétiniennes »

4 mini-conférences animées par des intervenants de renom :

  • « Définition des pathologies (DMLA, Rétinite pigmentaire, Diabète, Glaucome, Amétropies fortes, Nystagmus etc..) » par Dr Christophe ORSSAUD
  • « Qualité de vie » par Dr Luc JEANJEAN
  • « Prise en soins orthoptiques des potentiels visuels restants: la parole conjointe orthoptiste/patient » par Marie-Laure LABORIE
  • « Réhabilitation (incluant les aides visuelles et orthoptiques) – Corrections optiques – De l’utilité des filtres »
    par Jean-Paul CRISTOFOLI

Apports de l’étude de l’oculomotricité dans les mouvements anormaux et au-delà

https://www.eventbrite.be/e/billets-soiree-scientifique-oculomotricite-en-diagnostic-neurologique-325609997267

 

Apports de l’étude de l’oculomotricité dans les mouvements anormaux et au-delà.

À propos de cet évènement

En marge des Journées Internationales organisées par la SFN et des Entretiens Francophones d’Orthoptie EFO, P3Lab a le plaisir de vous inviter à un événement scientifique qui aura lieu le jeudi 9 juin à 19h30 au Novotel Paris Bercy Centre.

L’événement commencera par 2 présentations données par des experts de renommée mondiale en oculomotricité :

  • Une présentation scientifique en anglais par le Prof Dr Ulrich Ettinger de l’université de Bonn sur les enjeux scientifiques de l’oculomotricité.
  • Une présentation sur son utilisation en clinique dans le diagnostic et le suivi des mouvements anormaux par Pierre Pouget, PhD de l’institut du Cerveau à Paris.

Vous serez ensuite invité à partager autour d’un cocktail dinatoire vos impressions sur NeuroClues, le prototype d’eye tracking portable et facile d’utilisation développé par P3Lab, et sur le potentiel qu’il pourra apporter dans la recherche et le diagnostic clinique des maladies neurologiques.

Au plaisir de vous rencontrer à Paris pour échanger sur le futur du diagnostic neurologique.

L’équipe de P3Lab

Traitement catégorique des stimuli visuels en relation avec le contexte géométrique, graphémique ou lexical

Traitement catégorique des stimuli visuels en relation avec le contexte géométrique, graphémique ou lexical

Résumé

La perception catégorique a été démontrée pour la première fois dans des études sur les sons de la parole (Liberman, Harris, Hoffman et Griffith, 1957). Le présent travail a utilisé des stimuli visuels pour explorer la réponse catégorique en relation avec le contexte dans lequel les stimuli étaient intégrés. Le stimulus cible était une ligne verticale dont la longueur variait de 20 à 31 min (environ) par pas de 1,2 min. L’expérience 1 a examiné l’effet d’un contexte géométrique sur la capacité des sujets à discriminer entre des paires de lignes. Le contexte a amélioré les performances, mais n’a produit aucune preuve de réponse catégorique. Dans l’expérience 2, un contexte graphémique a déprimé les performances, mais n’a pas montré de preuve claire de catégorisation. En revanche, des preuves solides de réponse catégorique ont été obtenues dans l’expérience 3, dans lequel les graphèmes utilisés dans l’expérience 2 étaient intégrés dans des mots significatifs. À partir de ce modèle de résultats, on soutient que la réponse catégorique ne reflète pas une activité perceptive relativement périphérique, mais des processus de décision d’ordre supérieur

[PUBMED]Troubles des mouvements oculaires dans les troubles du mouvement

Troubles des mouvements oculaires dans les troubles du mouvement

Affiliations 
  • PMID : 35402641
  • PMCID : PMC8974874 (disponible sur )
  • DOI : 10.1002/mdc3.13413

Abstrait

Le bilan oculomoteur est un élément essentiel de l’examen clinique neurologique et est particulièrement important lors de l’évaluation des patients présentant des troubles du mouvement. La majeure partie du cerveau est impliquée dans le contrôle oculomoteur, et donc de nombreuses affections neurologiques présentent des anomalies oculomotrices. Chacune des différentes classes de mouvements oculaires et leurs caractéristiques peuvent fournir des informations importantes qui peuvent faciliter le diagnostic différentiel. Cette revue pédagogique présente une approche clinique des anomalies des mouvements oculaires couramment observées dans le parkinsonisme, l’ataxie, la dystonie, la myoclonie, les tremblements et la chorée. Dans le parkinsonisme, des signes subtils tels que des secousses carrées proéminentes, un nystagmus optocinétique vertical altéré et/ou le « tour des maisons » signe suggérant une paralysie supranucléaire progressive précoce du regard avant que le regard vertical ne soit limité. Dans l’ataxie, le nystagmus est courant, mais d’autres signes tels que l’apraxie oculomotrice, la paralysie du regard supranucléaire, une fixation altérée ou la poursuite saccadique peuvent contribuer à des diagnostics tels que l’ataxie avec apraxie oculomotrice, Niemann-Pick de type C ou l’ataxie télangiectasie. Les myoclonies d’Opsoclonus et les myoclonies oculo-palatines présentent une phénoménologie caractéristique et sont généralement faciles à identifier. L’examen oculomoteur est généralement sans particularité dans les dystonies isolées, mais la crise oculogyre est une urgence médicale et doit être reconnue et traitée rapidement. L’impersistance du regard chez un patient atteint de chorée suggère la maladie de Huntington, mais chez un patient souffrant de dystonie ou de tremblement, la maladie de Wilson est plus probable. Pour terminer,

