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Développement cérébral : comment s’effectue le tri des synapses ?

 

source : https://www.inserm.fr/actualite/developpement-cerebral-comment-seffectue-le-tri-des-synapses/

Lorsqu’il est en plein développement, le cerveau doit régulièrement faire le tri entre les innombrables connexions formées par les neurones qui le composent. Alors qu’on ignorait comment ce tri s’opère, des chercheurs viennent d’identifier une protéine indispensable à ce processus : le récepteur A2A. Ce dernier pourrait être également impliqué dans des troubles cognitifs…

Au cours du développement cérébral, il existe une période intense pendant laquelle les neurones créent de nombreuses connexions entre eux : c’est la période dite de synaptogenèse. Les points de contact entre neurones (ou « synapses ») se multiplient, puis leur quantité doit être réduite pour que le fonctionnement du cerveau soit plus performant. On savait déjà que ce phénomène dépendait de l’activité neuronale – les synapses inutilisées sont finalement détruites – mais la manière dont ce processus d’élagage est contrôlé était jusqu’à présent largement incomprise. Pour avancer sur le sujet, Christophe Bernard* et Sabine Lévi** se sont penchés sur le cas des synapses GABAergiques. Ces connexions au sein desquelles la molécule GABA sert de messager chimique sont particulièrement importantes : elles sont parmi les premières à être formées et leur activité est indispensable à la construction du reste du circuit neuronal.

Les travaux dirigés par les deux chercheurs, conduits chez la souris, mettent en lumière le rôle clé du récepteur à l’adénosine A2A dans le processus de tri : situé au niveau de la synapse, ce récepteur permet à la connexion d’être maintenue lorsqu’il est activé par l’adénosine (qui joue alors le rôle de neurotransmetteur). En revanche, s’il n’est pas activé pendant plus de 20 minutes, le processus d’élimination s’enclenche. Un blocage expérimental du récepteur conduit également à la destruction de la synapse. Le récepteur A2A agirait donc comme un contremaître dans l’agencement du système nerveux central au cours du développement : « On pourrait comparer le développement du cerveau à un pays en construction, dans lequel chaque ville est, au départ, reliée à toutes les autres par des routes directes. Le récepteur A2A agit comme un détecteur d’activité : tant que la route est empruntée par des voitures, le détecteur envoie un feu rouge aux ouvriers en charge de démonter les routes. Si aucune voiture ne passe durant 20 minutes, elle leur envoie un feu vert, et la route est supprimée », explique Christophe Bernard.

Chez l’humain, la période de synaptogenèse a vraisemblablement lieu en fin de vie intra-utérine ou dans les tout premiers temps après la naissance, phase durant laquelle l’expression d’A2A est connue pour être particulièrement forte.

Une protéine sous influence de la caféine

« Il faut désormais déterminer si les synapses qui fonctionnent avec d’autres neurotransmetteurs, comme le glutamate ou l’acétylcholine, sont éliminées selon le même principe. Par ailleurs, on sait qu’A2A est activé par l’adénosine, mais le mécanisme qui stimule ou inhibe la production de celle-ci en fonction de l’activité synaptique reste à établir », poursuit le chercheur.

Ce travail fondamental pourrait avoir des applications cliniques intéressantes : « Nous nous sommes penchés sur le rôle de l’adénosine parce que nous avions précédemment observé qu’une consommation élevée de caféine au cours de la période de synaptogenèse gêne le fonctionnement naturel de la protéine A2A. Chez l’animal, cela se traduit par des troubles cognitifs ultérieurs. On peut donc se demander si ce phénomène existe aussi chez l’humain, d’autant que la production de l’enzyme qui dégrade la caféine est réduite chez la femme enceinte. » L’exposition in utero à d’importantes quantités de caféine pourrait-elle être à l’origine de troubles cognitifs au cours de la vie de l’enfant à naître ? « Alors que l’on connaît son rôle bénéfique pour le fonctionnement cognitif de l’adulte, cette hypothèse interroge. Nous explorons la question à travers une étude financée par l’Agence nationale de la recherche et la fondation Alzheimer. Elle vise à expliquer cet effet, dit “Janus”, qui rend la caféine bénéfique ou délétère selon l’âge. » Il pourrait par exemple reposer sur l’enclenchement de mécanismes moléculaires différents selon l’âge auquel a lieu l’interaction entre caféine et A2A. « Cette étude nous permettra sans doute de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la destruction ou la conservation des synapses », espère Christophe Bernard. Un travail qui pourrait en outre apporter des éléments importants pour l’identification de nouvelles cibles dans le traitement de troubles cognitifs ou de la maladie d’Alzheimer.

Notes :
*unité 1106 Inserm/Aix-Marseille Université, Institut de neurosciences des systèmes, équipe Physionet, Marseille
**unité 1270 Inserm/Sorbonne Université, Institut du Fer à Moulin, équipe Plasticité des réseaux corticaux et épilepsie, Paris

Source : F Gomez-Castro et coll. Convergence of adenosine and GABA signaling for synapse stabilization during development. Science du 5 novembre 2021. DOI : 10.1126/science.abk2055

[Article] Explorer l’origine du nombre

https://moncerveaualecole.com/explorer-lorigine-du-nombre/

 

Explorer l’origine du nombre

Comment le sens du nombre apparait chez l’être humain?

Nous utilisons tous les mathématiques dans notre vie de tous les jours, pour faire la monnaie dans un magasin, pour dire l’heure, pour choisir la file la plus courte au supermarché. La recherche suggère que le raisonnement numérique, essentiel pour notre fonctionnement, vient d’une capacité très basique qui est indépendante de la culture et de la langue: une capacité fondamentale d’estimer une quantité approximative d’items dans un ensemble sans les compter. Alors que de telles intuitions numériques sont communes à tous les adultes, leurs origines développementales sont pour l’instant méconnues. En fait, des études précédentes ont montrées que les bébés aussi jeunes que 6 mois pouvaient différencier des groupes d’objets composés de différents nombres d’items. Cependant ce n’est pas très clair de savoir si les bébés comparent ces groupes basés sur le nombre ou bien basés sur d’autres aspects non-numériques des quantités puisque les 2 sont inévitablement liés (Figure A)

Figure A – des différences en numérosité impliquent inévitablement différences sur d’autres paramètres

Aujourd’hui, certaines théories suggèrent que notre sens du nombre est inné alors que d’autres maintiennent que les bébés peuvent seulement effectuer des jugements très généraux (de type “plus ou moins “) sans être capable de représenter les nombres indépendamment d’autres magnitudes parallèles.