Mots-clés : œil ; troubles du mouvement; oculomoteur; poursuite; saccadés.

 

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35402641/

[PUBMED]Effets d’un système d’entraînement de l’attention par liaison oculaire sur la fonction cognitive par rapport au système d’entraînement cognitif informatisé conventionnel chez les patients victimes d’un AVC

Effets d’un système d’entraînement de l’attention par liaison oculaire sur la fonction cognitive par rapport au système d’entraînement cognitif informatisé conventionnel chez les patients victimes d’un AVC

Article PMC gratuit

Abstrait

Objectif : Le but de l’étude était d’étudier les effets d’un système d’entraînement de l’attention par liaison de suivi oculaire sur la fonction cognitive par rapport à un système d’entraînement cognitif informatisé conventionnel chez les patients victimes d’un AVC présentant une déficience cognitive. Méthodes : Cette étude rétrospective a porté sur 40 patients victimes d’un AVC qui ont bénéficié d’une réadaptation cognitive. L’intervention consistait en 30 séances et 30 min par séance. Avant et après l’intervention, nous avons évalué les fonctions cognitives par Mini-Mental State Examination (MMSE-K) et les activités de la vie quotidienne par Modified Barthel Index (K-MBI) et administré un test neuropsychologique informatisé (CNT). Résultats : Dans les deux groupes, il y a eu des améliorations significatives du MMSE-K et du K-MBI ( p< 0,05). Dans le test d’attention visuelle et auditive du CNT, le groupe d’entraînement de l’attention par liaison de suivi oculaire a été significativement amélioré après l’intervention ( p < 0,05). Cependant, il n’y avait pas de différences significatives dans le groupe d’entraînement cognitif informatisé conventionnel. De plus, il y a eu des améliorations significatives dans tous les tests de mémoire du CNT dans le groupe d’entraînement de l’attention par liaison de suivi oculaire. Cependant, dans le groupe d’entraînement cognitif informatisé conventionnel, il y a eu des améliorations significatives dans certains tests de mémoire du CNT. Conclusion :L’entraînement des patients atteints de troubles cognitifs post-AVC à l’aide d’un système d’entraînement de l’attention par liaison de suivi oculaire peut améliorer l’attention visuospatiale et peut être utile pour l’amélioration de la mémoire à court terme et des performances indépendantes dans les activités de la vie quotidienne.

Mots clés : attention ; cognition; technologie de suivi oculaire; caresser.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35326934/

[PUBMED] Comment évaluer cliniquement les mouvements oculaires

Comment évaluer cliniquement les mouvements oculaires

Abstrait

Les mouvements oculaires servent à la vision en orientant le regard vers un objet d’intérêt afin de placer son image simultanément sur les deux fovéas et en stabilisant le regard par rapport à l’environnement afin de maintenir la fixation sur l’objet d’intérêt, même en cas de déplacement du corps. Les troubles des mouvements oculaires peuvent interférer avec l’alignement oculaire et/ou la motilité monoculaire, et entraîner une diplopie, qui est le symptôme le plus courant. Les troubles des mouvements oculaires peuvent également interférer avec la motilité binoculaire sans désalignement oculaire et entraîner une paralysie du regard. Enfin, les troubles des mouvements oculaires peuvent interférer avec la stabilité oculaire lors de la fixation ou du déplacement du corps et entraîner une oscillopsie, qui est une illusion d’un monde visuel instable. Un examen systématique des mouvements oculaires doit faire partie de l’examen neurologique afin de détecter des manifestations asymptomatiques pouvant aider au diagnostic de multiples pathologies neurologiques. Dans le cas de troubles des mouvements oculaires, les objectifs de l’examen sont de caractériser précisément le trouble de la motricité, de l’alignement ou de la stabilité, pour finalement localiser anatomiquement la lésion parmi le système moteur oculaire périphérique ou le réseau neuronal central des mouvements oculaires plus complexe. et suggérer des mécanismes et des étiologies. Dans cette revue, nous décrivons les méthodes standard d’examen moteur oculaire, y compris une approche « générale » de toute évaluation moteur oculaire, ainsi que les approches spécifiques pour évaluer le désalignement oculaire, la difficulté à bouger les deux yeux et enfin le regard instable.

Mots clés : Diplopie ; Paralysie du regard ; Nystagmus; paralysie motrice oculaire ; Oscillopsie ; Intrusions saccadées.

 

 

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35239052/

Mieux évaluer les besoins des personnes polyhandicapées

Mieux évaluer les besoins des personnes polyhandicapées

Une équipe de l’UNIGE démontre que l’oculométrie permet d’évaluer les compétences perceptives des personnes en situation de polyhandicap. Un pas vers une prise en charge personnalisée.

 

Plusieurs paires d’images et scènes ont été soumises à ces enfants afin d’évaluer six compétences visuelles différentes: mouvements biologiques ou non-biologiques, scènes socialement saillantes ou non-sociales, zone faciale des yeux ou bouche, joie ou colère, objets d’attention partagée ou non, comportements pro-sociaux ou anti-sociaux. © Thalia Cavadini / UNIGE

 

Comment évaluer les besoins des personnes en situation de polyhandicap grave? Dans l’incapacité de communiquer verbalement et physiquement, cette population n’a pratiquement aucun moyen de s’exprimer. Elle est ainsi parfois considérée comme «intestable» par le milieu scientifique et médical. Grâce à des techniques d’oculométrie, ou «eye-tracking», une équipe de l’Université de Genève (UNIGE) est parvenue à mettre en évidence et à évaluer certaines compétences perceptives et socio-émotionnelles chez neuf enfants et adolescents présentant un polyhandicap, ouvrant la voie à une prise en charge personnalisée. Ces résultats sont à découvrir dans la revue Plos One.

 

Défini comme un «handicap grave à expressions multiples», le polyhandicap regroupe des personnes présentant une combinaison de déficiences intellectuelles et motrices sévères, auxquelles s’ajoutent diverses affections médicales associées. Si les symptomatologies s’expriment de manière très variée selon les individus, toutes et tous sont en situation d’extrême dépendance pour l’exécution des actes de la vie quotidienne (toilette, habillage, repas). Dans l’incapacité de communiquer par le langage ou par signes sensori-moteurs, ces personnes n’ont pratiquement aucun moyen de s’exprimer.

Dès lors, comment évaluer leurs besoins, leurs préférences et fournir une assistance personnalisée? Jusque-là, on considérait souvent que cette population était «intestable» et que ce type d’information ne pouvait être collectée que de manière indirecte par des évaluateurs tiers (parents, éducateurs/trices, soignant-es). Ceci sur la base de questionnaires mesurant certains comportements en termes de fréquence («jamais» vs. «systématiquement») ou d’intensité («pas du tout» vs. «énormément»).

Faire «parler» le regard

Aujourd’hui, une recherche pilotée par Edouard Gentaz, professeur ordinaire au sein de la Faculté de psychologie et sciences de l’éducation de l’Université de Genève (UNIGE) et du Centre Suisse des sciences affectives, démontre le contraire. Son équipe est parvenue à démontrer que l’oculométrie ou «eye-tracking» – qui permet d’enregistrer en temps réel les mouvements oculaires – est un outil prometteur pour l’évaluation directe des compétences socio-émotionnelles et perceptives de cette population. Le regard est en effet l’un des seuls indices comportementaux fréquemment préservé chez les individus polyhandicapés.

«L’eye-tracking est utilisé depuis de nombreuses années pour évaluer les compétences des bébés, qui ne sont pas encore en capacité de parler et ne disposent pas encore de motricité fine», explique Edouard Gentaz, dernier auteur de l’étude. A la demande de l’institut médico-éducatif La Clé des Champs, basé à Saint-Cergues (F), les scientifiques de l’UNIGE ont testé un groupe de neuf enfants et adolescents âgés de 6 à 16 ans en situation de polyhandicap grave, et ont enregistré les mouvements oculaires en réponse à différents stimuli visuels.

Six compétences évaluées

«Grâce l’eye-tracking, nous avons observé que ces enfants étaient sensibles à ce qu’ils voyaient et que chacun-e d’entre elles et eux manifestait des préférences visuelles propres», indique Thalia Cavadini, assistante-doctorante au sein de la Faculté de psychologie et sciences de l’éducation, première auteure de l’étude et boursière du Fonds national suisse (FNS).