Des capacités à distinguer les quantités à 3 mois et endormis!

 

 

Figure B – Séquences Auditives

Dans notre expérience, des nourrissons de 3 mois ont écouté des séquences composées soit de 4 sons, soit de 12 sons caractérisés par des durées et fréquences variables (Figure B).Pendant ce temps, nous avons enregistré leurs réponses cérébrales grâce à de l’electroencéphalographie à haute densité. Pour savoir si les nourrissons ont été capables d’estimer le nombre de tons dans les séquences, nous avons utilisé une technique basée sur l’intelligence artificielle. Plus précisément, nous avons entrainé des algorithmes  de machine learning afin de différencier les réponses neurales 4 VS 12 à travers des sessions multiples. Dans chaque session, nous avons seulement inclus certaines des séquences présentées dans la figure B.

Une fois l’apprentissage complété, nous avons testé si les algorithmes pouvaient deviner si c’était 4 ou 12 à partir des réponses neurales de séquences auditives non entraînées caractérisées par différentes caractéristiques quantitatives. Globalement cette stratégie nous a permis d’éviter de commettre des erreurs d’effets de fréquence et durée pour le traitement numérique.

Nous avons trouvé que les nourrissons encodaient les nombres approximatifs des sons composant les séquences d’une manière automatique (ils étaient endormis !!) et indépendamment d’autres quantités non-numériques qui définissaient les stimuli (telles que la fréquence et la durée).

Des capacités cross-modales!

Comment se fait-il que notre cerveau soit équipé avec un mécanisme primitif pour l’extraction de l’information numérique si précocement ? Après tout, à 3 mois et durant le sommeil, les nombres approximatifs ne semblent pas si pertinents à représenter… Nous pensons que les nombres puissent être spéciaux car c’est la seule quantité qui traverse/dépasse les sens, le temps et l’espace (par exemple “4 doigts”, “4 parfums”, “4 sons” n’ont perceptivement rien en commun mais partagent le même concept numérique). Etant donné cette considération, nous nous sommes demandés si les représentations numériques de nos jeunes participants étaient en effet abstraites. Certains des bébés ont pu être exposés à des présentations visuelles d’objets colorés (figure C).

Figure C – Séquences Visuelles

Dans ce cas 4 et 12 étaient présentés dans un format complètement different:l’information était vue et plus entendue; c’était distribué dans l’espace (donc en simultané) et plus dans le temps (donc en séquentiel) et pour finir les bébés étaient réveillés et non endormis. De façon surprenante, nous avons trouvé que nos algorithmes de machine learning entraînés à distinguer 4 et 12 à partir des réponses cérébrales aux séquences auditives étaient capables d’estimer si le bébé avait vu 4 ou 12 objets à partir des réponses cérébrales collectées lors de la tâche visuelle.

En conclusion, nous avons prouvé que les très jeunes bébés extraient l’information numérique de l’environnement de façon automatique et ce indépendamment de sa modalité.

Résumé initial anglais de Giulia GENNARI.

Webinaire n°6 de la SFERO : Dr Hélène DALENS : Troubles neurovisuels et Orthoptie Jeudi 3 février 2022 à 19h

Troubles neurovisuels et Orthoptie Jeudi 3 février 2022 à 19h par le Dr DALENS Hélène

La SFERO est heureuse de vous convier à son 6ème WEBINAIRE le jeudi 3 février 2022 et remercie vivement le Dr Hélène DALENS pour cette présentation

Notez bien la date de l’évènement:

 BILLETERIE :

15 € pour les membres de la SFERO,   30 € prix  public

 

 

Méthode Fix-and-Follow Fiable et reproductible chez les nourrissons

Méthode Fix-and-Follow Fiable et reproductible chez les nourrissons
(In Review of Optometry, 27/12/2021)

Une nouvelle stratégie de notation a permis d’identifier la fonction visuelle chez les patients qui ont tendance à avoir des difficultés à coopérer à l’examen.

Photo:La méthode fix-and-follow peut être utile lors de l’examen des nourrissons et des tout-petits.

L’évaluation de la fonction visuelle chez les nourrissons peut être difficile. Fix-and-follow est une méthode simple et courante pour évaluer le développement précoce de la perception visuelle dans cette population de patients ; cependant, il n’existe aucune méthode reproductible formelle pour évaluer sa capacité. Les chercheurs ont récemment modifié l’échelle de notation fix-and-follow pour une application facile chez les enfants préverbaux, et elle s’est avérée fiable et reproductible en clinique.
Dans cette étude transversale, la méthode fix-and-follow a été évaluée chez 21 enfants préverbaux consécutifs. La fixation a été classée comme grade 1 s’il n’y avait pas de réponse à la cible et grade 2 s’il y avait une réponse mais seulement pendant une durée <3 secondes. Des notes de 3 et 4 ont été attribuées en fonction de la capacité d’un enfant à se fixer sur une cible en mouvement pendant ≥ 3 secondes et à déplacer la fixation d’une cible à une autre. Si un seul de ces deux critères était rempli, la note 3 était attribuée. Si les deux étaient réunis, la note 4 était attribuée. Le mouvement de poursuite en douceur a également été évalué, où le grade 1 indiquait l’absence de mouvement, le grade 2 était un mouvement partiel et le grade 3 était un mouvement complet.
Deux ophtalmologistes ont appliqué indépendamment la méthode de classement à tous les patients. Ensuite, l’un des deux examinateurs a répété les examens pour déterminer la répétabilité du système de notation. L’accord intra-observateur était excellent (coefficient Kappa=0,823) et l’accord inter-observateur était bon (coefficient Kappa=0,625).
« Notre nouveau système de notation fix-and-follow a présenté une répétabilité et une reproductibilité élevées chez les nourrissons et les enfants, qui n’ont souvent pas la capacité de coopérer avec un examinateur », ont conclu les auteurs de l’étude dans leur article. « Cela pourrait être utile à la fois pour le dépistage et le suivi longitudinal de la fonction visuelle chez les enfants préverbaux et facilement appliqué dans la pratique. » Ils ont averti, cependant, que le classement et l’interprétation doivent être effectués avec soin chez les patients présentant des troubles de la motilité oculaire.