Plusieurs paires d’images et scènes ont été soumises à ces enfants afin d’évaluer six compétences visuelles différentes: mouvements biologiques ou non-biologiques, scènes socialement saillantes ou non-sociales, zone faciale des yeux ou bouche, joie ou colère, objets d’attention partagée ou non, comportements pro-sociaux ou anti-sociaux. Les chercheurs/euses ont comparé le temps passé par les regards de chaque participant-e sur chacune des images. Ils ont ensuite comparé ces résultats avec ceux d’un groupe témoin composée de 32 enfants de deux ans ne souffrant pas de polyhandicap.

Des «serious games» en cours de développement

«Cette méthode nous a permis de mettre en évidence des compétences individuelles insoupçonnées chez chacun-e des neuf enfants testés, comme la capacité à s’orienter préférentiellement vers des stimuli humains et socialement saillants ou la capacité à diriger son attention vers l’objet qu’une autre personne est en train de regarder. Cette découverte ouvre la voie à des dispositifs de stimulation et de prise en charge personnalisées, pour autant que la capacité de regarder soit préservée, ce qui n’est pas le cas chez toutes les personnes en situation de polyhandicap», explique Edouard Gentaz.

Grâce à ces travaux, l’«eye-tracking» fait désormais figure de dispositif fiable pour l’évaluation de certaines compétences perceptives et socio-émotionnelles des personnes polyhandicapées, tout en tenant compte de leurs particularités individuelles. Sur la base de ces recherches, des «serious games» – soit des jeux vidéo à visée pédagogique ou  communicationnelle – adaptés à chaque enfant testé sont également en cours de développement. L’objectif, à terme, serait d’établir une communication plus fluide avec cette population

Rôle du cervelet dans les capacités de navigation spatiale au cours du vieillissement.

Rôle du cervelet dans les capacités de navigation spatiale au cours du vieillissement.

 

Image2 Nav Cerveau Maze 1Le cervelet est une structure du cerveau qui contribue au maintien de la posture et coordonne les mouvements volontaires en lien avec notre équilibre.

Ces dernières années, plusieurs travaux de recherche ont montré que cette structure joue également un rôle central dans les processus cognitifs de haut-niveau comme le langage, l’attention et l’orientation spatiale. Des chercheuses et chercheurs de l’Institut de la Vision et de l’Hôpital des Quinze-Vingts à Paris ont étudié comment l’atrophie du cervelet liée à l’âge influence les capacités d’orientation spatiale chez les personnes âgées.

Des participants jeunes et âgés devaient retrouver une cible dans un labyrinthe virtuel. En parallèle, le fonctionnement du cerveau a été monitoré en imagerie par résonance magnétique (IRM) à haute résolution. Les résultats ont montré que les participants âgés étaient plus lents et commettaient plus d’erreurs. Au niveau cérébral les résultats ont mis en évidence une perte de matière grise localisée dans le cervelet chez les adultes âgés en comparaison avec des participants jeunes.

Cette atrophie implique spécifiquement les régions Crus I et le lobule VI du cervelet, qui font partie des réseaux cérébraux qui assurent l’orientation spatiale. Cette atrophie du cervelet était significativement corrélée aux habiletés visuo-spatiales des participants âgés. Ces résultats soulignent l’intérêt de futures recherches sur la contribution du cervelet dans le déclin des capacités de navigation spatiale qui sont essentielles à la vie quotidienne et au maintien de l’autonomie des personnes âgées.


Vous pouvez trouver la publication originale complète ici:

Ramanoël S, Durteste M, Perot V, Habas C†, Arleo A†. An Appraisal of the Role of the Neocerebellum for Spatial Navigation in Healthy Aging. Cerebellum. 2022 Mar 8. doi: 10.1007/s12311-022-01389-1. Epub ahead of print. PMID: 35257295.

Reconnaître les biais cognitifs Deux doctorantes en psychologie lancent une encyclopédie virtuelle consacrée aux raccourcis de la pensée.

Reconnaître les biais cognitifs

Deux doctorantes en psychologie lancent une encyclopédie virtuelle consacrée aux raccourcis de la pensée.

Par Claude Gauvreau

Illustration: Getty/Images

Dans la vie, chacun reçoit de la société ce qu’il mérite. Les garçons ont tendance à être meilleurs que les filles en mathsLes femmes sont douces et maternelles. Il est donc normal qu’elles restent à la maison pour s’occuper des enfants. Associés aux stéréotypes et aux préjugés, ces types de jugements constituent des raccourcis de la pensée.  Ce qu’on appelle aujourd’hui des biais cognitifs. Comment faire pour les reconnaître? Quelles sont leurs répercussions? Peut-on les surmonter? Pour répondre à ces questions, les doctorantes en psychologie Cloé Gratton (M.A. philosophie, 2018) et Émilie Gagnon-St-Pierre (B.A. psychologie, 2018), en collaboration avec le doctorant en philosophie Eric Muszynski (M.A. philosophie, 2015), ont lancé une encyclopédie virtuelle bilingue baptisée RACCOURCIS.

La première édition de l’encyclopédie propose 26 articles de vulgarisation scientifique portant sur autant de biais cognitifs, rédigés par des chercheuses et chercheurs en philosophie, en psychologie et en neurosciences provenant de différentes universités au Canada et en Europe, et dont un bon nombre sont de l’UQAM.

«Nous nous sommes rendu compte, Émilie et moi, que les biais cognitifs suscitaient beaucoup d’intérêt dans nos entourages, en plus de recouper nos préoccupations de recherche, raconte Cloé Gratton. Nous avons alors eu l’idée de rendre accessibles à un large public, dans un langage simple et intelligible, des connaissances scientifiques sur les biais cognitifs, tout en faisant la promotion d’une pensée critique à leur égard. Nous avons lancé un appel de textes auprès de chercheurs et de chercheuses et la réponse a été positive, au-delà de nos attentes.»

Dans l’encyclopédie, les biais cognitifs sont classés par ordre alphabétique et par catégories. Les auteurs des articles définissent et expliquent chacun des biais, les illustrent par un ou plusieurs exemples concrets et présentent les conséquences dont ils peuvent être porteurs. Ils proposent également des pistes de réflexion pour les contourner et montrent comment ils peuvent être mesurés scientifiquement.

Raisonnements incorrects

«Bien qu’il n’existe pas de définition commune pour l’ensemble des biais cognitifs, on considère généralement que ces biais renvoient à des raisonnements incorrects, à des erreurs de jugement ou de perception qui dévient de la pensée logique ou rationnelle, explique la doctorante. Ils se produisent lorsque nous devons interpréter et gérer des informations provenant du monde qui nous entoure.»

Personne n’est à l’abri des biais cognitifs, lesquels sont la plupart du temps inconscients. «Ils agissent en quelque sorte comme des automatismes et peuvent être liés à des émotions – peur, colère, anxiété – ou à des habitudes de pensée acquises depuis longtemps, observe Cloé Gratton. Ils surviennent, notamment, dans des contextes où l’on doit prendre une décision ou porter un jugement rapidement.»

Les biais cognitifs viennent aussi combler des besoins inhérents aux individus: besoin de sécurité, d’estime de soi, d’appartenance sociale. «Dans un contexte d’embauche, par exemple, alors que la compétition est forte, un gestionnaire peut avoir tendance à favoriser un candidat appartenant au même groupe social ou ethnique que le sien», remarque la doctorante. Certains raccourcis correspondent aussi à un besoin de fermeture cognitive. «Ce besoin s’exprime par une forme de paresse de la pensée, poursuit Cloé Gratton. Face à un problème ou à une situation complexe, nous serons portés à chercher la solution la plus simple, même si elle n’est pas appropriée.»

Des répercussions sociales

Il est important de pouvoir identifier ou reconnaître les biais cognitifs, car certains d’entre eux ont des répercussions sociales néfastes. «Les débats de société actuels sur les théories conspirationnistes autour de la COVID-19, sur la crédibilité de la science et sur le racisme ou les violences sexuelles ne sont pas étrangers à l’influence des biais cognitifs concernant notre façon d’appréhender et d’interpréter ces enjeux», note Cloé Gratton.

Un biais cognitif appelé l’effet de répétition est particulièrement pernicieux. «Des études ont montré que des affirmations ou des énoncés, même faux, finissaient par emporter l’adhésion de plusieurs personnes à force d’être répétés», rappelle la doctorante. Le président américain Donald Trump est ainsi parvenu à influencer les comportements de millions d’Américains en répétant ad nauseam des choses erronées, comme le fait que les élections présidentielles de novembre dernier avaient été truquées.

Un autre biais, dit d’essentialisme, est associé à des préjugés envers les membres de groupes sociaux, tels que les Noirs, les Autochtones ou les homosexuels, dont les caractéristiques sont perçues comme immuables, prédisposant à des comportements négatifs qui peuvent engendrer de la discrimination. «Selon ce bais, il est normal, par exemple, que les Autochtones et les Noirs soient sur-représentés dans l’univers carcéral puisqu’ils seraient violents par nature», relève la doctorante.

Très répandu, le biais de confirmation consiste à privilégier les informations qui confortent nos opinions, croyances ou valeurs et à ignorer ou à discréditer celles qui les contredisent. «Beaucoup de gens ne lisent dans les journaux que les textes des chroniqueurs dont ils partagent la vision du monde, indique Cloé Gratton. Sur les réseaux sociaux, des individus ont tendance à préférer les échanges avec des personnes qui s’intéressent aux mêmes sujets qu’eux et qui partagent des opinions proches des leurs.»