Référence :
Jeon H, Jung JH, Choi HY. An office-based fix-and-follow grading system assessing visual function in preverbal children. BMC Ophthalmol. November 30, 2021. [Epub ahead of print]

Port de lunettes et conduite, une enquête fait le point

Lorsque l’on conduit, une bonne vue est indispensable. Pour voir la signalétique routière, pour bien identifier les autres véhicules, les piétons ou cyclistes, pour doubler, pour anticiper, pour réagir rapidement sur la route ou en ville, etc. Et pourtant, trois Français sur dix, porteurs de lunettes, ne portent pas systématiquement leur équipement lorsqu’ils prennent la route. Tel est l’un des résultats d’une enquête réalisée en juin 2021 visant à connaître les comportements des Français au volant. Voici quelques-uns de ses enseignements.

La vue est un sens éminemment sollicité au volant : rappelons que 90 % des informations nécessaires à la conduite passent par les yeux. Une bonne vision est donc indispensable pour réagir de façon adéquate à toutes les situations rencontrées sur la route, autrement dit pour une conduite en toute sécurité. Toutefois, on estime à près de 12% le nombre d’accidents associés à des défaillances visuelles. En France, l’Association pour l’amélioration de la vue (Asnav) évalue à 8 millions le nombre de personnes qui conduiraient avec un défaut visuel non ou mal corrigé, dont un million présenterait une acuité visuelle inférieure à 5/10e pour les deux yeux. Des chiffres qui ont incité l’enseigne Optic 2000 à s’intéresser de plus près aux comportements des Français au volant. Orchestré par l’institut OpinionWay, un sondage a été réalisé auprès d’un échantillon de 1406 répondants titulaires du permis de conduire, sur la période du 1er au 9 juin 2021.

La majorité des conducteurs portent leurs lunettes !

En effet, sept conducteurs porteurs d’un équipement optique sur dix déclarent le porter systématiquement lorsqu’ils sont au volant. Une bonne nouvelle donc, d’autant que ce chiffre est même supérieur lorsque les conducteurs sont astigmates (81%) ou myopes(79%), ou quand ils sont plus âgés (78%). Quant aux trois personnes sur dix qui ne les portent pas systématiquement, c’est pour 37% d’entre eux parce qu’elles arrivent à conduire sans. À noter : les moins de 35 ans sont les plus nombreux à ne pas emmener automatiquement avec eux leur équipement lorsqu’ils montent en voiture.

​Quid des solaires au volant ?

Autre chiffre intéressant : huit titulaires du permis sur dix déclarent avoir toujours leurs lunettes de soleil sur eux ou dans la voiture, notamment des solaires adaptés a  la vue pour un conducteur sur deux. Par beau temps, les 2/3 des répondants disent les porter systématiquement ou souvent en conduisant. Toutefois, ils ne sont que 41% à les retirer lorsqu’ils passent sous un tunnel. Les 1/3 des conducteurs qui les gardent sont notamment les personnes atteintes de myopie.

 

Conduire le soir ou la nuit

Perception visuelle réduite, champ visuel plus restreint, moindres contrastes, routes mal ou pas éclairées, signalétique défaillante, éblouissement dû aux phares des autres usagers… la tombée du jour et la nuit, tout comme une météo pluvieuse, apportent leur lot de difficultés en matière de conduite. Aussi, 49% des conducteurs ressentent une gêne visuelle lorsqu’ils sont éblouis, 30% par temps de pluie, le plus souvent le soir (53%) ou la nuit (39%). C’est alors que peut se manifester de la fatigue visuelle, traduite par une sensation d’éblouissement (36%), de picotement ou d’irritations (30%), et par des clignements fréquents (29%).

Un minimum visuel requis pour la conduite

Vue et Conduite

Le Code de la route précise que l’acuité visuelle d’un conducteur doit être de 5/10e minimum pour les deux yeux, avec un équipement optique. Or, autre enseignement de cette étude, seul un titulaire du permis sur dix a connaissance de cette réglementation, bien que les moins de 35 ans soient les mieux informés. Enfin, seules quatre personnes titulaires du permis de conduire déclarent avoir prévu de faire vérifier leur vision avant de prendre la route.

C’est pourquoi il importe de continuer à sensibiliser et informer les conducteurs sur l’importance d’une bonne vision, et donc le port d’un équipement optique adapté lorsque l’on prend le volant. L’Asnav rappelle que tester sa vue régulièrement – une visite tous les 3 ans à partir de 40 ans – est plus que vivement conseillé : sur la route ou en ville, c’est un gage de sécurité pour soi-même, les passagers et les autres usagers, qu’ils soient à pied, à vélo ou en deux-roues.

 

Source : CP Optic 2000, “La vue au volant, 3 Français sur 10 portant des lunettes de vue ne les mettent pas systématiquement en conduisant alors que bien voir au volant est essentiel pour conduire en toute sécurité”, été 2021.

La performance à la lecture : un critère à retenir dans les essais cliniques sur la DMLA

Une étude de cohorte a montré la forte association de la performance de lecture (capacité et vitesse) avec la fonction visuelle (meilleure acuité visuelle corrigée et acuité visuelle à faible luminosité) et les biomarqueurs structurels (atrophie géographique centrale, centre droit et centre supérieur) en cas de DMLA avancée. Pour les auteurs, cela doit faire de ce test fonctionnel un critère à prendre en compte dans les essais cliniques sur la DMLA

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34591067/

Equipe pluridisciplinaire, interdisciplinaire ou transdisciplinaire ?