C’est ainsi que se forment les chambres d’écho, ces communautés virtuelles où la voix de chacun fait essentiellement écho à celles des autres membres. Fonctionnant comme des caisses de résonance d’une même conception du monde, ces chambres d’écho favorisent la polarisation des esprits, voire leur radicalisation, plutôt qu’une meilleure compréhension des points de vue divergents.

Des biais corrigeables?

Est-il possible de corriger les biais cognitifs?  C’est particulièrement difficile en ce qui concerne les croyances politiques, religieuses ou idéologiques, soutiennent certains chercheurs. On peut être réticent à s’en défaire, surtout si ces croyances finissent par définir notre identité.

L’encyclopédie RACCOURCIS n’a pas la prétention de fournir des solutions toutes faites, observe la doctorante. «Nous proposons des pistes de réflexion pour contourner les biais cognitifs ou pour atténuer leurs effets sur notre compréhension du monde. C’est à ça que sert la science. Être conscient de ses biais, prendre du recul et traiter l’information avec un esprit critique constitue un pas dans la bonne direction.»

Une deuxième édition de l’encyclopédie sera publiée d’ici la fin de 2021. «L’approche sera la même, dit Cloé Gratton. Nous avons du pain sur la planche, car les recherches en neurosciences répertorient entre 200 et 300 biais cognitifs. Notre objectif est de couvrir la plupart d’entre eux.»

L’équipe de RACCOURCIS a aussi pour projet de créer du matériel pédagogique sur les biais cognitifs. «L’idée a germé quand nous avons reçu des demandes d’enseignants du secondaire qui souhaitent traiter ce sujet dans leurs classes.»

Les partenaires de l’équipe à l’UQAM sont la Chaire de recherche du Canada sur l’injustice et l’agentivité épistémique, l’Institut des sciences cognitives et le Laboratoire de recherche culture, identité et langue (CIEL).

Ce qui se cache derrière le regard des bébés

CP_regardsBebe_V3

Ce qui se cache derrière le regard des bébés

BIOLOGIE
•    Les humains donnent un sens au monde en organisant les objets en catégories, mais à quel âge un bébé interprète-t-il le monde comme les adultes ?
•    Des scientifiques français révèlent que dès quatre mois un enfant est capable d’organiser des objets en catégories.
•    Ainsi, les humains naissent prédisposés à représenter certaines catégories d’objets pour raisonner sur le monde qui les entoure, dès le plus jeune âge.

Les humains donnent un sens au monde en organisant les objets en catégories. Quand et comment ce processus commence-t-il ? En étudiant le regard d’une centaine de nourrissons, des scientifiques de l’Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1) montrent que les bébés commencent à organiser les objets en animés/inanimés dès quatre mois. Selon ces résultats, publiés le 15 février 2022 dans PNAS, il est possible de mesurer le changement au sein de l’organisation cérébrale qui permet de passer de la simple vision du monde à sa compréhension.

Ce que cache le regard des bébés a toujours été un grand mystère. Que voient-ils réellement ? Quelles informations en tirent-ils ? On pourrait penser que leur regard se porte sur les objets les plus saillants, les plus gros ou les plus colorés par exemple. Mais quand commencent-ils à voir et à interpréter le monde comme les adultes ?

Pour répondre à cette question, des scientifiques de l’Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1) ont travaillé avec une centaine d’enfants âgés de quatre à dix-neuf mois. Ils ont enregistré leurs mouvements oculaires et leurs temps de regards tandis que ceux-ci observaient des paires d’images appartenant à huit catégories d’objets animés ou inanimés (par exemple des visages humains, des objets naturels ou artificiels). Les scientifiques ont ensuite couplé ces analyses avec des mesures de l’activité cérébrale chez un groupe d’adultes, afin de déterminer comment les différentes catégories d’objets étaient organisées dans le cortex visuel humain.

Ils ont ainsi identifié la transition entre l’exploration visuelle guidée par la saillance des objets et leur organisation par catégories : c’est à partir de quatre mois qu’un enfant est capable de distinguer un objet animé d’un objet inanimé, par exemple. L’enfant peut notamment reconnaître qu’en tant qu’animaux, un humain et un crocodile se ressemblent plus entre eux qu’à un arbre. Cette capacité est d’autant plus étonnante quand on pense qu’à cet âge, il ne sait pas ce qu’est un arbre ou un crocodile.

Entre dix et dix-neuf mois, de nouvelles catégories d’objets plus définies émergent et l’organisation cérébrale se rapproche de celle des adultes. Ainsi, pour les enfants de ce groupe d’âge, un objet mou et poilu avec un visage est immédiatement reconnu comme un être vivant, un animal.

Ces travaux1 montrent ainsi que les humains naissent avec une organisation cérébrale prédisposée à représenter certaines catégories d’objets, les plus importantes pour leur survie. Les actes de catégorisations permettent alors d’aller au-delà de ce que l’on voit et de faire des suppositions, des analogies et des prédictions (si « l’objet mou et poilu » est un chat par exemple, alors il faut le nourrir), et donc de raisonner sur le monde qui nous entoure et ce dès le plus jeune âge.

 

Bibliographie

Visual object categorization in infancy. Céline Spriet, Etienne Abassi, Jean-Rémy Hochmann, Liuba Papeo. PNAS, le 15 février 2022. https://doi.org/10.1073/pnas.2105866119

[NOUVEAU DANS ESPACE ABONNES] Les Fiches pratiques de la SFERO

La SFERO est heureuse de proposer chaque mois, dans le « BON PLAN DU MOIS » une fiche pratique à télécharger dans votre espace abonné.

visuel de la fiche pratique

Ces fiches pratiques ont été conçues par et pour les orthoptistes.

Elles couvent de larges domaines dans nos prises en soins orthoptiques que ce soit sur le plan sensoriel, moteur ou fonctionnel, apportant des astuces pratiques ainsi que l’avis de l’orthoptiste.

Retrouvez des présentations de matériels orthoptiques , des sélections de jeux pour des compétences orthoptiques ciblés:   Des idées pour varier les activités lors de vos prises en soins: Pour le bonheur de vos patients … petits et grands!!!

 

Comment le cerveau traite-t-il l’information visuelle associée aux sons de la parole 

Comment le cerveau traite-t-il l’information visuelle associée aux sons de la parole ?

 

Nous avons le plaisir de vous annoncer la publication du dernier article de Chotiga Pattamadilok et Marc Sato, chercheur.e.s CNRS au LPL, intitulé « How are visemes and graphemes integrated with speech sounds during spoken word recognition? ERP evidence for supra-additive responses during audiovisual compared to auditory speech processing » dans la revue Brain and Language.

 

Référence :

Chotiga Pattamadilok, Marc Sato. How are visemes and graphemes integrated with speech sounds during spoken word recognition? ERP evidence for supra-additive responses during audiovisual compared to auditory speech processing. Brain and Language, Elsevier, 2022, 225, ⟨10.1016/j.bandl.2021.105058⟩⟨hal-03472191v2⟩

 

Document en texte intégral sur HAL : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03472191v2

 

Résumé :

Les gestes articulatoires et l’orthographe sont les deux principales informations visuelles qui sont étroitement liées à la parole. Il existe cependant peu d’études qui cherchent à savoir si les associations entre les sons de parole et chacune de ces informations visuelles s’appuient sur le même, ou sur différents, processus cognitifs. Notre étude en EEG examine cette question en identifiant les stades de traitement de la parole pendant lesquels ces deux formes d’association audio-visuelle ont lieu.

 

Contact : chotiga.pattamadilok@lpl-aix.fr

 

Etude de l’âge épigénétique dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge

source: https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/degenerescence-maculaire-liee-a-lage-pas-dacceleration-de-lage-epigenetique-detectee

Etude de l’âge épigénétique dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge

 

15/02/2022

En 2040, 288 millions de cas de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) devraient se déclarer dans les pays développés. Louise Porter, maître de conférences des universités – praticien hospitalier à l’Institut de génétique médicale d’Alsace, s’intéresse à cette maladie, première cause de cécité dans nos pays, qui touche essentiellement des personnes de plus de 50 ans. Dans une étude, elle a montré qu’il n’y avait pas de différence entre l’âge épigénétique* du sang des patients atteints de DMLA et leur âge chronologique.

« La DMLA est la maladie courante la mieux décrite au niveau génétique. Disposant de multiples causes, elle atteint la rétine centrale. Il n’existe actuellement qu’un traitement efficace dans 10% des cas, et uniquement chez les malades atteints de formes avancées », souligne Louise Porter. En plus des traits génétiques, cette dernière s’intéresse plus particulièrement au rôle de l’épigénétique dans les DMLA débutantes et intermédiaires, et notamment à l’influence du tabagisme, premier facteur de risque environnemental, et de l’acide folique, influencé par les apports nutritionnels . « Les fumeurs ont un risque quatre à douze fois plus élevé de développer la maladie », précise la chercheuse.