📌Pluridisciplinaire : les professionnels, bien que se centrant sur l’amélioration de la personne, traitent indépendamment les uns des autres. Les objectifs sont fixés et travaillés par chaque discipline. Les membres de l’équipe ne se réunissent que pour rendre compte des résultats.
📌Interdisciplinaire : dans une équipe interdisciplinaire chaque professionnel traite séparément. Chacun évalue de son côté mais la planification des soins se fait en groupe.
📌Dans une équipe transdisciplinaire il existe une réelle collaboration entre les différents intervenants. Le travail en équipe est une constante co construction. Chaque professionnel est au courant du travail de ses collègues. La communication est continue tout au long du projet. L’accent est mis sur des objectifs holistiques pour l’individu, au lieu d’être spécifiques à une discipline.

Parution – ANAE N° 175 – Apports de la recherche au diagnostic de la dyslexie

ANAE N° 175 / Apports de la recherche au diagnostic de la dyslexie

Dossier coordonné par la Pr P. Colé, Université Aix-Marseille, Laboratoire de Psychologie Cognitive (UMR 7290 du CNRS)

Qu’appelle-t-on dyslexie aujourd’hui ? Quelles sont les définitions des troubles du langage écrit selon les classifications ?

Quels sont les critères diagnostiques à rechercher selon les données récentes de la recherche ?

Combien d’enfants sont concernés en France, quels sont les impacts des différentes définitions du trouble sur ces chiffres ?

Quelle est l’évolution des difficultés de lecture au cours de la vie ?

Quel est l’influence du multilinguisme sur les troubles de l’écrit ?

Quel est l’effet d’une atteinte sensori-motrice sur un trouble de l’écrit ?

Sclérose en plaques et Cognition: Mise au point

Vous trouverez en suivant le lien suivant deux dossiers concernant la sclérose en plaques:

  • Les fondamentaux des atteintes cognitives dans la SEP
  • La prise en charge des troubles cognitifs

https://www.mediscoop.net/neurologie/index.php?pageID=dossier_dispatch&id_dossier=213&from=dossier&nuid=7c9d896c658d6f97b33773def827bf61&midn=15763

Webinaire ATLAS le lundi 13 décembre à 19h. Prise en charge des strabismes convergents de l’enfant

Webinaire ATLAS le lundi 13 décembre à 19h. Prise en charge des strabismes convergents de l’enfant

 

Chères amies, chers amis,

Le prochain Webinaire de l’Association se déroulera le Lundi 13 décembre 2021 de 19h00 à 20h00.

Nous aurons par ailleurs le plaisir de vous présenter notre nouvel associé, le Dr Felix FREMONT, ancien assistant du CHU de Toulouse, spécialisé en Strabologie Médicale et Chirurgicale et Ophtalmopédiatrie.

Programme :

  1. Classification et physiopathologie des strabismes convergents – Dr Dominique THOUVENIN
  2. Esotropies Accommodatives – Dr Léopoldine LEQUEUX
  3. Esotropies Précoces – Dr Christelle BONIFAS
  4. Esotropies Normosensorielles – Dr Felix FREMONT.

Chaque intervention durera 10’ suivie de 5’ de discussion durant lesquelles vous pourrez intervenir via la « chatbox » de la plateforme Zoom.

L’inscription au Webinaire est gratuite mais nécessite une préinscription  par simple mail (vous recevrez alors les liens ZOOM) : atlas.ophtalmo@gmail.com

Par ailleurs, l’inscription gratuite ou participative à l’association ATLAS donne accès aux webinaires précédents, pour cela, RV sur notre site : http://www.asso-atlas.fr/

Classe Virtuelle/ Formation : TDAH : Repérage, outils et diagnostic chez l’enfant et chez l’adulte

Classe Virtuelle/ Formation : TDAH : Repérage, outils et diagnostic chez l’enfant et chez l’adulte

Description

L’actualisation des connaissances sur le TDAH, notamment sur le diagnostic des enfants et adultes, et des pistes d’accompagnement est proposée dans le cadre d’un webinaire destiné aux praticiens. Le webinaire est adapté pour développer des compétences cognitives conduite par l’intervenant, par l’intermédiaire d’outils synchrones, par contacts en direct permettant un meilleur repérage et diagnostic des troubles et donner des pistes pour un meilleur accompagnement.

Objectif

• Connaître des informations solides sur le TDAH qui touche 5% des enfants en âge scolaire et 3% des adultes en population générale.

• Etre en capacité d’informer autour de soit sur le TDAH.

• Repérer les symptômes principaux à l’aide d’outils standardisés et validés afin de formuler sinon un diagnostic du moins une suspicion forte.

Programme

Jour 1 – Matin

Matinée : 9h30 – 12h30

SEQUENCE 1 – durée : 0h45
Historique du tableau clinique
Définition clinique actuelle du TDAH
La notion de comorbidité

SEQUENCE 2 – durée 0h45
Modèles physiopathologiques du TDAH
Prévalence et facteurs de risque
Les stratégies thérapeutiques

SEQUENCE 3 – durée 1h30
Les outils pour le diagnostic chez l’enfant
Les outils pour le diagnostic chez l’adulte
L’évaluation des retentissements

 

 

Infos

Accès : Pas de prérequis
Méthode pédagogique : Apports théoriques, vidéos, présentation de certains outils
Moyens pédagogiques : Au premier jour du stage, chaque stagiaire devra être équipé d’un ordinateur (ou tablette) avec connection internet haut débit
Durée : 3 heures – 1 matinée
Lieu : Classe virtuelle

 

TDAH-webconf

 

Vision et Conduite: Faut-il soumettre les automobilistes au contrôle technique ?