En 2019, alors qu’elle est à l’Université de Liverpool, Louise Porter publie une première étude sur la méthylation de l’ADN dans la DMLA, principal mécanisme épigénétique impliqué dans la régulation des gènes qui consiste en une modification chimique d’une base de l’ADN. « Nous avons ainsi identifié trois gènes dont le niveau de méthylation changeait chez les sujets atteints, dont deux nouveaux et un déjà associé à la maladie. »

Une accélération de l’âge épigénétique chez les fumeurs

Dans cette nouvelle étude, Louise Porter a souhaité voir si l’âge épigénétique du tissu rétinien et du sang des patients atteints de DMLA était plus avancé que leur âge chronologique. Pour ce faire, une analyse de sang est réalisée sur 14 patients atteints de DMLA et 16 patients contrôle. Une autre analyse de l’épithélium pigmentaire rétinien, une couche cellulaire apposée contre la face externe de la rétine, est également faite sur 48 patients au total.

« Nous avons découvert qu’il n’y avait pas de changement au niveau de l’âge épigénétique entre les patients avec DMLA et les patients contrôle. » Des analyses sont également ciblées sur les fumeurs, qu’ils soient malades ou non. Résultat : « Le fait de fumer altère l’ensemble des modifications épigénétiques d’une cellule avec une accélération de l’âge épigénétique notée chez les fumeurs. »

Le gène Raptor impliqué

Louise Porter va désormais s’intéresser aux régions du génome méthylées dans la DMLA. « Voir si la différence est encore plus grande chez les personnes qui fument. »

En couplant les informations récoltées, les chercheurs ont également identifié le rôle du gène Raptor dans la méthylation ADN de patients avec DMLA. Il s’agit d’une protéine adaptatrice impliquée dans la régulation de l’activité du complexe mTORC1. Ce dernier possède un rôle central dans le vieillissement, il régule la croissance cellulaire, la réponse au stress et inhibe l’autophagie. « Raptor est un gène contrôle connu, cette découverte confirme que le développement de traitements visant ce gène est pertinent. »

Marion Riegert

*L’âge épigénétique, calculé à partir des niveaux de méthylation de nombreux sites distincts de l’ADN, est un biomarqueur précis de l’âge biologique, avec des accélérations de l’âge épigénétique notées dans certaines maladies dégénératives dont la maladie d’Alzheimer, et des accélérations et décélérations notées dans certains cancers.

 

Catégorisation d’objets visuels dans la petite enfance

Catégorisation d’objets visuels dans la petite enfance

Importance

La catégorisation est la base de la pensée et du raisonnement. Grâce à l’analyse du regard des nourrissons, nous décrivons la trajectoire par laquelle les représentations d’objets visuels dans la petite enfance correspondent progressivement aux représentations d’objets catégorielles telles qu’elles sont cartographiées sur le cortex visuel des adultes. À l’aide d’une approche méthodologique qui permet de comparer les résultats obtenus avec des mesures comportementales et cérébrales chez les nourrissons et les adultes, nous identifions le passage d’une exploration visuelle guidée par la saillance perceptive à une organisation des objets par catégories, qui commence par la distinction animé-inanimé dans les premiers mois de la vie et se poursuit avec une poussée de catégories biologiquement pertinentes (corps humains, corps non humains, visages non humains, petits objets naturels) tout au long de la deuxième année de vie.

Abstrait

Les humains donnent un sens au monde en organisant les choses en catégories. Quand et comment ce processus commence-t-il ? Nous avons cherché à savoir si les catégories d’objets du monde réel qui émergent spontanément au cours des premiers mois de la vie correspondent aux représentations catégorielles des objets dans le cortex visuel humain. À l’aide de l’oculométrie, nous avons mesuré le temps de regard différentiel d’enfants de 4, 10 et 19 mois lorsqu’ils regardaient des paires d’images appartenant à huit catégories animées ou inanimées (humain/non humain, visages/corps, taille réelle grand/petit, naturel/artificiel). En prenant les temps de regard des nourrissons comme mesure de similarité, pour chaque groupe d’âge, nous avons défini un espace de représentation où chaque objet était défini par rapport à d’autres de la même catégorie ou d’une catégorie différente. Cet espace a été comparé à des modèles basés sur des hypothèses et fonctionnels basés sur l’IRM de catégorisation d’objets visuels dans le cortex visuel des adultes. Des analyses sur différents groupes d’âge ont montré qu’à mesure que les nourrissons grandissent, leur comportement visuel correspond aux représentations neuronales dans des portions de plus en plus grandes du cortex visuel adulte, suggérant un recrutement et une intégration progressifs de plus en plus d’espaces de fonctionnalités répartis sur le cortex visuel. De plus, les résultats caractérisent la catégorisation visuelle des nourrissons comme un processus progressif à deux étapes. Entre 4 et 10 mois, l’exploration visuelle guidée par la saillance laisse place à une organisation selon la distinction animé-inanimé. Entre 10 et 19 mois, un sursaut catégoriel conduit vers une organisation mature.