Faut-il soumettre les automobilistes au contrôle technique ?

Pierre-Olivier Marie 

Selon un sondage publié cette semaine, une large majorité de français est favorable à la mise en place de visites médicales pour les conducteurs de 65 ans et plus, ainsi qu’à l’évaluation de leur conduite par des professionnels. Mais pourquoi commencer si tard ?

Faut-il soumettre les automobilistes au contrôle technique ?

C’est un sujet sensible, presque tabou, mais qui nous concerne tous : faut-il soumettre les conducteurs âgés à des tests de conduite menés par des professionnels, éventuellement assortis d’une visite médicale ?

Selon une étude OpinionWay pour Dekra publiée cette semaine, 79% des Français sont favorables à une évaluation de la conduite des 65 ans et plus sur un parcours routier, et 75% le sont à un contrôle médical. Dans cet esprit, 59% approuvent l’idée que le permis de conduire soit accordé pour une durée déterminée, et bien sûr renouvelable.

On relève que la population dont il est question accueille plutôt positivement ces mesures : 69% des seniors acceptent l’idée d’une évaluation de leur conduite, et 58% disent oui à une visite médicale obligatoire. Par contre, 72% refusent l’idée de disposer d’un permis de conduire à durée déterminée à partir d’un certain âge.

En d’autres termes, et sans surprise, les contrôles sont d’autant mieux acceptés qu’ils ne revêtent qu’un caractère informatif. Mais à en juger par les différentes statistiques disponibles, leur instauration serait déjà profitable à tous, surtout dans un contexte de vieillissement de la population.

En effet, les 65 ans et plus représentent 26,2 % de la mortalité pour 20 % de la population (chiffres 2019). En 2010, ce taux de mortalité s’élevait à 19,1 % « seulement ».

Les seniors en première ligne

De même, les statistiques de la Sécurité routière montrent que les seniors ont une responsabilité légèrement supérieure à la moyenne dans les accidents mortels : « les conducteurs des tranches d’âge extrêmes 18-24 ans et 65 ans et plus sont nettement plus souvent présumés responsables, avec des taux dépassant 78 % » détaille le bilan 2020 de la Sécurité routière (1).

Par ailleurs, l’étude Cosera (Ifsttar/Sécurité routière) de 2018 rappelle que la proportion de personnes âgées de 75 ans ou plus augmentera de 31 % entre 2020 et 2030, et de 57 % entre 2020 et 2040. Et ses auteurs de préciser que « si la mobilité locale est restée stable 1994 et 2008, passant en moyenne de 3,16 à 3,15 déplacements par jour, celle des personnes de plus de 75 ans a augmenté d’environ 20 % chez les hommes et 33 % chez les femmes, celles-ci étant de plus en plus nombreuses à accéder à la conduite (23 % en 1994,  45 % en 2007). »

Les seniors, qui sont de plus en plus nombreux et se déplacent toujours davantage, constituent aussi la population la plus vulnérable : on déplore 12 séniors tués pour 100 blessés, contre 4 sur 100 pour les moins de 65 ans. « La fragilité s’accroît proportionnellement avec l’âge : à blessure égale, une personne jeune survit, une personne plus âgée décède », résume un dépliant édité par la Sécurité routière.

Or, selon une étude publiée en octobre dernier par l’assureur Generali, 6 conducteurs sur 10 de plus de 65 ans ont exprimé la volonté d’être mieux informés des nouvelles règles du code de la route et des nouveaux panneaux. De plus, près de 50% des seniors interrogés se sont dit intéressés par des formations de remise à niveau, qui peuvent d’ailleurs aussi se faire en ligne.

La balle est maintenant dans le camp des pouvoirs publics, qui pourraient organiser des campagnes de remise à niveau généralisées. Par ailleurs, le sondage Generali évoqué plus haut indique que 8 seniors sur 10 pensent que les assureurs doivent avoir un rôle actif dans la sécurité routière.

« Les contrôles médicaux des seniors n’ont pas démontré leur efficacité.« 

Interrogée sur l’intérêt qu’il y aurait à mettre en place des contrôles des aptitudes des seniors à la conduite, la Direction de la sécurité routière a apporté à Caradisiac la réponse suivante:

« Les contrôles médicaux systématiques de l’aptitude à la conduite des seniors n’ont pas démontré leur efficacité dans l’immense majorité des pays où il a été mis en place (2). Aujourd’hui, la Délégation à la sécurité routière examine des solutions alternatives pour garantir la mobilité la plus durable et la plus sûre des personnes âgées. Nous mettons notamment en place des actions permettant d’identifier les pathologies incompatibles avec la conduite quelque soit l’âge du patient en lien avec le corps médical. Ainsi, la DSR poursuit la mise en place d’un dispositif de sensibilisation de tous les médecins traitants au repérage précoce de symptômes en particulier cognitifs ou de traitements nécessitant une prudence ou un arrêt de la conduite. Une convention avec le Collège de médecine générale a été signée avec la DSR au printemps 2021. Le 2 septembre, la DSR a signé une convention avec la fédération des centres mémoire dont l’objectif est de poser un diagnostic lié aux pathologies qui pourraient avoir des effets sur l’aptitude à conduire, au-delà de l’âge du conducteur. Depuis le début de l’année 2021, un comité scientifique multidisciplinaire a été mis en place ; il est composé notamment d’un professeur gérontologue, d’une docteure en neurosciences, de représentants de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, de l’Association des maires ruraux de France, du Réseau francophone des villes amies des aînés. Ce comité a participé aux tables rondes territoriales organisées début 2021 dans 6 départements pilotes ainsi qu’au colloque national du 29 juin dernier relatif à la mobilité des aînés, abordée de manière globale. Les aînés représentent une population plus fragile, pour laquelle un accident aura des conséquences plus graves que pour des plus jeunes. Les aînés sont plus souvent des victimes que des responsables d’accidents mortels sur la voie publique. » Bref, les pouvoirs publics tiennent à temporiser: ce n’est pas demain que les seniors seront soumis à une visite médicale obligatoire.

Bon pied et (surtout) bon œil

On se gardera bien ici de stigmatiser les seniors, pour qui l’automobile est un incomparable outil de liberté, et qui sur la route représentent avant tout un danger pour eux-mêmes. Et on plaidera plutôt en faveur de la mise en place de contrôles de santé réguliers, qui pourraient être mis en place dès 50 ans, par exemple.

Des contrôles de santé qui commenceraient par les yeux, ainsi que le préconise l’AsnaV (Association Nationale pour l’Amélioration de la Vue) : « On constate un nombre important de conducteurs qui présente un défaut visuel non ou mal corrigé (20 % environ,) et ce, toutes tranches d’âges confondues.», commente l’organisme.

Celui-ci rappelle aussi dans son dernier baromètre annuel que 34% des Français « oublient » leurs lunettes pour conduire. La sécurité routière commence pourtant par là, et ce quel que soit l’âge du conducteur.

Faut-il soumettre les automobilistes au contrôle technique ?

(1) on parle ici de la part des conducteurs et piétons présumés responsables dans les accidents mortels parmi les conducteurs de véhicules de tourisme, selon la classe d’âge

(2) Etude menée par l’ETSC (Transport Safety Council) dans 32 pays dont les 27 membres de l’UE sur les outils de sécurité routière dont le rapport a été publié en mars 2021).

Faut-il soumettre les automobilistes au contrôle technique ?

Les enfants reconnaissent les émotions des adultes, malgré les masques faciaux

Centre hospitalier
universitaire vaudois

Les enfants reconnaissent les émotions des adultes, malgré les masques faciaux

L’obligation du port du masque dans les écoles et les structures préscolaires a soulevé des craintes concernant le développement des enfants et la reconnaissance des émotions en particulier. Dans ce contexte parfois émotionnel, une équipe de chercheuses du CHUV a mené une recherche pour comprendre comment les enfants font face à cette situation. Leur étude démontre que les enfants savent s’adapter et qu’ils reconnaissent les émotions de colère, joie et tristesse.

L’étude menée auprès de 276 enfants montre que les enfants de 3-6 ans reconnaissent les émotions de colère, joie et tristesse malgré le port du masque. Crédit : Myriam Bickle Graz

Une équipe de chercheuses du Département femme-mère-enfant du CHUV et de l’Institut universitaire de formation et recherche en soins de l’UNIL, menée par la Dre Myriam Bickle Graz, médecin associée dans le Service de néonatologie, a souhaité investiguer la façon dont les enfants reconnaissent les émotions des adultes « masqués » quand ils sont en interaction avec eux.

Cette étude parue dans le journal JAMA Pediatrics et réalisée dans plusieurs garderies de la région lausannoise auprès de 276 enfants, montre que les enfants de 3-6 ans reconnaissent les émotions de colère, joie et tristesse malgré le port du masque.

Dans le cadre de cette étude, des enfants sans problème de développement traité se sont vus proposer des photos d’acteurs avec et sans masques qui exprimaient une émotion. Les enfants sont parvenus à identifier l’émotion exprimée avec précision dans 2/3 des cas. Les émotions des visages masqués étaient plus difficiles à détecter, mais dans une faible proportion. Myriam Bickle Graz témoigne : « Nos résultats démontrent que les enfants ont une grande capacité d’adaptation qu’il ne faut pas sous-estimer. Les résultats confirment que la reconnaissance des émotions est légèrement moins bonne sur des visages masqués. Mais cette différence, bien que statistiquement significative, est faible, avec une différence globale de 4%. »

Le temps passé devant un écran est lié au risque de myopie chez les jeunes

Des niveaux élevés d’exposition peuvent augmenter le risque de myopie jusqu’à 80 %

Une nouvelle étude publiée dans l’une des plus grandes revues médicales du monde a révélé un lien entre le temps passé devant un écran et le risque accru et la gravité de la myopie chez les enfants et les jeunes adultes.

Cette recherche en accès libre, publiée cette semaine dans The Lancet Digital Health, a été menée par des chercheurs et des experts en santé oculaire de Singapour, d’Australie, de Chine et du Royaume-Uni, dont le professeur Rupert Bourne de l’université Anglia Ruskin (ARU). Les auteurs ont examiné plus de 3 000 études portant sur l’exposition aux appareils intelligents et la myopie chez les enfants et les jeunes adultes âgés de 3 mois à 33 ans.

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Les connexions cérébrales font que certaines personnes manquent d’imagerie visuelle

De nouvelles recherches ont révélé que les personnes ayant la capacité de visualiser de façon vivante ont une connexion plus forte entre leur réseau visuel et les régions du cerveau liées à la prise de décision. La recherche éclaire également les différences de mémoire et de personnalité entre les personnes dotées d’une forte capacité de visualisation et celles qui ne peuvent pas retenir une image dans leur esprit….

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A.B.A Publie « Voir+ »: Optimisation de l’environnement visuel

L’Association pour le Bien des Aveugles et malvoyants publie, grâce au soutien de la Fondation Pro visu, un ouvrage dans le but d’encourager les Établissements Médicaux Sociaux (EMS) et les lieux recevant du public à proposer un environnement visuel optimal.

« Voir+: Optimiser l’environnement visuelaide à la conception d’un environnement visuel »

 

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Basse Vision et Lycéens: Pratique des mathématiques en situation de handicap visuel

 

Un bref tour d’horizon des moyens techniques pour pratiquer les mathématiques lorsque l’on se trouve en situation de déficience visuelle.

Pour peu que l’on s’intéresse à l’histoire de la déficience visuelle dans la société, on identifie facilement quelques noms de personnes concernées ayant marqué la discipline mathématique. On pense immanquablement à Leonhard Euler, qui a poursuivi sa pratique scientifique abondante pendant près de dix ans après avoir perdu complètement la vue. Plus récemment, on peut aussi citer Bernard Morin (1931-2018), topologue français ayant découvert plusieurs surfaces et paramétrisations originales. Concerné par la cécité depuis l’âge de six ans, il a donc bénéficié d’un enseignement mathématique adapté à son handicap. Louis Antoine (1888-1971), lui aussi topologue et géomètre, perd la vue pendant la guerre 14-18. On retient notamment son nom parce qu’il a mis au point de la notation braille des symboles mathématiques encore en usage aujourd’hui. Dans cet article, nous présentons différents outils, fréquemment utilisés par les personnes en situation de cécité, pour lire et écrire les mathématiques, depuis l’algèbre et l’analyse jusqu’aux représentations géométriques et graphiques de fonctions…..

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WEBINAIRE N°5: Les applications de l’Eye tracking à travers différents exemples en recherche, en industries, en marketing et dans le sport

Présenté par Monsieur Antoine LUU

Cet atelier vise à présenter les technologies, ses principes, et ses applications dans différentes disciplines et pratiquées par les spécialistes concernés, en sortant du seul cadre de laboratoire de recherche : des travaux sur la psychologie du développement de l’enfant dans les écoles, à l’étude des patterns visuels des porteurs d’autisme, des mécanismes d’apprentissage à la mesure de la charge cognitive d’un contrôleur aérien, des études marketing dans un magasin aux tests utilisateurs de sites internet, de la formation d’un urgentiste à celle d’un sportif, voici quelques exemples que nous aborderons pour illustrer les nombreux usages de l’eye tracking depuis 20 ans. La présentation sera complétée par des ateliers d’eye tracking avec les différents dispositifs de barre sur écran, ou de lunettes portées.

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Un dispositif de dépistage détecte avec précision l’amblyopie (œil paresseux)

Un dispositif de dépistage détecte avec précision l’amblyopie (œil paresseux)

Source: https://saera.eu/fr/un-dispositif-de-depistage-detecte-avec-precision-lamblyopie-oeil-paresseux/

La détection précoce est la clé du traitement de cette affection qui peut affecter la réussite scolaire des enfants et leur acuité visuelle tout au long de leur vie.

Selon une étude publiée dans le Journal of the American Association for Pediatric Ophthalmology and Strabismus, un appareil de dépistage portatif qui détecte un désalignement subtil des yeux identifie avec précision les enfants atteints d’amblyopie (œil paresseux).

“Les résultats suggèrent que les pédiatres et autres professionnels des soins primaires pourraient utiliser l’appareil pour détecter l’amblyopie à un âge précoce, lorsqu’elle est plus facile à traiter”, a déclaré Michael F. Chiang, M.D., directeur du National Eye Institute (NEI), qui a soutenu la recherche et le développement de l’appareil.

L’amblyopie est une déficience de la vision d’un seul œil. Elle est la principale cause de perte de vision monoculaire évitable et touche trois enfants sur 100 aux États-Unis.

Pendant la petite enfance, notre cerveau en développement apprend à prendre les images de chaque œil et à les fusionner en une seule image pour produire la vision. L’amblyopie se développe lorsqu’un mauvais alignement des yeux (strabisme) ou une baisse d’acuité dans un œil interfère avec la capacité du cerveau à traiter les informations visuelles des deux yeux, ce qui l’amène à favoriser un seul œil. Une fois qu’un enfant a atteint la maturité visuelle, la vision perdue dans l’œil le plus faible ne peut être corrigée par des lunettes ou des lentilles de contact.

Les enfants atteints d’amblyopie peuvent souffrir de mauvais résultats scolaires et de déficiences de la perception de la profondeur et de la motricité fine, comme l’écriture et d’autres activités coordonnées main-œil.

Le traitement de l’amblyopie consiste généralement à placer un patch sur l’œil sain pour améliorer la vision de l’œil faible. Le patch est moins efficace à mesure que les enfants vieillissent, ce qui rend le dépistage précoce crucial. Toutefois, cela dépend du diagnostic effectué en temps utile par le médecin de l’enfant, et la plupart des pédiatres ne sont équipés que pour effectuer des tests de dépistage de base de la vision à l’aide d’un tableau oculaire, qui ne sont pas utiles pour détecter l’amblyopie chez les très jeunes enfants.

L’appareil de dépistage fonctionne en évaluant la capacité des yeux à se fixer ensemble. Tenu à 14 pouces des yeux, l’enfant fixe un visage souriant pendant que l’appareil scanne simultanément les deux rétines. Le balayage fait appel à un laser polarisé qui sonde les fibres nerveuses dans une zone de la rétine sensible à la lumière appelée fovéa, qui est importante pour la vision centrale. Même un désalignement subtil des fovéas – appelé strabisme à petit angle – peut interférer avec la capacité du cerveau à intégrer les images des deux yeux. L’appareil calcule un score de binocularité qui indique si l’enfant doit être adressé à un ophtalmologiste pour un examen plus approfondi.

Pour l’étude, 300 enfants âgés de 2 à 6 ans, ne présentant aucun trouble oculaire connu, ont été recrutés lors de visites préalablement programmées dans deux cliniques pédiatriques

Deux associés de recherche non ophtalmologistes formés à l’utilisation de l’appareil ont examiné chaque enfant et les résultats ont été comparés à ceux d’un examen oculaire effectué par un ophtalmologiste pédiatrique qui ne connaissait pas les résultats de l’appareil. Le dispositif a détecté les six cas (sensibilité de 100 %) d’amblyopie et/ou de strabisme qui avaient été confirmés par l’examen oculaire professionnel. L’appareil a également signalé 45 autres enfants comme pouvant souffrir d’amblyopie et/ou de strabisme, alors que l’examen oculaire a révélé qu’ils étaient normaux (spécificité de 85 %).

“Dans les mains d’un utilisateur formé, il faut 28 secondes pour faire asseoir l’enfant, effectuer le test et enregistrer les résultats – à condition que l’enfant coopère – ce qui est un élément important pour son adoption dans les établissements de soins pédiatriques très fréquentés”, a déclaré le co-investigateur principal de l’étude, Shaival S. Shah, M.D., ophtalmologue pédiatrique. Le test lui-même ne requiert que 2,5 secondes d’attention de la part de l’enfant.

L’une des principales limites de l’étude est que le dispositif n’a pas été comparé aux dispositifs de dépistage photographique actuellement disponibles. Ces appareils détectent les différences dans les réflexes lumineux de chaque œil et produisent des images qui peuvent aider à détecter les facteurs de risque d’amblyopie, mais pas l’amblyopie elle-même, ce qui peut entraîner une sur ou une sous-détection de l’amblyopie.

En revanche, le scanner de vision pédiatrique détecte la présence d’amblyopie par opposition aux facteurs de risque d’amblyopie, ce qui peut conduire à moins d’orientations inutiles vers des ophtalmologistes pédiatriques.

WEBINAIRE N°4 de la SFERO: Formation de l’image visuelle entre l’œil et le cerveau

Formation de l’image visuelle entre l’œil et le cerveau, par le Docteur Chantal MILLERET

Chercheur en neurosciences, spécialiste du système visuel, Chantal MILLERET a notamment étudié le fonctionnement et la plasticité du cortex visuel.

Intégrant le Collège de France, elle a dirigé une équipe de travail sur le thème: « Handicap visuel, plasticité corticale et rééducation ». Pour aborder ces questions, l’électrophysiologie, l’anatomie, l’imagerie optique, la modélisation et la psychophysique ont été utilisées pour étudier les cartes corticales visuelles et la perception associée.

Elle encourage depuis toujours la pluridisciplinarité, pour que les connaissances soient échangées entre tous les protagonistes étudiant le système visuel autant que possible pour améliorer rapidement le traitement des maladies de la perception visuelle, des yeux au cerveau.


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Congrès AREPO

XXIII ème CONGRES de l’AREPO

SAMEDI 25 SEPTEMBRE 2021 au Palais des congrès à PALAVAS LES FLOTS (34)

« Troubles réfractifs: De la fonction visuelle à la vision fonctionnelle »

Programme et inscriptions sur la page facebook: @arepoorthoptiste.

Des organoïdes de cerveau avec des yeux rudimentaires

Des organoïdes de cerveau avec des yeux rudimentaires

 Organoïdes cerebraux

Avec pour objectif d’étudier la structure, la dynamique et les interactions entre les tissus, plusieurs groupes de chercheurs ont mis en place des méthodes pour développer et cultiver des organoïdes en laboratoire.

Un organoïde est une structure multicellulaire tridimensionnelle qui reproduit in vitro (en culture cellulaire) l’anatomie d’un organe et certaines de ses fonctions ; c’est donc un modèle de cet organe.

Récemment, au sein d’un consortium international mené par le Pr Jay Gopalakrishnan (Université Heinrich-Heine de Düsseldorf, Allemagne) incluant le Dr Olivier Goureau de l’Institut de la Vision, les biologistes sont parvenus à cultiver des organoïdes cérébraux humains avec des structures oculaires rudimentaires pouvant percevoir la lumière.

En utilisant des organoïdes de cerveau humain dérivés de cellules souches pluripotentes induites (cellules iPS), les scientifiques ont tenté de simplifier la formation des yeux en laissant développer in vitro des vésicules optiques bilatérales associées au cerveau antérieur. Ces paires de structures semblables à des yeux rudimentaires créent des tissus similaires à ceux des vrais yeux, en développant des cellules épithéliales cornéennes primitives et des cellules semblables à des lentilles, ainsi qu’un épithélium pigmentaire rétinien, des cellules progénitrices rétiniennes, et des neurones avec des projections axonales formant des réseaux neuronaux électriquement actifs. D’une certaine manière, ces organoïdes cérébraux contenant des vésicules optiques (OVB-organoïdes) voient la lumière, car ils répondent à la lumière en envoyant des signaux au reste du tissu cérébral.

On peut donc dire que les organoïdes cérébraux ont la capacité intrinsèque de s’auto-organiser avec la formation de structures sensorielles primitives associées au cerveau antérieur d’une manière topographiquement restreinte et qu’ils permettent d’étudier les interactions entre les organes au sein d’un même organoïde.

Ces résultats inédits sont d’une portée majeure, car ces nouveaux organoïdes aideront à mieux comprendre les interactions cerveau-oeil au cours du développement de l’embryon et à modéliser certaines maladies oculaires à partir d’organoïdes dérivés de cellules souches de patients pour de futures approches de médecine personnalisée.

Vous trouverez la publication compléte, parue le 17 Août, 2021 en Cell Stem Cell, ici : Human brain organoids assemble functionally integrated bilateral optic vesicles

* Credits imageElke Gabriel et al., Cell Stem Cell

Regards Croisés : Artiste, Autiste et Chercheur

ATTENTION INSCRIPTION NECESSAIRE

   A l’occasion de l’atelier du 16 septembre 10h (https://www.tobiipro.com/fr/news-et-evenements/events/artiste-autiste-et-chercheur/), la parole est donnée à deux intervenants de marque :

   Michel Paysant, artiste plasticien qui s’est depuis longtemps spécialisé sur l’utilisation des hautes technologies dans ses œuvres et ses performances, toujours en collaboration avec des chercheurs. Parmi elles, il utilise l’eye tracking pour faire le portrait de ses interlocuteurs. Loin d’être anodin, la technique qu’il applique pour « croquer » un visage d’un seul trait continu et brisé à la fois exige une discipline de l’observation et une maîtrise certaine du mouvement oculaire.

   Or, pour les porteurs d’autisme, le contact visuel n’est pas toujours naturel ni aisé. Les Pr. Luc Vandromme et Pr. Bernard Devauchelle, et leur équipe CHIMERE EA 7516 de l’UPJV se sont joints à l’aventure pour aider un autiste, Ayrmeric Heyvaert, à acquérir cette maîtrise, et établir cette connexion visuelle. Pr. Luc Vandromme présentera les travaux de recherche et de remédiation menés dans ce cadre.